‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 187 sur 287 · F. Ravaisson, Op. laud., p · texte numérisé non relu

F. Ravaisson, Op. laud., p

t\ Index eorum quae hoc in libro habentur. Iamblichus de mijslei'iis ^Jgyptio^ rum, Chaldœorurn, Assyriorum... Venetiis in aedibus Aldi etÂndreae; MDXVI. — Pour la description de cette édition, v. p. 346, note 1.

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Proclus attribuait à Jamblique la composition du traité Sur les mystères des Égyptiens. Il paraît malaisé de souscrire à cette opinion. Cet écrit se propose de rapporter et de comparer entre elles les diverses doctrines alexandrines, et, particulièrement, d'opposer celles de Jamblique à celles de Porphyre ; les noms de ces deux auteurs se trouvent constamment cités l'un auprès de l'autre ; toujours, la préférence est accordée à l'avis de Jamblique ; il semble donc que la rédaction du traité Sur Les m 1/ stères des Egyptiens ne doive pas être attribuée à Jamblique lui-même, mais à quelqu'un de ses disciples, grand admirateur de renseignement du maître ; c'est, en tout cas, cet enseignement que nous rapporte le livre Des mystères.

Si l'on veut accorder à Ravaisson que ce livre contient quelque mention de l'amour de Dieu pour les choses inférieures, on devra reconnaître que cette mention est singulièrement fugace et indécise.

Le traité Des mystères des Égyptiens parle en ces termes de la providence des dieux 1 ;

« L'essence et la puissance des dieux garde partout sa vigueur, mais elle éclaire de préférence telle ou telle chose ; de même que la lumière demeure en elle-même, sans mélange ni division, et,

cependant, éclaire les divers objets, ainsi en est-il des dieux

La lumière des dieux, sans que sa totalité éprouve aucune division, est à la fois présente au Monde entier, encore qu'elle puisse accorder principalement sa force à telle ou telle partie qui lui est mieux accommodée ; cependant, d'une certaine manière, elle remplit toute chose, grâce à sa puissance parfaite et à l'immense excès de son pouvoir causal. Elle perfectionne donc toutes choses ; à l'aide des intermédiaires, elle unit les extrêmes entre eux ; elle comprend en elle toute chose et vient se réfléchir sur chaque être qui, par là, lui est uni.

» Le Monde, à son tour, imite ce don ; il l'imite par son mouvement cyclique, par la connexion de ses parties en un seul tout, par cette sorte de conciliation qui transforme les éléments les uns dans les autres et transmet aux choses inférieures la force des choses supérieures

» Toute partie du Monde reçoit quelque chose de chacun des dieux, car chaque dieu est tout entier présent à chaque partie du Monde ; mais des parties différentes reçoivent des dons divers ; l'éthcr reçoit conformément à sa nature éthérée, l'air selon sa nature aérienne. »

S» Iamblichus De mysteriis, cap. Il; éd. cit., fol. 3, v°.

LES SOURCES DU NÉO-PLATONISME ARABE

Assurément, ce langage n'est pas sans analogie avec celui que Denys tient en mainte circonstance; mais il ne serait déplacé dans la Louche d'aucun néo-platonicien païen ; Proclus ne le désavouerait pas ; la providence des dieux s'y voit assimilée à la lumière ; elle n'y est pas considérée comme l'effet d'un amour.

Il est vrai qu'un peu plus loin1, Jamblique, à « l'influx des dieux », attribue cette appellation : « L'amitié divine qui réunit toutes choses ». Il creuse alors, plus profondément qu'il ne l'avait fait encore, la nature de l'opération par laquelle les dieux nous distribuent le bien.

« Il est nécessaire, dit-il % que les dieux se comportent comme ils le font ; cela n'est pas nécessaire d'une nécessité qui leur serait imposée du dehors, mais d'une nécessité qui leur est naturelle, qui est, pour eux, ce qu'il y a de meilleur, qui est donc volontaire au plus haut point ; s'il leur était proposé de choisir, ils ne voudraient point qu'elle fût autrement. »

« En Dieu et dans les dieux, qui sont des êtres bons, dit encore Jamblique \ la volonté du bien est plus excellente et, partant, plus libre que ne l'est notre pouvoir de choisir le bien. Ce n'est donc pas parce qu'on les invoque que les dieux sont mus à donner le bien aux hommes ; c'est spontanément qu'ils nous appellent au bien, qu'ils viennent au secours de celui qui se tourne vers eux par l'invocation, qu'ils lui montrent quelque chose et lui en font lar^ gesse. Les hommes peuvent être libres lorsqu'ils demandent } combien plus libres les dieux lorsqu'ils donnent ! C'est en vertu de leur libre volonté du bien, de leur action éternelle et parfaite que les dieux sont bienfaisants à l'égard des hommes, après que ceux-ci se sont tournés vers eux pour les invoquer Les supplications rendent notre âme apte à recevoir l'influx des dieux ; cet influx lui parvient aisément, grâce à l'amitié divine qui réunit toutes choses. »

Lorsqu'on parcourt toute la littérature païenne pour y découvrir quelque allusion à l'amour de Dieu pour ses créatures, on n'y rencontre rien de plus explicite ni cle plus précis que ce qui vient d'être cité. Qu'il y a loin, de ces indications fugitives à la doctrine d'un Denys ! Et comme, en celle-ci, le Néo-platonisme se montre profondément transformé par le Christianisme !

Que Dieu, donc, aime les créatures, et que cet amour soit la cause qui détermine son action bienfaisante, c'est ce que tout le

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