‹ La SyrieChapitre 17 sur 49 · I.K I.JliAX Al' .\I.\'' Sir.CI.K \',V · texte numérisé non relu

I.K I.JliAX Al' .\I.\'' Sir.CI.K \',V

qui avaicnl toiTorisé l'OiitMil au temps tles (Croisades, dcMiu-uraicnt cantonnés à Qadmoùs et à Masyàd. Ils y végétaient, très ap[)auvris, fort déchus de leurs anciennes (jualités guerrières. Quant aux Xosairis, ils avaient conservé leur division médiévale en clans, 'acluni, gouvernés, comme les Druses, par des familles féodales. Au début du 19'' siècle, les Rasiàa étaient les plus inlluents parmi ces familles seigneuriales. Les Raslàn prétendaient posséder des droits sur Masyàd,. vieille forteresse des Isma ilis, commandant du coté de Hanià l'at^cès dans la montagne (v. I, 221). Aucune de leurs attaques n'avait réussi à en déloger les anciens occupants. En 1808, deux Xosairis, ([ui s'étaient insinués dans l'intimité de l'émir isma'ili de Masyàd, le poignardèrent et ouvrirent les portes à leurs coreligionnaires, postés aux environs. Ceux-ci massacrèrent leurs ennemis et s'installèrent dans la forteresse. Les Raslàn y délièrent pendant trois mois l'armée de Yoùsofpacha. Forcés de se rendre, ils l'empêchèrent du moins d'envahir la montagne où ses exploits se bornèrent au pillage et à l'incendie de quelques villages (1).

Rien n'o])ligeait Rachîr à intervenir dans les luttes, ({ui ensanglantèrent la région des Xosairis. Il ne put se désintéresser des querelles qui divisèrent alors la famille métoualie des Banoù Harfoùch, dont le territoire relevait, au moins partiellement, de son autorité. (Comptant au Xord et au Sud du Liban, sans parler du B. Richàra, de nombreux grouj)es métoualis, son gouvernement devait suivre de près les changements (}ui survenaient dans ces milieux indisciplinés.

Bachir et les Druses d'Alep. Avec le Wàdillaim, le Djabal Al-AMà, au Sud-Ouest d'Alep, était devenu, peu après la mort de Ilàkim (v. I, 210), un des premiers centres de diffusion du drusisme. Plusieurs clans druses du Lilxin étaient

(1) Mich. do Damas. 24;

originaires de ces parages. En souvenir, certains continuenl à porter, jusqu'à nos jours, le surnom de Halabi. L'émigration vers les districts libanais et le Hauràn (1) semblent avoir affaibli progressivement la cohésion du groupe druse alèpin. . Leur faiblesse les désigna, comme une proie sans défense, aux attaques de leurs voisins musulmans. L'an 1811, menacés d'extermination, les Druses de cette région envoyèrent réclamer l'intervention de l'émir Bachîr dont ils connaissaient le prestige politique en Syrie.

Demeurée secrète (v. p. 101), sa conversion au christianisme ne les empêchait pas de le considérer comme leur protecteur naturel; avec d'autant plus de raison que dans les documojits officiels il continuait à porter le titre « d'émir des Druses». Cette titulature archaïque ne correspondait plus à la réalité. Mais, jusqu'en 1840, elle maintiendra les Druses du Liban dans leurs prétentions impérialistes vis-à-vis des chrétiens. En faveur des Druses de la région alépine, Bachîr s'interposa énergiquement auprès des autorités locales. Il leur envoya une escorte pour les ramener au Liban. Ils étaient . au nombre de 400 familles. Beaucoup de femmes et d'enfants périrent en route. Bachîr leur accorda d'abondants secours et les établit dans les districts druses du Liban (2).

Révoltes militaires en Syrie. Damas et Alep étaient demeurées les principaux centres militaires en Syrie. Dès le milieu du 16^ siècle, l'indiscipline des janissaires, le sans-gêne avec lequel ils disposaient de la vie et de la fortune des habitants (3), leurs révoltes contre l'autorité des pachas, leurs démêlés avec les Albanais, les Barbaresques et les autres corps de milice ne cessèrent de troubler la tranquillité dans

(1) 31s y peuplèrent la montagne qui pi'endra leur nom, Djabal ad- Droûz. Voir plus loin le chapîti-e XVII, La Syrie contemporaine. , (2) Haidar, 918.

(3) Mohibbî, IV, 449-451 ; Relazioni, 102, 119-120,

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