‹ La SyrieChapitre 18 sur 49 · I.K LIBAN Al- .\I\'" SIKCI.K · texte numérisé non relu

I.K LIBAN Al- .\I\'" SIKCI.K

• ces cités (v. p. ()1). L'an 1812, il lallul recommencera Damas le siège de la citadelle où les janissaires s'étaient de nouveau renfermés, {)ratiquer, à coups de canon et en faisant jouer la mine, une brèche dans l'enceinte (1).

La situation à Alep n'était pas meilleure. Ale[), étape l)rincipale sur la route directe reliant le Golfe Persique à la -Méditerranée (2), devait à cette position et conserva la prospérité de son marché, jusque vers la iin du IG'' siècle. Les troubles politiques avaient amené le commerce français à déserter Damas pour s'établir dans les ports de la côte ; Saidà, Beyrouth, Acre. La même insécurité le forcera à abandonner AU'p au profit dé Lattaquié.

Deux factions s'y disputaient le pouvoir : celle des janissaires et celle des Chèrifs ou descendants de Mahomet (v. I, 18). Les luttes de ces partis assombrissent l'histoire de la malheureuse cité. L'an 1797, les janissaires ayant pris le dessus, se jetèrent sur les chérifs et les massacrèrent, sans même respecter l'enceinte des moscjuées, où ces derniers avaient cherché refuge. Ils fermèrent ensuite les portes à Charîf-pacha, récemment nommé au gouvernement d'Alep. Le nouveau dignitaire se résigna à souscrire à leurs conditions. Une fois installé, Charif crut habile de s'appuyer sur les chérifs, qui ressaisirent leur influence. Puis, se retournant brusquement du côté des janissaires, il les laissa massacrer en une seule nuit jusqu'à 250 chérifs. ^Maîtres du pouvoir, les janissaires en profitèrent pour expulser le pacha équilibriste. De 1812 à 1819, l'absolutisme des officiers, des aghas janissaires avait réduit les gouverneurs à l'impuissance. A cette épocjue un pacha se jugea assez fort pour secouer cette humiliante tu- Iclle. il réussit à attirer au sérail leurs chefs principaux et

( 1 ) Michel de Damas, 35-.33.

(-2) Cf. E. B&xï%e, Die Tnrhei, 331. -

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donna ordre de les massacrer (1). C'était préluder de dix ans à la destruction violente de cette milice par ^lahmoùd II. La dernière révolte des janissaires d'Alep, abattus à coups de mitraille, causa l'incendie des bazars et la dévastation de la l)anlieue.

Bachlr et Solaimân-pacha. La faveur que Bachîr avait su s'attirer par son habileté, par ses bons offices auprès des autorités turques, lui permit de déployer en Syrie une influence, qui s'exerça en dehors des limites de la Montagne. Les pachas ne pouvaient se dispenser d'en tenir compte. On s'en aperçut lorsqu'en 1815 il alla rendre visite à Solaimàn-pacha dans sa ville d'Acre. Partout sur son passage, il se vit accueilli, spécialement à Acre, avec des démonstrations inaccoutumées. L'émir en profita pour affermir sa position à l'intérieur de la Montagne.

Il écrasa l'opposition qui survivait à la mort de Djazzàr. Il usa de rigueurs envers les Areslàn (2) et les Talhoùq. Uien ne peut justifier la froide cruauté que, plusieurs années auparavant, il avait exercée sur les fils de l'émir Yoûsof, en ordonnant de leur crever les yeux. Leur ancien gouverneur, Georges Bàz, était devenu à Baitaddin le bras droit de Bachir. Enveloppé dans la catastrophe de ses pupilles, il fut, lui aussi, livré au bourreau (1807).

Mort de Solaimàn-pacha. Après ces rigueurs, l'opposition s'empressa de désarmer. Le pays jouit de quelques années de paix. Cependant le feu couvait sous la cendre. La politique de Bachîr le soumettait aux caprices, à l'arbitraire des pachas, devant lesquels il préféra abdiquer pour n'avoir pas à les combattre. Solaimàn-pacha mourut en 1818. L'occasion de louer les pachas turcs s'est présentée si rarement que

(1) Haidar, 882 ; Rabbatli, II, 59 ; Corancez, op. cit. 76, 108. « (2) Appelés « émirs do l'huile » à cause de leurs riches possessions d'oliviors ; Cf. Mich. de Damas, 109.

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