Je ne connais pas l’édition princeps, de 1602 ou
nan
4. Au dix-neuvième siècle, la bibliographie de la Table Claudienne s’ouvre par une courte notice de Millin, Voyage dans les départemens du Midi de la France, 1807, I, p. 452-453. Millin a vu en 1804, dans le vestibule de l'Hôtel de Ville, les « célèbres tables de bronze découvertes en 1528 sur la montagne de Saint-Sébastien » et qui contiennent une partie — car il y avait primitivement trois tables et non deux — du « discours que l’empereur Claude prononça au Sénat pour y faire obtenir aux Gaulois le droit d’admission ». À quels Gaulois ? Millin se plaint de n’avoir pu collationner le texte, nous avons vu pourquoi, avec les copies qui en ont été publiées et dont il dresse une liste incomplète, quoique nombreuse 1. Suit une comparaison sommaire du discours authentique avec le discours refait par Tacite selon la coutume des historiens anciens.
2. Quelques années après, dans son Cabinet des Antiques du Musée de Lyon, 1816, p. 41-49, Artaud ?, avec une brève notice et la mauvaise traduction de Brossette empruntée à Colonia, insère la copie des «tables de l’empereur Claude, en airain, gravées en deux colonnes », lesquelles furent «trouvées en 1528 sur la colline de Saint-Sébastien en creusant un canal destiné à amener les eaux d’une fontaine », autre emprunt à Colonia, et contiennent les deux tiers seulement — il en manque «un tiers dans la hauteur » — du discours impérial qui avait pour objet «de faire admettre au Sénat de Rome les grands personnages d’une partie dé la Gaule Chevelue ou lyonnaise et de leur faire accorder les mêmes privilèges qu'avaient obtenus ceux de Narbonne, de Vienne et de Lyon ». Pour sa définition, Artaud, par bonheur, s’est à peu près complètement affranchi de Colonia. Sa copie, exécutée lors du transfert de la Table au Musée, en capitales, avec les accents, la division en lignes respectée, est presque irréprochable #, Un rapprochement indiqué entre l'original et Tacite, dont le passage correspondant, texte et traduction, vient en appendice#, n’ajoute pas grand’chose au réel mérite de sa fidélité et de sa plénitude aussi, vu qu’elle fut prise avant le mastiquage malencontreux de la brisure verticale,
3. Mais le premier travail considérable sur la Table Claudienne, que nous rencontrions au dix-neuvième siècle, est un mémoire que Niebuhr lut à l’Académie des Sciences de Berlin le 5 décembre 1811 et qui fut imprimé dans ses Xleine Schriften, IT, p. 26-44, en 1843, sous ce titre: Einige Bemerkungen zu den Fragmenten der Rede des Kaisers Claudius 5. Ce qui l'intéresse spécialement, c’est le passage sur la légende étrusque de Servius Tullius. Mais il y a aussi dans son travail une partie générale importante.
1. Dans la bibliographie de Millin, il y a citation d’un ouvrage que je ne connais pas : Breval, Remarks on France, Germany, Ilaly and Spain, 1, 232.
2. Il faut rapprocher d’Artaud, comme nous l’avons déjà fait dans l’historique, Cochard, Descriplion de Lyon, p. 147 et suiv., et Guide du Voyageur à Lyon, p. 115. Ici comme là Cochard se trompe en datant la découverte de 1529 et surtout en définissant le discours selon l’hérésie de Menestrier et de Colonia. Dans la Descriplion il insiste sur l’unité de la Table; dans le Guide, il l’affirme de nouveau.
3. Seules et légères fautes de lecture : 1. 33 : im... p. in... ; 1. 57 : beneficium p. benificium. Artaud a marqué les points séparatifs des mots, mais sur la ligne et non pas à mi-hauteur, ce qui nuit un peu à la belle apparence épigraphique de la copie.