‹ La système du monde (volume 3)Chapitre 75 sur 287 · Denifle et Châtelain, Op. laud., t. III, p. 584, note · texte numérisé non relu

Denifle et Châtelain, Op. laud., t. III, p. 584, note

7. Denifle et Châtelain, Op. laud., t. III, pièce n<> 1669, pp. ii3-n4*

L'ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE

Munich, sont des rédactions composées par des élèves d'après renseignement de çe maître.

Nous sommes portés à croire qu'il en est de même de toutes les Questions attribuées à Buridan par ces manuscrits.

Ainsi les Questions sur les quatre livres des Météores sont assurément des reportata ; la rédaction en est extrêmement différente de celle des Questions sur les météores, inachevées, mais authentiquement composées par Jean Buridan, dont on possède plusieurs textes manuscrits ; copiées à Prague, en 1366, par Jean Krichpaum d'ingolstadt, elles pourraient bien faire partie, comme d'autres Questions écrites, au même temps, par le même copiste, des notes recueillies à Paris par Albert de Ricmersdorf.

Des remarques analogues peuvent être faites sur les Quœstiones super libris de Cœlo et Mundo que des manuscrits de la Bibliothèque Royale de Munich attribuent â Buridan. Ces Questions, un manuscrit les donne, purement et simplement, comme de « maître Jean Buridan, recteur de Paris1 ». Un autre texte dit seulement qu'elles ont été « discutées à Paris selon maître Jean Buridan2 ». Suivant cette dernière formule, nous aurions sous les yeux une rédaction de Questions sur le De Cœlo faite d'après l'enseignement que Buridan donnait à Paris, mais non pas un écrit tracé par la plume même du physicien de Béthume.

Ces diverses réflexions nous ont paru nécessaires pour connaître le degré de confiance que nous pourrions accorder aux manuscrits de Munich lorsque nous leur demanderions des renseignements sur la pensée de Buridan; mais elles ont, croyons-nous, un autre intérêt, et très vif. Elle nous montrent, en effet, avec quelle ardeur les maîtres allemands recueillaient l'enseignement du plus illustre professeur de la Faculté des Arts de Paris, avec quelle sollicitude ils en faisaient profiter leurs compatriotes. Au moment où Prague, où Vienne s'éveillaient à la vie intellectuelle, où des écoles s'y ouvraient, qui allaient devenir d'importantes universités, c'est renseignement de Paris qui tombait des chaires récemment inaugurées. La science des pays d'Empire, à sa naissance, ne fut qu'une émanation de la science parisienne. C'est une vérité dont nous devrons nous souvenir lorsque nous retracerons le développement pris, au temps de la Renaissance, dans ces pays, p>ar l'enseignement des universités.

1. Expliciunt questiones super libris de celo et mundo magistri Johannis Byridani rectoris Parisius (Bibliothèque Royale de Munich, cod. lat. 19651, fol. io5, col. b).

2. Parisius disputate secundum Dominum Johannem de Biridano (Bibl. Royale de Munich, cod. lat. 761, fol. 84).

l'astronomie PARISIENNE. — 11. LES physiciens 135

Venons à notre principal objet, à l'exposé des doctrines astronomiques de Buridan.

C'est en commentant la Métaphysique d'Aristotc que Buridan nous fait connaître ses opinions touchant les systèmes astronomiques.

Nous devons à Buridan deux écrits distincts sur la Métaphysique d'Aristote, une Exposition et des Questions.

L'Exposition n'a jamais été imprimée, mais on en connaît divers exemplaires manuscrits, dont un est conservé à la Bibliothèque Mazarine1 ; c'est celui que nous avons consulté.

Dans cet écrit, Buridan se borne, en général, à donner lin commentaire littéral du texte d'Aristote, sans exposer ses propres idées. Aussi, à propos de l'Astronomie, n'aurons-nous à relever que de très courtes réflexions.

De ces réflexions, qui nous semblent dignes d'être notées, voici la première 2 :

« Selon le Commentateur, il faut remarquer que certains mouvements des étoiles nous apparaissent à la vue simple sans aucun instrument ; d'autres nous apparaissent à l'aide des instruments ; d'autres enfin nous apparaissent à la suite d'une déduction de la raison. Parmi ceux qui nous apparaissent par l'observation (per speciem) et les instruments, quelques-uns sont, en outre, si lents que nous ne les pouvons reconnaître et apercevoir durant la vie d'un seul homme ; ainsi en est-il du mouvement que l'on dit être celui de la huitième sphère, et qui est d'un seul degré en cent ans. Il y a donc beaucoup de mouvements que l'homme ne peut connaître s'il n'admet les observations faites par les anciens astronomes. »

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