‹ La SyrieChapitre 31 sur 49 · I.K MHAN Al' MX*" SIKC.LK · texte numérisé non relu

I.K MHAN Al' MX*" SIKC.LK

tergiversations de la diploinalie eiiro})éenne il ii'hésilera pas à provoquer un ealaclysine.

Il cireonviendra adroitemeiU les chels druses, lesquels, ne eonsullanl (jue leurs raneunes, accepteront étourdinien'l de se laire les instruments de son machiavélisme. Il put bientôt en entrevoir les premiers résultats. A Hàsbayya, les chrétiens, elï'rayés par la multiplicité des attentats druses, réclamèrent, comme précédemment ceux de Dairalqamar, l'envoi d'une garnison turque pourles protéger.

Isma'îl-bey et les Nosairis. Au Nord du Liban, aprè.s le départ des Egyptiens, les Nosairis étaient retournés à leur anarchique indépendance (1). En 1847, les luttes entre les grandes familles (v. p. 139) amenèrent l'intervention de Tàhir-pacha. Il se vit impuissant à pacifier le Nord de la Montagne nosairie. Dans le district de Lattaquié s'installa alors un petit chef indigène, Isma'îl-bey. La Porte était distraite par la guerre de Crimée. Il en profita pour étendre son autorité, obtenir sa reconnaissance' otïicielle comme gouverneur de la région de Safita. Sa brutalité, ses exactions lui aliénèrent bientôt le dévouement des Nosairis eux-mêmes. Il venait d'obtenir de Constantinople sa nomination au gouvernement du pays de Hosn, lorsque cette concession souleva contre lui les musulmans de ce district et divisa le pays en deux camps. Tàhir-pacha pénétra de nouveau en territoire nosairi. Isma'îl ne put tenir devant les troupes régulières. Il fut trahi et tué par un de ses parents (18Ô8). Depuis cette date la Porte a tourné tous ses efforts vers l'établissement d'une administration directe. Elle a réussi à percevoir l'impôt, à lever des recrues. Mais il faudra à plusieurs reprises, notamment en 1870 et 1877, procéder à des exécutions sommaires, envoyer

(1) Cf. R. Dussaud. Ilidoire et religion des Xomins^ Paris ICOO, p- 33 etc.

180 CHAPITRE xvr

des troupes pour dévaster la montagne des Nosairis.

Le « Hattihumayoun ». Lintervention de l'Europe, en 1840, sauva la Turquie. En revanche elle l'avait, depuis cette date,, placée virtuellement sous la tutelle collective des Puissances. L'Europe ne cessa de promouvoir des essais de réformes que Nicolas P' de Russie traitait dédaigneusement d'inspirations « superficielles et d'origine française ». Après la guerre de Crimée (1855), le Hattihumayoun de FéATier 1856, s'appropriant les réformes introduites par Ibrahîmpacha en Syrie (y. p. 157), proclama l'égalité des impôts et charges fiscales ainsi que des fonctions publiques pour tous les sujets de l'empire, sans distinction de race ou de confession. Cette proclamation ne satisfit personne. Elle scandalisa les musulmans. Ils étaient habitués à regarder les chrétiens comme leurs sujets, des dhimmi ou protégés (v. I, 60) — disait la législation coranique — donc des inférieurs, des raïas ou ouailles; vivant sous la tutelle des musulmans. Ils ne pouvaient du jour au lendemain les traiter sur le pied d'égalité, se soumettre à des fonctionnaires, à des officiers, choisis parmi les chrétiens. Ceux-ci, refusant le privilège du service militaire qui leur était offert par la proclamation du sultan ^\bdulmadjîd, préférèrent payer la taxe d'exonération dont le choix leur était laissé. Ainsi reparaissait, sous une forme déguisée, l'impôt sur les non-musulmans.

L'acte impérial, communiqué au Congrès de Paris (1856),^ incorporé dans une convention internationale et placé tacitement sous la garantie de l'Europe, fournit aux Puissances l'occasion d'intervenir en faveur des communautés chrétiennes. A Damas et dans les grandes villes de Syrie, les chrétiens en profitèrent pour s'enrichir et s'émanciper. Une sourde fermentation agitait les milieux musulmans, « soigneusement entretenue et excitée par les représentants de la Turquie » (Churchill). Elle attendra pour éclater les événements de 1860.

LK Mli AN AU \IX'' SIKCLE 181

Page 1