bid., pp. 44<>-44i
4. Voir : Troisième partie, Ch. I, § II ; ce vol., pp. 346-347-
LE NÉO-PLATONISME ARABE
plus du tout avec la Physique péripatéticienne. A l'égard de la uXy), ils répètent volontiers ce que les Atomistes disaient du vide, du xevov, ce que Platon enseignait au sujet de l'espace, de la ytopa;mais, surtout, ils affirmer t avec une absolue clarté que la Matière première n'est rien que le néant, que le non-être, to \à\ ov. La notion de la Matière première ne s'obtient pas en dépouillant une substance de tout ce qu'elle a d'actuel, mais en la privant de tout ce qu'elle possède d'être ; la u\r\ n'a pas l'existence en puissance ; elle n'a aucune existence. Comme elle n'existe pas, on ne saurait demander pourquoi elle existe ; elle n'a pas de cause. Mais elle ne saurait être davantage comptée pour une cause, pour un principe ; le Néo-platonisme hellénique reconnaît des causes efficientes, mais il n'y a pas, pour lui, de cause matérielle ; sa doctrine affirme l'unité absolue du premier Principe ; elle l'oppose à cette dualité des premiers principes, de l'Acte pur et de la Puissance pure, qui est l'essentiel fondement de la Métaphysique d'Aristote. Voilà pourquoi Y Institution théologique de Proclus et le Livre des Causes peuvent décrire l'enchaînement universel des causes sans prononcer même le nom de la SXyj .
Volontairement reléguée dans l'oubli, la Matière première, cependant, pénétrait parfois d'une manière subreptice au sein du système néo-platonicien.
Toutes les choses, dit le Livre des Causes, reçoivent le bien qui découle de la Cause première ; mais elles le reçoivent en des mesures différentes : « Cette diversité dans la réception du bien 1 ne provient pas de la Cause première ; elle provient de celui qui reçoit; car ceux qui reçoivent le bien diffèrent les uns des autres. Celui dont vient l'influence est un, et non divers ; il verse donc également sur tous une même influence ; sur toutes choses, l'influence de bonté qui vient de la Cause première est égale. Ce sont les choses elles-mêmes qui sont la raison de la diversité dans la répartition de cette influence sur les choses ». « Chacune 2 des choses reçoit l'influence de la Cause première dans la mesure de sa puissance » . « La Cause première 3 est fixe et stable dans son unité pure et éternelle ; c'est elle qui régit toutes les choses créées ; elle répand sur elles la force vitale et les biens, dans la mesure où chacune d'elles a la force et la possibilité de les recevoir. C'est par un influx unique que la Bonté première répand le