II. L'aventure de Faisal
La politique de l'émir Faisal. Au début d'Octobee 1918, Faisal s'était, sur les traces des troupes alliées, introduit dans Damas. Aucune action d'éclat n'avait recommandé à l'attention des Sj^riens cet émir bédouin, lequel récemment avait tenté de troquer avec la Turquie (1) la liberté de leur patrie contre des avantages accordés au Hidjàz.
A cette date, la situation diplomatique de Faisal était celle d'un petit chef de partisans, commandant à un millier de Bédouins, auxquels il fallait ajouter le contingent syropalestinien de Noùrî-bey (2), au maximum 1.500 hommes. II avait joué, pendant la guerre, un rôle si effacé que personne en Syrie jusque-là n'avait songé à réclamer pour lui un mandat quelconque. Profitant de l'embarras des Alliés, occupés à discuter avec l'Allemagne récalcitrante, il se hàla d'organiser un simulacre de gouvernement, de constituer un ministère ; il voulait placer l'Europe et la Syrie devant le fait accompli, prendre, en attendant, des gages, s'assurer par l'intrigue, à la faveur de la paix, des titres qu'il n'avait pu gagner sur les champs de bataille.
Sa diplomatie. De Damas il courut à Paris, chargé par le roi Hosain de soutenir devant la Conférence les revendica-
(1) Pour ces négociations mystérieuses, voir plus haut p. 23G. j:2) Voir p. 241.