P. 131 et suiv
5. Voir en outre, du même Niebuhr, Roemische Geschichte, 3° éd., I, p. 422 et suiv. — 4° éd., I, p. 399 et suiv. = 5° éd. I, p. 215 et suiv.
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Ne connaissant le monument que par la reproduction de Menestrier, il fait cette hypothèse malheureuse, fondée sur le postulatque Tacite n’a pas bouleversé le plan de Claude: l’ordre traditionnel des deux tables doit être interverti, et entre les deux il y en avait au moins une autre. Raisonnant sur la prolixité excessive de l’orateur, il suppose en outre que nos fragments ne représentent pas le quart de l'ensemble primitif. Plus heureux partout ailleurs, Niebubr voit très bien l'erreur grossière de Menestrier, niant le rapport manifeste du discours de Tacite avec le discours épigraphique, et l'erreur grave de Juste Lipse, identifiant la Comata avec la Transalpine tout entière. Il définit parfaitement la catégorie des requérants et l'objet de la requête, par conséquent le but du discours impérial. Son appréciation littéraire du discours authentique est très bonne, ainsi que le surplus de son rapprochement entre les deux versions. Enfin, Niebubr corrige le premier l’une des fautes certaines du graveur, appellitatus (1. 22) en appellitavit \; pour la seconde, adcensus (1. 77), il propose a census, déjà meilleur épigraphiquement, d’une facon, que a censuw de Juste Lipse et, d’une autre, que ab censu de Brotier ; s’il n'avait pas, en lisant ênter pluris (L 33-384), méconnu ou ignoré la conjecture de Brotier, in pluris, la sienne comportant trop de lettres pour combler le vide, on pourrait dire que Niebuhr a presque achevé l’œuvre de la critique verbale. Ce qui manque toujours le plus, c’est l’exégèse du détail. Le travail de Carolus Zell va nous en fournir un essai, imparfait sans doute, mais bien supérieur à la très médiocre ébauche de Brotier.
4. Le travail de Zell, la première monographie de la Table Claudienne, Claudii imperatoris oratio super civitate Gallis danda, parut d’abord en 1833? ; puis Monfalcon le réimprima dans la seconde édition de sa propre monographie, en 1853, avec un choix seulement des notes, mais avec une lettre complémentaire de l’auteur, J.-B. Monfalconio Carolus Zell …, die 8 octobris MDCCCLII ; enfin Zell le publia de nouveau dans ses Opuscula academica, 1857, p. 96 et suivantes, avec la lettre à Monfalcon et, p. 245-6, un Æpimetrum observationum ad Tabulam Claudianam. Cet appendice concerne des travaux de Comarmond et de Mommsen dont nous aurons à reparler. Ajoutons que le même Zell, dans le Dilectus inscriptionum Romanarum, qui constitue la première partie de son Handbuch der roemischen Epigraphik, 1850, insère, p. 294-297, n° 1693, le texte de l'Oratio imperatoris Claudii in senatu habita de civitate Gallis danda, avec un bref apparat critique peu sûr, et, dans la deuxième partie de ce manuel, Anleitung zur Kenntiss der roemischen Inschriften, 1852, p. 279, ainsi que dans le supplément intitulé Leges municipales ete, 1857, p. 18, donne quelques nouvelles indications bibliographiques.
La monographie de Zell comprend deux parties, une grande dissertation préliminaire, une édition du texte avee commentaire. Le plan de l'introduction, il le trace lui-même excellemment: « 4e primum quidem disseramus de inscriptionis conditione, fatis, editionibus, additis aliquot observationibus de Principum orationibus, quoniam ad hoc ipsum genus inscriptio pertinet ; tum de Claudianae orationis occasione el argumento; postremo de Claudii Imperatoris facultate oratoria et in universum et qualem hac oratione ostenderit ». Pour mon propre commentaire j'aurai souvent à me servir de matériaux fournis par cette introduction ainsi que par les notes dont Zell accompagne le texte. Qu'il me suffise à présent de dire que l'une et les autres, malgré des lacunes et des erreurs, sont indispensables à qui veut étudier sérieusement la Table Claudienne ; après avoir constaté cependant, d’abord, que Zell, comme Niebubhr, propose d'in-
1. Roem. Gesch., pass. cité, note 922 ; cf. déjà 1re éd., I, p. 393, note 59 ; II, p. 171, note 84.
2. Comme programme académique de Fribourg-en-Brisgau. Je ne connais pas cette première édition. Elle figure au catalogue de notre bibliothèque municipale, mais sans numéro d’ordre qui permette de l’y retrouver.
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tervertir l’ordre traditionnel des colonnes, mais sans ajouter qu’elles ne se suivaient pas, et croit qu’une troisième colonne au moins contenait la fin du discours, une quatrième au moins le sénatus-consulte : ensuite, qu'il ne sait pas au juste si notre fragment représente deux colonnes ou deux tables : « T'abula aenea quae in duas partes fracta est, dit-il dans la monographie ! ; mais dans le Dülectus : «In duabus aeneis tabulis »— ; puis qu’il combat l'erreur de Menestrier sur l’objet du discours et celle de Juste Lipse sur l'identité des requérants ; enfin, que sa bibliographie, même avec les additions successives, reste fort incomplète. La lettre à Monfalcon, bien que l’auteur en donne cette définition qui conviendrait mieux à la monographie elle-même: « Hoc tantum mihi proposui, ut paucis his pagellis summam quasi subducerem eorum, quae adhuc de nobilissimo illo monumento Lugdunensi disputata sunt» —, cette lettre, tenant compte des travaux les plus récents, ceux de Boissieu et de Zumpt, traite de la fondation, de la dénomination et du statut juridique de Lyon. Quant au texte de la Table Claudienne, Zell le reproduit deux fois dans la monographie, d’abord en capitales ?, les fins de ligne marquées par un trait vertical, les deux fautes du graveur appellitatus et adcensus, ainsi que la lacune tm...uris, respectées ; puis en minuscules, cette lacune comblée par la conjecture inter pluris, et la deuxième faute corrigée, a census, mais la première faute maintenue, quoique la nécessité de la correction appellitarit soit affirmée en note; avec références à Nicbuhr pour toute cette partie critique. Le Dilectus répète la copie en minuscules de la monographie.
5. On a le droit de passer rapidement sur l’œuvre de Monfalcon, qui vient après Zell, et le devoir de la juger sévèrement. Sa Monographie de la Table de Claude eut, en 1851, l'honneur immérité d’une première édition * «officielle » et de « caractère monumental », qui serait négligeable si elle ne contenait les six maonifiques planches reproduisant l'inscription en grandeur naturelle, reproduction d’ailleurs légèrement inexacte, parce qu’elle est antérieure à la réapparition, dont nous avons parlé plus haut, de plusieurs lettres assez longtemps cachées par un mastic de soudure, La seconde édition * parut en 1853, plus maniable, expurgée, grâce à Boissieu et à Zell, d’un certain nombre d’erreurs grossières, munie d’une division en chapitres et paragraphes qui facilite la lecture, mais non sans faire mieux ressortir le désordre de la composition et le manque de discernement avec lequel l’auteur verse, dans ce prétendu travail monocraphique, tout ce qu'il sait ou croit savoir, non seulement sur la question, mais sur ses alentours proches ou lointains; ce qu'il croit savoir, bien plus souvent que ce qu'il sait. L’érudition de Monfalcon a de l’étendue, mais elle n’a ni solidité ni précision. Son esprit, dépourvu de vigueur, incapable d’applica-