Thémistius, loc. cil. ; éd. cit., p
2. Platon, Timée, 5i-52 (Platoniî Opéra, éd. Didot, vol. II, p. 219).
3. Aristote, Métaphysique* livre III, ch II (Aristotelis Opéra, éd. Didot, t. II, p. 5oo ; éd. Bekker, vol. Il, p. ioo3, col. b).
l\. V Index aristolelicus^ si soigneusement composé, que l'Académie de Berlin a joint à son édition des œuvres d'Aristote fait observer que : « Recher-
Sans doute, entre les où<x»lai, individuelles d'une même espèce, il y a, au gré d'Aristote, quelque chose de commun. Ce quelque chose, que les Scolastiques devaient un jour nommer forma substantialis, Àristote le nomme, parfois, ^op^pij ; mais, plus souvent, il continue de le désigner par ce nom d'sloo; qui, pour Platon, désignait l'espèce en soi, l'espèce éternellement subsistante. Cependant, ne nous y trompons pas ; l'sI8oç n'est plus quelque chose qui existe, hors des individus, d'une existence réelle ; l'abstraction seule, dans les oùaw individuelles et réellement existantes, distingue l'sXSoç, constitutive de l'espèce, et la ukt\ qui, en chaque individu, lui sert de support, de utïoxe^svov ; l'sISo; ne peut exister à part de la uXt) qui l'individualise.
Les Platoniciens reprennent tous, en cette question, la tradition de leur maître ; tous, ils croient à l'existence de l'espèce une, éternelle, immuable, séparée des individus multiples, ditincts, mortels et changeants. Mais, lorsqu'il s'agit de formuler cette doctrine constante, ils emploient des termes divers et variables.
Souvent Plotin use du mot etôoç pour désigner l'espèce immuable, tandis qu'à chacun des individus de cette espèce, îl réserve le nom d'oùo-ta. Nous l'avons entendu \, par exemple, imaginer qu'on subdivise un corps homogène en plusieurs parties ; à chacune des masses, distinctes les unes des autres, que produit cette subdivision, il a donné le nom d'oùa-ia ; puis il a déclaré que toutes ces où<nai étaient de même espèce (ofjioeiSsiç) ; qu'elles portaient, toutes, une seule et même espèce (elùoç) indivise.
Mais à cette espèce qui garde son unité au sein d'individus multiples, il compare l'Ame humaine, unique, bien qu'elle anime tous les hommes ; et voici2 qu'à cette Ame séparée, considérée ainsi dans son unité, tout comme aux âmes incorporées et individualisées, il donne le nom d'o-jaaa; « elle est, dit-il, une oùuia. unique en plusieurs ouatai., oùata uûa sv TzoXkalç. » Et de même, Porphyre dit3 que cette Ame demeure une par son ouc-£a (-rjvtopisva xorcâ r^v oùo-tav), tandis que, dans les divers hommes, elle se trouve différenciée par les qualités et par les autres formes (toIç olWolç eiSeci).
Il est bien clair que le langage de Plotin et de Porphyre est
cher pleinement quel usage Aristote a fait du mot ouata, ce serait exposer la philosophie même d'Aristote. » (Aiustoteiis Opéra. Edidit Academia Regia Borussica, vol. V : Aristotelis qui ferebanlur Hbrorum fragmenta. Scholiorum in Aristoielem supplemenium . Index Àristotelicus. Berolini. 1870. P. 544> col. a).