Félix Lajard, Op. laud., p
2. Cette édition, la seule que nous ayons pu consulter, après une épitre dédicatoire et une table des questions, commence en ces termes : Excel lent issirni sacre théologie doctoris domini Egidii Romani archipresulis Bituricensis : ordi/iis fratrum heremitarurn divi Augustini : super secundo libro Sentent iarum : opus preclarissimum incipit. Lecolophon est le suivant : Egidii Romani Bituricensis ecclesie archipresulis super secundo Sententiarum opus dig-nissimum Lucas Venetus Dominici F. librarie artis peritissimus : summa cura et dilig-entia Venetiis impressit. Anno salutis Mcccclxxxij. Nonas Maij : Joanne Mocenico inclyto Venetiarum principe ducante.
3. /Egidii Romani Scriptum super secundo libro Sententiarum, Dist. XIV, qusest. X : De congreg-atione aquarum ; éd. cit., 245e fol. (non numéroté) à partir de l'incipit, col. c.
l'aSTROiNOMIE LATINS AU MOYEN AGE
matière du ciel, il écrit 1 : « Et ista est conchisio quam fecimus in nostro exaemeron de opère sex dierum. » Il écrit encore un peu plus loin 2 : « Ut patet ex nostro exaemeron. » D'autre part, dans Y Opus hexaemeron, nous l'entendons citer le Commentaire au Second livre des Sentences, où cet ouvrage se trouve lui-même cité : « Ut in quœstionibus nostris super Secundo Sententiarum, ubi de immaterialitate angelorum tractavimus, diffiisius diximus 3. » — « Quam opinionem in prsecedenti capitulo credimus sufftcienter improbasse, et in qudeslionibus nostris super Secundo Sententiarum l. » L'Opus hexaemeron et le Commentaire au Second livre des Sentences sont donc deux ouvrages que Gilles a rédigés simultanément. Achevés après 1309, ils sont plus anciens, probablement, que les traités de Jean de Jandun et, très certainement, que le Commentaire aux Sentences composé par Durand de Saint Pourçain ; mais les pensées qu'ils renferment sont plus neuves, sinon plus récentes, que celles dont s'inspirent ces derniers ouvrages ; il est donc naturel que nous les étudiions après eux.
Gomme le Scriptum super Secundo libro Sententiarum, Y Hexaemeron de Gilles de Rome a été imprimé à plusieurs reprises ; on cite, notamment, les éditions données à Venise, en 1521, à Padoue, en 1549, enfin à Rome, en 1555. C'est à cette dernière s que nos citations se rapporteront.
Après avoir établi par des raisons théolbgiques l'existence d'un ciel suprême immobile, l'Empyrée, Gilles de Rome traite à plusieurs reprises du mouvement de la huitième sphère, qui contient les étoiles fixes, et des sphères inférieures, qui portent les astres errants. Dans le débat qui a mis aux prises l'Astronomie des sphères homocentriques et l'Astronomie des excentriques et des épicyles, il n'hésite pas à prendre parti pour cette dernière, et cela parce qu'il ne voit pas le moyen, sans le secours de cette Astronomie, de sauver les apparences. C'est, d'ailleurs, de Simplicius qu'il s'inspire lorsqu'il prend ainsi l'observation pour juge suprême du conflit ; et il n'a garde de nous le cacher.
« 11 faut remarquer, dit-il 6, que nous prétendons qu'il existe
1. yËGiDii Romani Op. laud., Dist. XII, pars II, quaest. III : De materia per comparationem ad corpora caelestia ; éd. cit., fol. 226, col. b.
2. /Egidii Romani Op. laud.. Dist. XII, pars II, quaest. IV : De materia per comparationem ad suam unitatem ; éd . cit., fol. 228, col. a.