‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 244 sur 287 · Vide supra, p · texte numérisé non relu

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2. Joannes Gkammatigus Philoi'Onus Alexandrinus. In Procli Diadochi daodeviginti argumenta de M undi aeternitate. . Ioanne Mahotio interprète Lug-duni, i5.r>7. — in fine : Lugduni, excudebat Nicolaus Edoardus, Campanus, quinto idus [anuarias 1.557. Procli Diadochi arg-umentum quartum, pp. 2/j-25. — Ioannks Philoponus De aeternitate Mandi. Edidit Hugo Rabe. Lipsiae, MDCCCXCIX, pp. 55-56.

A.VERROÈS

passage même d'un état à l'autre ; et s'il subit un changement, c'est qu'il n'est pas immobile. Si clone quelque être est immobile, cet être créera toujours ou ne créera jamais, afin de ne pas être soumis au mouvement, ce qui aurait lieu s'il créait seulement quelquefois. Dès lors, si la cause d'une chose est immobile, comme elle ne peut pas n'être jamais cause ni l'être seulement quelquefois, elle le sera toujours. Si cela est vrai, elle sera la cause d'une chose éternelle.

» Or la cause de l'Univers est immobile. Pour qu'elle fût mobile il faudrait qu'elle fût d'abord imparfaite, puisqu'elle se perfectionnât, car tout mouvement est une action imparfaite... Il est donc nécessaire que l'Univers soit éternel, comme produit par une cause immobile. »

Avicenne 1 et, surtout, Al Gazàli 2 ne s'étaient point fait faute de reprendre cet argument qui, accordant à la religion la création du Monde, et au Péripatétisme l'éternité de ce même Monde, se mettait à la fois en contradiction avec les deux doctrines qu'ils prétendait concilier.

En nombre d'autres circonstances, le Néo-platonisme retrouvait des difficultés semblables. Né de l'union entre une doctrine péripatéticienne et un dogme religieux, chacune de ses théories était en contradiction avec le Péripatétisme parce qu'elle avait emprunté à la religion, et se trouvait théologiquement hérétique parce qu'elle tenait d'Aristote.

Le premier Moteur immobile d'Aristote demeurait dans une rigoureuse unité 3. Il se connaissait éternellement lui-même et ne connaissait rien hors de lui, car il n'avait rien à créer ; il n'avait pas besoin de connaître le mouvement par lequel tous les êtres tendent vers lui.

A la Cause première, les Néo-platoniciens s'efforcent de garder cette unité rigide ; et cependant, il leur faut mettre dans l'opération de cette Cause quelque chose par quoi elle crée ; et les voilà contraints d'y introduire une complication que les Péripatéticiens flétriront comme une dualité.

D'autre part, ce manquement aux principes du Péripatétisme ne leur assurera pas les suffrages des théologiens. Pour sauvegarder autant que possible l'unité du premier Principe, ils affirmeront qu'un seul être provient directement de lui, et que la multiplicité

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