‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 74 sur 159 · I. — Jérusalem entière et ruinée · texte numérisé non relu

I. — Jérusalem entière et ruinée

Qui croira que Jérusalem soit entière si elle est ruinée, et qu'elle ait été ruinée si elle est entière. Il est néanmoins certain qu'elle est entière et ruinée, puisqu'on reconnaît visiblement parmi tant de ruines tous les lieux qui portent les marques de notre rédemption. Ces illustres marques sont immortelles , et ces preuves éclatantes de la bonté de Dieu ne dureront pas moins que tous les siècles. La Providence les a conservées pour en entretenir le souvenir dans nos esprits ; étant juste qu'un bienfait éternel en ses suites ne meure point dans notre cœur. La justice de Dieu a dû ruiner Jérusalem ; la miséricorde a garanti ce qui a si heureusement contribué au salut des hommes : ainsi ces deux grandes perfections divines, la justice et la miséricorde, ont fait le sujet de cette réflexion qui regarde Jérusalem entière et ruinée. Mais pour discourir avec fondement d'une chose que les peuples éloignés ne croient pas si aisé-

ment, et la rendre autant qu'on peut authentique , je joindrai la preuve au miracle; je tâcherai d'allier l'autorité à la tradition, et de trouver des raisons pour appuyer la pieuse créance des peuples. J'étabUs ici comme une espèce nouvelle de science , dont les lumières sont tirées des ruines des anciens bâtiments, et comme Jérusalem est fondée sur des montagnes, mes convictions seront prises des rochers mêmes que Jésus-Christ a marqués de ses traces, et des lieux qu'il a glorifiés par sa présence.

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