‹ La Syrie et la Terre Sainte au XVIIe siècleChapitre 76 sur 159 · III. — Les sept montagnes de Jérusalem · texte numérisé non relu

III. — Les sept montagnes de Jérusalem

Si la Syrie est l'une des plus hautes contrées du monde , ce que nous tirons de son nom hébreu Aram , qui signifie hauteur, Jérusalem étant la plus élevée de toutes les villes de cette partie de la Syrie , que nous appelons Judée , elle est en sa situation la gloire de la terre et le couronnement du monde : bâtie sur des montagnes au milieu de tous les grands États, regardant du côté de l'orient, l'Asie , au couchant l'Europe et la mer Méditerranée , au midi l'Afrique , au septentrion •la-Scythie, l'Arménie et plusieurs autres provinces, et cela par une admirable disposition de la Providence , dit Génébrard , afin que de ce centre , la religion et les lumières de la foi fussent plus aisément répandues partout ; et que les paroles du prophète roi fussent justifiées *. Voilà un premier crayon de cette cité de Dieu

* Deus antein rex nosler ante sscula , operatus est salutem in medio terr». InPsal., uxui.

suivant ridéequlsaïc nous en a laissée dans son deuxième chapitre *.

Elle fut donc bâtie sur les montagnes, afin qu'elle nous donnât une plus belle représentation du ciel, et que ses habitants eussent moins de commerce avec la terre. Quand Melchisédech la fit bâtir, elle en contenait deux , Moria et Sion ; elle en renfermait cinq du temps de Jésus- Christ: Moriaau levant, qui est la montagne du temple et la vision du Seigneur , Bezeta au couchant , Sion au midi , Acra au septentrion , où la plus grande partie de la ville se trouvait, et la cinquième se nommait Groreb, dont il ne paraît aucune marque , après tant de ruines de Jérusalem , non plus que d'une grande partie de l'ancienne et basse ville , qui s'étendait de la porte de Damas vers celle de Rama.

A ces cinq montagnes il faut ajouter aujourd'hui le Calvaire et Gihon , qui sont enfermées dans la ville : Salomon reçut l'onction royale sur Gihon ,^et Jésus- Christ fut oint avec son propre sang sur le Calvaire.

De cette situation de Jérusalem sur ces montagnes, je conclus qu'elle était plus grande qu'elle ne paraissait, et pourtant qu'elle a pu contenir ce grand nombre d'habitants qu'on lui donne, de plus d'un million. 11 n'est pas besoin de recourir à l'opinion de Villalpand , qui donne dix mille de longueur à Jérusalem , au temps de sa plus haute splendeur; si ce célèbre écrivain avait été sur le lieu , il ne ferait pas si bon marché de cette terre

* Et erit in novissimis diebus pneparatus mons domus Domini in Tertice montium et elevabitur 8uper colles et fluent ad eam omnes gentes. ha., II , 2.

qui est si précieuse, et bornée par ses montagnes; il jugerait avec Quaresmius que cette grandeur est chimérique et qu'il n'y a aucune apparence , comnne il n'en reste aucune marque. De là même j'infère que cette ville qui renfermait tant de montagnes , et en était environnée * , a servi au dessein de la Providence , qui voulait assurer les Saints Lieux contre tous les changements des temps et des États.

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