Plotini Enneadis IVw\\h. IX, cap. V; éd. Didot, p
3. Porphyrii philosophi Sententiœ ad intelligibilia ducentes ; éd. Didot, p. XLIV.
LES SOURCES DU NÉO-PLATONISME ARABE
ambigu, que le mot oùo-rla n'y garde pas toujours le même sens. Et en effet, nous avons entendu1 Plotin appeler notre attention sur cette ambiguïté, nous avertir que le mot où<na est susceptible de deux significations.
L'une de ces significations est, au gré de l'Auteur alexandrin, la signification propre ; où<na est alors synonyme d'être, to ov ; « cette oùo-ia véritable possède l'être à titre principal et avec le moindre mélange. » A cette première et véritable oùcnla, viennent s'adjoindre des actualités (svépyevat.) que Porphyre et Proclus, employant le langage d'Aristote, nomment des formes (èi&rj). Déterminée par ces actualités, Fouo-ta véritable se transforme en quelque chose de plus particulier, d'inférieur, à quoi l'on donne encore, mais improprement, le nom d'oùo-ia.
Cette détermination de l'existence pure et simple peut être plus ou moins étroite ; elle peut donner une espèce ou un individu ; dans le premier cas, les derniers Néo-platoniciens, dont Saint Jean Damascène nous a fait connaître la terminologie précise 2, diront que l'oùo-'la, spécifiquement déterminée, est devenue une (qûg'.ç ; dans le second cas, ils diront que Fouo-ta, individuellement déterminée, est devenue une UTTOqrowtç.
Mais ces distinctions précises n'avaient pas cours encore au temps de Plotin et de Porphyre, ni même au temps de Proclus.
Nous voyons, par exemple, Proclus opposer 3 ce qu'il nomme le corporel, le sensible ou bien encore l'oùo-ia subdivisée à Foùcua incorporelle; en celle-ci même, il distingue deux degrés; le premier est le degré qui correspond aux âmes, le degré animal ; il le nomme la disposition (Siàxocrjjiov) animale ou la nature (ouo-tç) de l'âme; le degré plus élevé comprend les oùa-iai. intelligibles. Il est clair qu'en ce passage, les mots oùo-ia, cpu<nç, St,àxoo-jjiov sont pris comme synonymes. '
Proclus ajoute que la disposition animale se donne à elle-même son mouvement et ses activités (a'jToxtvTjTOv xal auTevÉpyr^ov), que son 6?r6cTa<nç est en elle-même et vient d'elle-même ; au contraire, le bien qui se trouve dans l\ou<na corporelle est un bien subdivisé, acquis, dérivé, qui tient son u7cocra<nç d'un fondement étranger. Il semble bien qu'en ce passage, le terme Ù7t6ara<rt.ç soit opposé au terme où<na, pour désigner l'ûù<ua déterminée par certains mouvements et certaines activités qui en font une espèce définie.