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I.K LIBAN

morcellement, à maintenir l'accord, scellé par Fakhradtlin, entre Drnses et Maronites, les deux principales communautés du Liban. Ils veillèrent jalousement à lui conserver son privilège de terre d'asile et sauront en imposer le respect aux plus autoritaires représentants de la Porte.

Avec raison, Volney (1) souligne la remarquable densité <le la population libanaise. Elle égale, ajoutc-t-il, celle « de nos meilleures provinces ». Il en trouve la raison « dans le rayon de liberté c[ui y luit. Là, à la différence du pays turk, chacun jouit, dans la sécurité, de sa propriété et de sa vie. Le paysan n'y est pas plus aisé qu'ailleurs, mais il est tran- (juille ». La seconde raison lui parait u la frugalité de la nation, qui consomme peu en içut genre. Enfin une troisième est l'émigration d'une foule de familles chrétiennes qui désertent journellement les provinces turkes pour venir s'établir dans le Liban ».

Les régents de la famille Chihàb ne durent pas déployer moins de persévérance et d'adresse diplomatique pour étendre leur influence, ou y ressaisir celle exercée par les Ma'nides, en dehors du Liban géographique ; sur le B. Bichàra, la région de Balbek, la BqàS enfin svir le Wàdittaim ou districts de Hàsbayya et de Rachayya. Eux-mêmes en étaient originaires et y avaient conservé leur parenté et leurs domaines.

Constitution du Liban. Dans les grandes lignes, à travers les modifications de détail, malgré les empiétements •successifs des pachas turcs, c'est la situation politique que conservera le Liban jusqu'à la chute de l'émir Bachîr (1840), l'esquisse de ce qu'on nommera le Grand-L^iban et que de nombreux firmans consacreront d'avance. Cette unité de vues et de politique demeure remarquable. Pour en assurer le triomphe, les régents libanais ne reculeront devant aucun sacrifice. Ils exploiteront adroitement les compétitions et la

(1; Voyage en Syrie et en Ejypte, I, 467-46S.

cupidité des fonctionnaires turcs, les embarras de « l'Homme malade » (v. p. 93).

La première condition à réaliser était de rester en bons termes avec les pachas voisins. Se conformant aux intentions de la Porte, celui de Saidà s'immisçait de plus en plus dans les affaires du Liban et les familles féodales de la Montagne par leur indocilité, leur ombrageuse susceptibilité semblèrent multiplier à plaisir les occasions de ces interventions. Dans l'intention de se créer un parti, les Chihàb, nouveaux-venus dans le Liban, avaient augmenté le nombre des cheikhs (v. p. 96). Chez les Druses surtout, tous ces chefs voudront jouer au potentat, forcer l'émir à compter avec leur personne et leur groupe. Ces prétentions ne réussiront trop souvent •qu'à affaiblir sa position, partant la situation diplomatique de la Montagne,

L'autorité du hàkim ou émir suprême se trouvait tempérée, contrôlée par l'influence des notables. Emirs et cheikhs devaient contribuer à l'impôt. Pour en modifier l'assiette, pour déclarer la guerre ou conclure la paix, l'approbation de l'assemblée populaire était requise. Les émirs, les cheikhs, tous ceux, qui par leur esprit ou leur courage s'étaient assuré du crédit, pouvaient y donner leur voix. En sorte que la constitution politique du Liban était « comme un mélange tempéré d'aristocratie, de monarchie et de démocratie ». (Volney).

L'émir Haidar abdiqua en faveur de son fils Molham (1732). Il se retira dans la ville de Beyrouth et y mourut dans de vifs sentiments de ferveur musulmane (1). Les annalistes libanais lui accordent les plus magnifiques éloges. Ce fut un régent énergique, un vaillant soldat, un administrateur rigide. A ce portrait ils ajoutent le qualificatif plus inattendu de-

(1) Monayjar, ci^iJl ^~,j^ , Hlitcirc du Choûf {manusc BM. crient Univ. S. Joseph) p. 18.

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