‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 34 sur 159 · LA MISSION DE SAINT JOSEPH DANS LE QUESROAN · texte numérisé non relu

LA MISSION DE SAINT JOSEPH DANS LE QUESROAN

Le récit de tant de dangers, auxquels s'exposent les missionnaires de la Syrie parmi les mahométans , pour-

rait rebuter quelques esprits, qui ne voudraieut pas bâtir de nouvelles églises, Tépêe à la main^ comme les anciens juifs, après leur retour de Babylone ; aussi la Providence nous a ouvert depuis deux ans une résidence, que je puis appeler un lieu de refuge. Elle est établie, dans un pays de trente mille Maronites, appelé Quesroan, également éloigné de nos trois missions de Damas* de Tripoli et de Seyde, et comme leur centre, d'où la secte de Mahomet est quasi bannie, et là les sujets du Grand Seigneur jouissent d'une entière liberté et d^une profonde paix. On n'y voit guère de visages affreux de maures et d'arabes; on n'y parle point de vol et de larcin ; la simplicité des premiers siècles et la bonté y fleurissent. L'état ecclésiastique y est en pleine vigueur : l'ordre religieux y a une forme inconnue à l'Europe, et néanmoins très-aimable et très-austère ; en un mot, les missionnaires de la Syrie peuvent s'assurer qu'en tout événement ils trouveront dans cette partie du Liban trente mille chrétiens, qui leur serviront de rempart et de défense. Je pourrais seulement appréhender qu'il n'y eût trop de douceur et de complaisance à instruire un peuple extrêmement passionné pour la parole de Dieu. Au reste, figurez-vous si nous pouvons appeler cette mission sainte, puisque la nation des Maronites tire toute son ancienneté et ses avantages d'un célèbre monastère de saints religieux appelé Maronites, parce qu'ils étaient disciples du saint abbé Maron, comme le monastère des Studites reconnaissait un certain Studius pour son auteur, et celui des Sabbaïles, ce grand personnage Sabbas.

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