XXII. — La tour de saint siméon
Le devoir des prêtres de l'ancienne loi , était d'offrir des victimes et des prières à Dieu pour le peuple, peccaia populi mei comedent , ils consumeront les péchés de mon peuple. Leurs prières seront si ardentes et leurs victimes brûleront d'un si beau feu , qu'ils anéantiront tous les crimes d'Israël , comme l'explique le pape Alexandre I«'. Ils devaient davantage s'instruire des mystères et des cérémonies de la religion , afin de pouvoir discerner les choses saintes des profanes et enseigner aux autres la loi de Dieu , comme nous l'apprenons du Lévi tique. Voilà toute l'obligation des prêtres qui avaient leurs demeures dans toutes les tribus , aux villes les moins éloignées de Jérusalem et pour ce qui regarde la tribu de Juda , leurs demeures étaient aux faubourgs de cette sainte cité, afin qu'ils pussent mieux s'acquitter, comme tous les prêtres , des deux fonctions du sacerdoce , dont la première demandait qu'ils ne fussent pas éloignés du temple , et la seconde qu'ils ne se trouvassent point engagés avec le peuple. Ainsi environ deux milles de Jérusalem, du côté du midi , et un mille à côté
' Erant autem persévérantes in doctrina Apostolonim et communicatione fractionis panis et orationibus. Act., ii, 42.
du chemin de Bethléem, on voit la tour du bon vieillard Siméon que l'Évangile canonise. C'est une maison bâtie en forme de tour , qui n'est pas si minée qu'on n'y compte encore aujourd'hui environ six chambres et une citerne. La tradition nous apprend qu'elle est de saint Siméon , confirmée par les ruines de quelques vieux bâtiments , que les chrétiens y avaient ajoutés pour l'embellissement du lieu.
Au reste , ce saint vieillard , consommé en mérites et surchargé d'années, attendait avec de perpétuels soupirs celui qui devait être la consolation de son peuple. Les lumières de la science qu'il avait acquise , et de l'esprit divin qui le possédait, lui firent connaître que le temps de la délivrance d'Israël était venu et qu'il fallait courir au temple, non pour offrir des victimes, selon l'ancienne loi , mais pour assister à un nouveau sacrifice. Il y entre et reconnaît d'abord ce Sauveur dans le divin enfant, il prend ce dépôt qui ne lui est pas refusé, et le tenant entre les mains , il prononce des paroles qui ne furent que les élancements de son cœur. Je ne dis rien des circonstances de la cérémonie ; mais j'ajouterai avec le cardinal Baronius, que ce saint personnage annonçant l'avènement de Jésus , fut depuis maltraité par les autres prêtres, dont l'envie lui procura une espèce de martyre ; de sorte que l'enfance de Jésus le fit revivre et le fit mourir , elle consola cet auguste vieillard et le couronna.