Periocha du livre
4. Découverte d’un monument dépendant du temple d’ Auguste à Lyon, dans Bullelin des Anliquaires de France, séance
du 9 juin 1859 ; et Académie des Inscriptions et Belles Lettres, compte rendu de la séance du 1er juillet 1859. Comp. Martin- Daussigny, Revue du Lyonnais, 1864, vol. 28 de la 2e s., p. 381 et suiv.
5. Congrès archéologique, 29° session, Lyon, 1862, p. 418 et suiv. ; Notice sur la découverte de l’amphithéâtre et des restes de l’aulel d’' Auguste à Lyon, Caen, 1863 ; Revue du Lyonnais, 1863, vol. 26 de la 2e série, p. 171 et suiv. Comp. Allmer, Sur la question de l'emplacement de l'autel de Rome et d’ Auguste au confluent de la Saône et du Rhône, ibid., p. 98 et suiv.
6. Hirschfeld, C. I. L., XIII,p. 227 et suiv. ; Allmer et Dissard, Musée de Lyon, Inscriptions antiques, I, 3, 13, 62 ; II, 5, 21, 25 et suiv., 44 et suiv., 183 et suiv., 327 et suiv.
7. Hirschfeld, ibid., p. 234 sq. ; Allmer et Dissard, ibid., II, 197 ; Jullian, Histoire de la Gaule, IV, 173 et 437 ; Bloch, dans Lavisse, Histoire de France, I, 2, p. 231 ; etc. L
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rèrent, les jardins et principalement les vignes de la côte Saint-Sébastien. Jusqu'au début du seizième siècle, ce territoire fut à peu près désert, divisé en quelques grandes propriétés sans habitations !.
5. Une de ces propriétés appartenait alors depuis peu à Roland Gribaud, marchand-drapier et hôtelier ; elle comprenait un carré de vigne, la Vinagère, qui occupait, à l’ouest d’une ligne prolongeant vers le nord l’axe de l’actuelle église Saint-Polycarpe, l'emplacement des maisons 17, 19, 23, 25 et 32, de notre rue Burdeau (ancienne rue du Commerce) avec le sol de la voie publique au droit de ces immeubles. Là gisait, au moins en partie, la Table Claudienne, non loin de sa place primitive. En 1524, Roland Gribaud s’y bâtit une maison et fit arracher ensuite, pour le convertir en jardin, le carré de vigne. Il est probable que le bronze fut exhumé au cours de ces travaux. L’inventeur ne soupçonna certainement pas la valeur inestimable de sa trouvaille fortuite, et donc ne s’inquiéta sans doute point de la compléter. D'autre part, les amateurs d’antiquités qui la virent, qu’elle intéressa et qui eurent dessein de l’acquérir, se gardèrent peut-être trop prudemment de lui en révéler tout le prix, de peur qu'il ne la leur fît payer trop cher. Sur le lieu exact de la découverte, ce sont des pièces d’archives ? qui nous renseignent, la tradition littéraire étant imprécise ; d’autres pièces d’archives suppléent heureusement à son insuffisance pour presque tout le surplus de l'historique.
La plus importante de ces pièces, la plus instructive quant aux circonstances de la découverte par Roland Gribaud et de l’acquisition par la Ville, c’est, au recueil des Actes consulaires de Lyon #, le procès-verbal de la séance du 12 mars 1528, ancien style — 1529, nouveau style. En voici la copie textuelle, omission faite seulement de quelques passages sans utilité pour nous et addition de quelques virgules ou points et virgules qui faciliteront la lecture.
L'un des conseillers, Claude Bellièvre, le futur président du parlement de Dauphiné, expose à ses collècues que « puis quatre mois en ca», donc en novembre 1528, « Roland Gribaud... faisant myner une scienne vigne en la couste St Sebastien a trouve deux grandes tables dareyn ou cuyvre antiques et toutes escriptes, lesquelles sont en vente et sont enviees par plusieurs personnes qui ont pouvoyr de largement despendre ; a dit aussi que les a veues et que. ce sont antiquailles aussi belles que guieres se treuvent, et que sont dignes destre par la Ville retirees pour estre affigees en quelque lyeu a perpetuelle memoire, mesmement que en icelles lames et tables y a parolles servans a congnoistre l’ancienne dignite de ceste ville de Lion ; et que pour ces causes il a traicte avec led. Roland pour avoir lesd. tables, faignant toutesfoys que cestoit pour luy mesmes, a ce que icelluy Roland ne teint le pris plus roydde, s’il sentoit que la Ville eust desir les avoir; et tant a fait avec le moyen et ayde de st Hucgues Delaporte », un autre des con-
1. Voir J.-J. Grisard, Miscellanées lyonnaises. Odyssée de la Table de Claude, Lyon, 1896 ; travail imprimé d’abord dans Revue du Lyonnais, 1895, 5e série, vol. 19, p. 205 et suiv., 329 et suiv., 456 et suiv. ; vol. 20, p. 163 et suiv., 409 et suiv., 499 et suiv. ; — voir spécialement le premier chapitre intitulé : Topographie historique du lerriloire de Saint-Sébastien.
2. Publiées par Grisard, ibid., ch. 2 : Découverte de la Table de Claude.
3. Archives municipales, BB, 46, fol. 68. Ce document a été publié pour la première fois dans Nouvelles archives slalisliques, historiques et liltéraires du déparlement du Rhône, 11, 1832, p. 59-60, par A(ntoine) P(éricaud), d’après la copie souvent fautive de l’abbé Sudan; puis par Monfalcon, dans les deux éditions de sa Monographie de la Table de Claude, celle de 1851 et celle de 1853, p. 4, note 1, d’après la copie meilleure, sinon parfaite, de C.-L. Grandperret ; par Dissard, dans Bulletin épigraphique de la Gaule, II, 1882, p. 298 et suiv. ; par Allmer et Dissard, dans Musée de Lyon, Inscriplions anliques, I, p. 55 et suiv. ; enfin par J.-J. Grisard, Odyssée., p. 39. J’ai collationné avec l'original la copie, à peu près irréprochable, de Grisard.
4. Les années commençaient alors au dimanche de Pâques, qui fut cette année-là le 28 mars. Cf. Mas-Latrie, Trésor de Chronologie, p. 307.
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seillers présents, « que icell, Roland sest joinct a les bailler.pour cinquante huit eseuz soleil, que ne seroït grande despense a la Ville, veu que le metail que poyse six quintaulx trente livres vault a fondre trente deux ou trente quatre escuz», qu'il serait malheureux que ces pièces fussent ou bien transportées ailleurs ou bien envoyées à la fonte, «et que, si elles demeurent iey et seront afligees en lieu ou les gens savans en puissent avoir la lecture, ce sera grande consolation aux gens de la Ville quant ils verront ung certain tesmoygnage de la dignite de leurs majeurs, et servira deguillon a vertu pour imitation desd. majeurs... ; quov ouy, mess'$ les Conseillers ont advise daller ensemble veoir lesd. lames, lesquelles ils ont veues en ce mesme instant, et... ont pour la Ville retenu lesd. tables pour les causes susd., lesquelles sur le champ ils ont fait apporter en lostel commun ou elles seront afligees au lieu ainsi que par eulx sera par cy apres advise; et pour ce ont ordonne estre baille aud. Roland icelle somme de LVIIT escuz soleil pour l’achapt desd. deux tables, dont a este passe mandement, avec acte que icell. Roland promettra par serement que, s'il recouvre les pieces en tout ou en partie que par rupture sont distraictes d’icelles tables, il les dellivrera incontinant a la Ville en retenant tant seullement la valleur du metail a lestime commune, avec aussi acte que, si mesd. s'$ les Conseillers veillent faire sercher lesd. tables.., faire le pourront a leurs despens et en desdommageant led. Roland, si aucun dommage il supportoit par lad. serche » 1.
Le prix que la Ville paya pour la Table Claudienne ainsi sauvée grâce à l'intelligente initiative de Claude Bellièvre, cinquante huit écus soleil ou environ 650 francs?, valeur intrinsèque, correspond, en tenant compte de la puissance de l'argent à l’époque de l'acquisition, d’après les calculs non concordants de Dissard et de Grisard, faits l’un et l’autre dans les dernières années du dix-neuvième siècle, à 2.450 % ou à 1.980 francs‘. Le « mandement » au trésorier de la Ville et le reçu du vendeur étaient aux dossiers des archives municipales 5 ; mais on n’y a trouvé mention ni d’aucun payement supplémentaire pour remise de morceaux manquants ni d’aucune dépense pour recherche de ces morceaux. Il semble donc que ni le propriétaire du terrain ne découvrit rien de plus ni le Consulat ne donna suite à l'idée d'y faire des fouilles. Il n’en eut pas d’abord le loisir, il n'eut même pas celui d’aviser immédiatement à linstallation prévue des fragments acquis. Quelques semaines après l'acquisition, le 25 avril 1529, éclata l'orage révolutionnaire qui menaçait depuis assez longtemps, la Grande Rebeine, dont la répression sanglante dura plusieurs mois $.
1. CF. ce passage de Menestrier, {isloire civile ou consulaire, p. 108, inexact et vague pour le surplus, maïs surtout ne définissant pas équitablement le rôle essentiel joué par Bellièvre : « Ce fut l’an 1528 que les douze Conseillers Echevins achetèrent ces Tables de bronze de ceux qui les avoient fortuitement trouvées, dans la montagne de Saint-Sébastien, en cherchant des eaux pour une fontaine, et Claude de Bellièvre.., l’un des douze Echevins, fut cause que l’on mit ce monument dans l’Hôtel de Ville et proposa ces deux inscriptions pour accompagner les deux tables. ». Monfalcon, Monographie, 2e édit., p. 3 et suiv., ayant lu le procès-verbal, est plus équitable : « Claude Bellièvre eut la bonne pensée d’en faire l’acquisition pour la ville... Bellièvre proposa aux conseillers municipaux l’acquisition pour la ville des deux morceaux de bronze. Sa proposition fut agréée... »
2. Environ 650 est l'évaluation de Dissard ; Grisard compte 657. Si on calcule d’après les deux valeurs de l’écu au soleil indiquées pour le règne de François I‘ par Dieudonné, dans Blanchet et Dieudonné, Manuel de numismalique française, II, p. 315, soit 11 fr. 60 et 11 fr. 35, on obtient . 672 fr. 80, suit 658 fr. 30.