Avicenn.e Metaphysiea, Lib. II, tract. II, cap. III
LA CRUE DE l'aWSTOTÉLISME
istencc effective acquiert la nécessité, mais une nécessité qui vient d'autrui, non de lui-même ; simplement possible par lui-même, mais rendu nécessaire par un autre, il a, dans sa manière d'être, une dualité qu'Aviceime rapproche de la dualité péripatéticienne constituée par la puissance et l'acte ; et, en elï'et, cette dualité joue, dans sa Métaphysique, un rôle analogue à celui que la dualité de la puissance et de l'acte joue dans la Métaphysique d'Aristote ; à chaque instant, il y recourt comme à l'un des fondements essentiels de tout son système ; citons quelques-uns des passages où ce principe se trouve formulé avec une particulière netteté.
« Si une chose, dit Avicenne J, n'est pas nécessaire par ellemême, il faut alors qu elle soit possible par rapport à elle-même et nécessaire par rapport à une autre chose. »
<( (Test l'agent 2 qui confère à une chose autre que lui-même l'existence que cette chose n'avait pas en elle-même ; et cette existence advient à cette chose par là-même qu'il est agent».
L'Être nécessaire par soi est absolument simple. « Mais toute chose qui est simplement possible a nécessairement besoin d'une autre chose qui la fasse exister d'une manière effective 3j En etlet, toute chose qui est possible par rapport à elle-même garde toujours la possibilité d'exister ; mais peut-être lui arrivera-t-il d'exister nécessairement parmi être autre qu'elle-même.
» Cela lui peut arriver soit en un certain temps, soit toujours.
» Toute chose à laquelle cela n'arrive qu'en un certain temps doit, comme nous le montrerons bientôt, avoir une matière dont l'existence précède, dans le temps, l'existence de cette chose.
» Mais la chose même à laquelle cela arrive toujours a une nature (quidditas) qui n'est pas simple. En effet, la manière d'être qu'elle a par rapport à elle-même diffère de la manière d'être qu'elle a par rapport à une chose autre qu'elle-même ; c'est à la réunion de ces deux manières d'être qu'elle doit d'être ce qu'elle est.
» 11 n'y a donc aucune chose, sauf l'Etre qui est nécessaire par lui-même, qui soit entièrement dépouillée de toute espèce de puissance et de possibilité à l'égard d'elle-même. »
Al Gazâli, à son tour, a repris cette conclusion et l'a formulée en ces termes :
« L'existence de l'Etre nécessaire '" n'est pas différente de ce qu'il est par lui-même, car il est nécessaire que son existence soit iden-