‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 127 sur 159 · XXI. — Emmaus · texte numérisé non relu

XXI. — Emmaus

Le chemin d'Emmaûs n'est pas très-agréable , mais la compagnie de Jésus est merveilleusement douce, en ce voyage de Jérusalem à Emmaus; ce bourg est éloigné de neufimillesde Jérusalem , et d'autant qu'il faut passer par la vallée de Térébinthe^ où David déflt Goliath et par des montagnes assez fâcheuses, la difficulté prolonge le chemin , mais pourtant l'heure est bien courte et les moments coulent bien vite quand on converse avec Jésus- Christ.

A quatre milles de Jérusalem , du côté de la porte de Rama , on trouve une fontaine qui fut l'endroit où les bienheureux disciples rencontrèrent le Sauveur. Les chrétiens y avaient fait bâtir une église et un monastère; mais aujourd'hui il n'en reste que des ruines, à la main gauche du chemin , sur un lieu éminent. A cinq milles au-delà on voit le château et la ville d'Emmaûs, autrefois célèbre ; car elle prit son nom auguste de Nicopolis , d'un événement bien tragique et de la prise de Jérusalem. On y voyait de grands bâtiments , d'où l'on tira l'an 1517 , plusieurs belles pieiTes carrées qu'on voit dans les murailles de Jérusalem. De la maison de Cléophas où Jésus fut reçu , et qui fut depuis changée en une église , il ne reste qu'un coin de muraille , et dans cette désolation générale de toutes choses, ce beau sanctuaire a été tout démoli; il y a bien de l'apparence que le Sauveur y consacra. C'est le sentiment de saint

Augustin , et ces paroles in fracHane panis, marquent la consécration et le sacriflce ; en effet les mêmes termes ailleurs sont employés pour exprimer la communion de TEucharistie *.

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