Voir : Première partie, Ch. XIII, § X ; t. II, p
2. Plotini Enneadis f/œ \ib. III, cap' IX; éd. Didot, pp. G5-66.
LES SOURCES DU NÉO-PLATONISME ARABE
« Cette Ame est donc unique1, mais les âmes multiples se résolvent en son unité ; elle se répand en multitude et, en môme temps, ne se répand pas. Il suffit, en effet, qu'elle se donne à tous et, en même temps, qu'elle demeure une. Elle exerce ses forces sur tous à la fois, et elle n'est complètement séparée d'aucun; elle est donc la même chose en plusieurs. — 'Ixawi yào Tcact raxpaa^elv lauTTjv xal fjtiv£',v pua. AuvaTat. yàp slç Ttàvra au.a, xal exotto'J oux à7C0T£T[JliriTat. îcàvnp • TO auTO OÙV £V izoXkoïç. »
Nous voyons, en ce passage, que Plotin compare l'opération par laquelle l'Ame une anime chacun des corps humains à celle par laquelle un principe de forces agit sur des mobiles.' En cette opération, l'Ame unique est active et le corps animé est quelque chose de passif qui subit cette action.
Quant à l'âme incorporée, il l'avait, un peu auparavant2, appelée une passion (TuaQ^ua), une qualité (irovoT/jç) ; il l'avait comparée à « l'image (si'SoAov) maintes fois répétée d'un même objet, comme si plusieurs sceaux de cire portaient l'empreinte d'un même cachet. » Ainsi avait-il dit auparavant que l'âme incorporée était la trace de l'Ame séparée.
Il semble bien que ces comparaisons tendent à exprimer une pensée très voisine de celle d'Alexandre d'Aphrodisias. L'Ame séparée dont parle Plotin ressemble fort au Nou; TcouiTixoç, l'âme incorporée au voGç èsuxTyjToç. Jusqu'ici, la doctrine du Maître alexandrin rappelle de très près le Péripatétisme.
Par d'autres comparaisons, elle s'en éloigne pour se rapprocher du Platonisme.
Plotin veut 3 sauver sa théorie de cette objection : S'il y a une Ame unique pour tous les hommes, d'où vient qu'un homme puisse sentir ce qu'un autre ne sent pas, que le premier puisse éprouver une passion et l'autre ne la pas ressentir, que celui-ci puisse être vertueux et celui-là vicieux ? Il répond : « De ce que mon âme est la même que votre âme, il n'en résulte pas que le composé binaire (o-uvapt/p oTepov) qui est en vous soit le même que le composé binaire qui est en moi ; si une même chose se trouve en deux choses différentes, elle n'aura pas, dans l'une et dans l'autre, les mêmes propriétés ; de même l'homme peut être immobile en vous et, chez moi, en mouvement, si je marche et si vous êtes arrêté. »
Ici, le rapport de l'Ame unique avec les divers individus est com-
t. Plotini Enneadis IV<* lib. IX, cap. V; éd. Didot, p. 297.