LE LIBAN ET L'AVÈNEMENT DES CHIHAB
Exstinction des Ma'nides. L'an 1697, l'émir Ahmad, petit-neveu du grand Fakhraddîn, mourut sans laisser de postérité (1). Avec lui s'éteignit la famille des Ma'nides. La Porte ne pouvait plus nourrir d'illusions sur l'indocilité des Libaiiais, leur impatience à supporter le joug. Pas plus pourtant que les régimes musulmans antérieurs, elle ne songea à courir les risques d'une expédition militaire pour annexer le Liban. L'eùt-elle tentée, elle n'en possédait pas les moyens. Elle traversait alors une crise politique, qui allait aboutir aux traités désastreux (2) de Carlovitz (1699) et de Passaro- "vitz (1718). C'est la période où chaque diplomate invente un projet de partage. L'an 1705, un missionnaire' écrivant au Ministre de Louis XIV s'engage « de ne luy parler jamais de feu l'Empire Otthoman. Je sai trop bien qu'à la Cour on n'aime pas les cadavres » (3), On commençait, ces lignes le
(1) Voir Je tal>leau généalogique des Ma'nides p. 91. ' (2) Cf. Yorga, Geschichte, IV, 221. (3) Rabbath, op. cit., II, 558.