IIIe partie, $ III, n
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drons —, ce titre courant, selon toute probabilité, sur l'entière largeur du texte. Or, la lacune centrale devait assurément être considérable. Cette matière de la propagation du droit de cité, qui en occupait l’espace, était riche ; et Claude, le contexte antérieur le démontre, n’était pas homme à ne point profiter largement de cette richesse, à ménager les ressources de son érudition. Le développement égalait donc en longueur ou peu s’en faut, il n’est pas téméraire de l’aflirmer, celui que Claude consacre à la royauté et aux autres formes du gouvernement. Celui-ci occupe une trentaine de lignes du texte épigraphique ; celui-là en occupait aussi une trentaine ou presque, et par conséquent aussi la partie initiale manquante. Les deux colonnes de la Table Claudienne comptent respectivement quarante, quarante-et-une lignes. Ceux-là ne doivent pas être loin de la vérité, qui estiment, par exemple Allmer !, qu’elles ont perdu le tiers au moins de leur hauteur primitive, et peut-être même la moitié, en tenant compte de l’espace nécessaire au titre, dont les lettres étaient sensiblement plus grandes que celles du texte.
Ce qu'il n’y avait certainement pas dans la trentaine de lignes de notre lacune initiale, c'était la proposition précise que nous n'avons pas trouvée dans la partie restante du discours ?. Claude n’y disait pas qu’il allait demander aux sénateurs d’accueillir la requête des primores Galliae Comatae et de leur accorder le ius honorum, puisque fort avant dans le contexte ultérieur, vers le milieu de notre deuxième colonne, il s’avertit que le moment serait venu de le dire: Tempus est iam... detegere te quo tendat oratio tua. Il avait cependant énoncé au commencement de son discours, avant la première phrase conservée, une proposition, mais plus générale, qui signifiait qu'il allait demander au sénat l'adoption d’une mesure à laquelle istam rem se réfère évidemment, mesure qui risquerait de choquer parce qu'elle serait une innovation, deprecor, ne quasi novam istam rem introduci exhorrescatis. Claude avait annoncé sans doute qu'il allait proposer un élargissement de l’éligibilité sénatoriale en faveur d’une nouvelle catégorie de provinciaux, les citoyens romains des villes pérégrines dont la condition juridique venait immédiatement après celle des communautés romaines et latines, colonies ou municipes, les civitates foederatae. Le raccord entre la proposition que nous conjecturons et la suite se faisait très bien ainsi: la mesure risque de choquer au premier abord parce qu’elle est une nouveauté, mais non plus quand on considère que toute l’histoire de l’état romain ne fut qu’une série d'innovations, sed illa potius cogitetis, quam multa in hac civitate novata sint.. Nous conjecturons en outre que cette proposition était formulée dans les lignes qui précédaient immédiatement la partie conservée, et que Claude faisait valoir pour la recommander une raison exprimée dans la phrase dont les derniers mots n’ont pas péri, qu’elle était conforme à l'intérêt général de Rome, .…summae rerum nostrarum.… utile. ‘
Si l’on veut conjecturer ce qu’il y avait encore au début du discours et avant cette proposition, le moins hasardeux sera sans doute de supposer qu’il y avait l'essence, non pas de tous les éléments du discours refait par Tacite qui ne sont pas représentés dans le texte de la Table Claudienne, mais, parmi ceux de ces éléments que nous avons revendiqués au moins avec probabilité pour Claude, de celui qui ne rentrait pas plutôt dans la grande lacune médiane, l'opposition des deux politiques à l'égard des étrangers, celle des villes grecques prétendant vivre toujours uniquement de leur propre substance et celle de Rome s’enrichissant et se rajeunissant toujours de substance nouvelle. Prolixe dans son langage et prodigue de son savoir, Claude avait, cela va presque de soi, dilué ce que Tacite concentre en deux phrases, dont pas un mot n’est superflu: Quid aliud exitio Lacedaemoniis et Atheniensibus fuit … ? At