‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 36 sur 287 · Kaltenbrunner, Op. laud.,p. 3i · texte numérisé non relu

Kaltenbrunner, Op. laud.,p. 3i

2. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° i5io/j, fol. 5o, v°. Le copiste a écrit : Johannem de Lineriis de Maris, puis il a mis sous les deux mots de Lineriis la suite de points qui équi valait alors au biffage. Cela ne l'a pas empêché, quelques lignes plus bas, dans le texte, de retomber en la même inadvertance et d'écrire encore Johannes de Lineriis au lieu de Johannes de Mûris. Les nombreux manuscrits de Vienne, cités par M Kaltenbrunner (Op. laud., p. 3 1 6) comme contenant ce traité, l'attribuent tous à Jean de Murs et à Firmin de Belleval, et nullement à Jean des Linières.

troupeau abandonneraient peut-être la vérité et tomberaient dans l'erreur.

» Nombreux sont déjà, nous le savons, ceux qui ont travaillé à la correction de ce calendrier, particulièrement en ce qui concerne la partie qui a trait au nombre d'or ; c'est aussi dans ce but que nous sommes venus, accomplissant humblement, dans la mesure de notre science, le mandat apostolique que nous avons reçu. Par votre ordre,, le très vénérable père et seigneur dans le ♦ Christ, notre seigneur le cardinal des Ruthènes, nous a prescrit certaines tâches ; nous les avons accomplies dans la mesure de notre pouvoir, et nous avons donné notre réponse, comme il vous semblait bon qu'il fût fait, sur les questions qui nous avaient été posées ; il a voulu, alors, et, sur votre ordre, il nous a commandé de trouver, s'il nous était possible, quelques moyens qui vous parussent meilleurs et plus utiles pour l'Eglise.

» Nous, alors, vos dévoués fils précédemment nommés, désireux de vous obéir pleinement et humblement, d'une même âme et d'un même cœur, nous avons composé cet opuscule ; nous implorons le secours de Dieu afin que, pour sa gloire et l'utilité de l'Eglise, les parties douteuses de notre calendrier se trouvent éclairées et que les défauts en soient corrigés sans danger de récidive. »

Cette phrase est suivie de l'indication : Explicit epistola. Incipit prohemium.

Le préambule qui nous est ainsi annoncé nous fait connaître la division de l'ouvrage composé, sur l'ordre de Clément VI, par Jean de Murs et Firmin de Belleval.

« Dans cet opuscule », dit ce préambule, « sont quatre traités.

» Dans le premier traité, on déclarera ce que c'est que l'année [solaire] vraie, quelle en est la longueur exacte, combien sont divers, auprès des différents peuples, les usages relatifs à Tannée solaire, quelle est l'imprécision de l'année solaire dont l'Eglise a coutume de se servir, comment on peut porter remède à cette imprécision, quels seraient, enfin, les avantages et les inconvénients spirituels de cette correction.

» Au second traité, on déclarera ce qu'est l'année lunaire, dans quel but le nombre d'or a été inventé, comment ce nombre d'or est défectueux, quels avantages et quels inconvénients se produiraient s'il était corrigé.

» Au troisième traité, nous présentons certains moyens de corriger le nombre d'or ; nous examinons aussi, dans la mesure de notre pouvoir, les avantages et les défauts qui s'y rencontrent, s'il y en a.

l/ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE

» Au quatrième traité, on exposera quelques principes et quelques règles par lesquelles on verra comment la Pâque doit être célébrée à une date certaine. Plusieurs moyens sont présentés et, comme aux précédents traités, les avantages et les effets de chacun de ces moyens sont examinés. Cela, c'est sciemment que nous l'avons voulu faire, afin que la sacro-sainte Eglise romaine, que dirige l'Esprit Saint, puisse choisir et tenir la voie qui offre le plus d'avantages et le moins de défauts. »

La rectification du nombre d'or, employé par l'Eglise pour déterminer la date de Pâques et des autres fêtes mobiles, est l'objet propre du travail entrepris par Jean de Murs et par Firmin de Belleval ; mais la discussion des erreurs qui affectent ce nombre suppose la détermination rapide du rapport entre la durée de l'année solaire et la durée de la révolution lunaire ; la définition et la mesure de l'année solaire sont ainsi ce qui s'offre, tout d'abord, à l'attention de nos deux astronomes ; ce qu'ils en disent dans leur opuscule nous retiendra seul ici ; au beau travail de M. Kaltenbrunner1, nous renverrons le lecteur désireux de connaître ce que dit cet opuscule touchant le calendrier lunaire et le nombre d'or.

Du premier traité, consacré à l'année solaire, le premier chapitre a pour titre : De l'année solaire traie et de sa durée. Citons en entier ce chapitre, où se trouve plus d'une intéressante indication 2 :

« L'année solaire vraie est la durée de la révolution du Soleil selon le Zodiaque du premier mobile. La durée en a été trouvée différente par les divers auteurs, comme le montre la présente table.

Jours

Heures

Minutes

Secondes

Abrachis (Hipparque)

Alphonse

» Dans cette table, les fractions décimales [du jour], données par les auteurs, ont été converties en fractions habituelles de l'heure.

i. Kaltenbrunnek, Op. laad . , \>\> . 3i5-32i. 2 . Ms. cit., fol . 5i, ro.

- l'astronomie parisienne. —

Page 1