‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 137 sur 159 · XXXI. — Le chemin de samarie en Jérusalem · texte numérisé non relu

XXXI. — Le chemin de samarie en Jérusalem

Celui qui a fait d'un larron un martyr et un noble confesseur , celui qui a changé une Madeleine criminelle en une sainte pénitente et cette Babylone en une Jérusalem , n'a-t-il pas dû sanctifier la Samarie même, aussi bien que la Samaritaine? Certes je découvre dans ces contrées un grand nombre de lieux saints et particulièrement sur le grand chemin de Jérusalem, qui est tout bordé de sanctuaires , depuis que Jésus Ta consacré par ses divines démarches.

Le premier, c'est le château de Genny, qui fait l'entrée de la Samarie , du côté de la plaine d'Édrelon et des montagnes de Gelboé. C'est là que Jésus guérit dix lépreux , dont l'un était Samaritain et l'unique qui reconnût le bienfait de Dien.

Le second est Sébaste , où la ville de Samarie bâtie sur le mont Someron, il ne reste presque rien de cette ville autrefois royale, non pas même les ruines qui pourraient marquer son ancienne magnificence , selon la prophétie de Michée. Toute la gloire de ce lieu est tirée du corps de saint Jean-Baptiste et des prophètes Elisée et Abdias , dont j'ai parlé en décrivant les demeures du saint précuseur. L'église dans laquelle ont reposé autrefois ces précieux corps est si grande, qu'elle sert à présent aux Maronites , aux Grecs et aux Turcs,

qui Tont divisée en trois parties , deux églises et une mosquée.

Le troisième , c'est la ville de Sichem , éloignée de dix-huit milles de Genny et quatre milles de Sébaste , la patrie de cette Samaritaine que Jésus convertit. Sa situation est extrêmement belle et ses avenues délicieuses à merveille; ce qui a donné quelque occasion au Père Quaresmius de suivre le sentiment d'un auteur qui fait de cette petite ville appelée Naplouse , une ville de Naples et de louer hautement sa force , sa grandeur et sa beauté; elle n'est pourtant qu'une longue rue, enfermée entre deux montagnes qui la commandent , coupée au milieu d'une place marchande et composée de maisons qui n'ont rien de beau.

Le quatrième , c'est le puits de la Samaritaine qui est à un mille enviroA du chemin de Jérusalem , au milieu d'une chapelle ruinée; il est fort profond, altmesi, dit l'écrivain sacré , et ce puits contient la fontaine de Jacob qui coule dans le fond. On n'y voit plus cette margelle , sur laquelle Jésus daigna se reposer , trouvant dans la foi de la Samaritaine , dit saint Jérôme , le remède de la soif et de la faim , le rafraîchissement de son cœur, altéré du salut des hommes et le rassasiement de son âme*.

Le cinquième c'est Béthel , éloigné d'un mille de Sichem et situé à la droite du chemin de Jérusalem; c'est l'infâme Béthaven de Jéroboam et le lieu de l'idole. C'était la retraite des voleurs, où se tenaient les assa-

« Super quo- residens Dominus sitiensque et esuriens Samaritan» fide satiatus est. In epitaph. Paul».

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Le se<»nd est Séloste, où la rille de Samarie bâtie sur le ni«>nt Somenon . il ne reste presque rien de cette lille autrefois royale, non pas même les ruines qui pi>urraient marquer son ancienne magnificence, selon la prophétie de Micbêe. Toute la gloire de ce lieu est tirée du corps de saint Jean-Baptiste et des prophètes Elisée et Abdias « dont j'ai parlé en décrivant les demeures du saint précuseur. L'église dans laquelle ont reposé autrefois ces précieux corps est si grande, qu'elle sert à présent aux Maronites , aux Grecs et aux Turcs,

qui Font divisée en trois parties , deux églises et une mosquée.

Le troisième , c'est la ville de Sichem , éloignée de dix-huit milles de Genny et quatre milles de Sébaste , la patrie de cette Samaritaine que Jésus convertit. Sa situation est extrêmement belle et ses avenues délicieuses à merveille; ce qui a donné quelque occasion au Père Quaresmius de suivre le sentiment d'un auteur qui fait de cette petite ville appelée Naplouse , une ville de Naples et de louer hautement sa force , sa grandeur et sa beauté; elle n'est pourtant qu'une longue rue, enfermée entre deux montagnes qui la commandent , coupée au milieu d'une place marchande et composée de maisons qui n'ont rien de beau.

Le quatrième , c'est le puits de la Samaritaine qui est à un mille enviroA du chemin de Jérusalem , au milieu d'une chapelle ruinée; il est fort profond , alttcsest, dit l'écrivain sacré , et ce puits contient la fontaine de Jacob qui coule dans le fond. On n'y voit plus cette margelle , sur laquelle Jésus daigna se reposer , trouvant dans la foi de la Samaritaine , dit saint Jérôme , le remède de la soif et de la faim , le rafraîchissement de son cœur, altéré du salut des hommes et le rassasiement de son âme^

Le cinquième c'est Béthel , éloigné d'un mille de Sichem et situé à la droite du chemin de Jérusalem ; c'est l'infâme Béthaven de Jéroboam et le lieu de l'idole. C'était la retraite des voleurs, où se tenaient les assa-

* Super quo residens Dominus sitiensque et esuriens Samaritane fide tatiatus est. In epitaph. Paul».

sins qui tuaient tous ceux qui allaient à la cité sainte ; mais je ne suis pas convaincu que ce Bétbel soit le lieu de la vision de Jacob, et que de là, par une échelle mystique , cet homme divin ait été en communication avec le ciel, parce que les auteurs disent assez constamment , que le Béthel de Jacob est celui d* Abraham , que nous avons mis avec l'Écriture sainte proche d*Hay, vers la vallée illustre.

Le sixième , c'est le champ de Jacob , proche du puiU de la Samaritaine, que ce saint patriarche acheta des enfants d'Hémor , père de Sichem, et qu'il ôta depuis aux iVmorrhéens , qui s'en étaient emparés. 11 le laissa à Joseph son ûls , par son testament * . Ce champ est entre la fontaine de Jacob et Sichem à la main droite , où Ton montre au pied de la montagne on bâtiment qu'on appelle le Sépulcre de Joseph , que les Turcs e( les Maures ont en vénération , où ils ont une- mosquée qui marque notre sanctuaire , et ensemble justifie l'endroit que nous désignons à ce champ ; d'autant que la tradition commune nous apprend que Joseph , dont les os furent emportés d'Egypte , a été enseveli dans le champ de Jacob auprès de Sichem.

Saint Jérôme dit que là même , les douze patriarches furent enterrés , et c'est le sentiment de plusieurs auteurs , que nous pouvons tirer des Actes des Apôtres "• Il est vrai que Joseph les met en Ilébron , mais son opinion ne combat aucunement la nôtre, étant vraisemblable, que de Sichem on les a transportés en cette

* Do libi partem unam extra fratres tuos , quam tuli de manu Amorrhc: in gladio elarcu meo. Gen., XLViii, H.

* Pammach. et in epitaph. Pauls , c. 7 , ▼. 15.

autre partie de la terre de Canaan , et ainsi le premier lieu où ils ont reposé ne laisse pas d'être un sanctuaire, digne de la dévotion des peuples. En effet., nous honorons le sépulcre de saint Sabbas , abb^ dans le monastère de Laure , qui est vers la mer Morte , bien que son corps ait été transporté à Venise , celui des trois rois à Milan , encore que la ville de Cologne possède leurs corps.

Le dernier est dans Machmas , appelé Elbir , qui fut autrefois le terme de la tribu d'Éphraïm du côté du midi. C'est de là que la Vierge retourna en Jérusalem , après avoir aperçu que Jésus son fils n'était pas en sa compagnie. En mémoire de quoi sainte Hélène y fit bâtir une grande église qui est à moitié ruinée. Il en reste néanmoins trois chapelles du chœur , dédiées comme il est croyable, à Jésus , Marie et Joseph , qui , 23 ans durant, ont fait ce chemin de Samarie en Jérusalem ; du moins , trois fois chaque année et l'ont tout semé de roses , de lys et de toutes sortes de fleurs qui croissaient sous leurs pas adorables. Aujourd'hui même on n'y voit qu'anémones, dont la beauté doit faire souvenir de ces augustes personnes , qu'Origène appelle les prémices de la virginité.

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