Gravure de Déchaud, d’après un estampage de l'original
5. Monographie de la Table de Claude. Nouvelle édition, Paris, Victor Didron (Lyon, Aimé Vingtrinier), MDCCCLIII; grand in-4°, 50 p. pour la monographie ; 15 p. pour la dissertation et la lettre de Zell ; vi p. pour la lettre de Monfalcon
à Lenormant (+6 pages de liminaires non numérotées) + une planche hors texte (échantillon du fac-simile en grandeur naturelle).
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tion, ne digère pas et ne domine pas cet amas de connaissances moins que médiocres. Autant ses idées sont approximatives et confuses, autant son exposition est prolixe, discursive, incohérente. Dans tout ce fatras il y a beaucoup plus à laisser qu'à prendre, et à peu près! tout ce qui vaut la peine d’être retenu se trouve déjà dans Zell. Le texte en capitales, établi d’après les planches de la grande édition, est inexact pour la raison dite plus haut ?. La transcription en minuscules, ponctuée à tort et à travers, est arriérée par rapport à celle de Zell: la correction a censu, qui n’était plus alors la meilleure, est mentionnée, mais non la correction appellitavit ; la restitution in pluris ou inter pluris est ignorée, adoptée la conjecture impossible et surannée in decuris. La traduction ne vaut pas sensiblement mieux que celles du dix-septième et du dix-huitième siècle, Bref, lire Monfalcon, c’est perdre son temps et le perdre sans plaisir, sans plaisir intellectuel ni moral: car l’homme n’a pas plus de charme que l’auteur, avec sa vanité ridiculement chatouilleuse et ses airs de suflisance arrogante. Aussi négligeable que la première, ou presque, serait cette seconde édition, si Monfalcon n’y avait inséré la dissertation de Zell. Avant de connaître Zell et d'écrire sa monographie, il s'était occupé de la Table Claudienne, des Tables Claudiennes, comme il disait alors, dans son Histoire de la ville de Lyon, 1851, I, p. 89-98*, où il suivait, quant à l’objet du discours, lhérésie de Menestrier retouchée par Colonia, et donnait une traduction pire encore que celle de la monographie. Ayant eu l’occasion de revenir sur le même sujet, quand il réédita (1857) la Recherche de Spon en collaboration avee Léon Renier, il ne mit rien de nouveau dans ses notes, sauf, je crois, cette fable que des fouilles pratiquées en 1528 pour retrouver les parties manquantes du document n’avaient eu aucun succès (p. 200). Enfin, dans son Histoire monumentale de la Ville de Lyon, 1866, I, p. 54 et suivantes , VIT, p. 113 et suivantes., Monfalcon répète approximativement la seconde édition de sa Monographie, tenant compte ça et là des travaux parus depuis sur la Table Claudienne, et il donne, outre sa transcription en capitales rectifiée, un fac-simile du texte (I, planche XIE, avant la page 55) d’après la graveur de Chevron, faite pour le livre de Comarmond dont nous allons bientôt parler.
G. Vers le même temps que Monfalcon, deux autres Lyonnais, de valeur très inégale, avaient à s'occuper de la Table Claudienne, Alphonse de Boissieu et Comarmond; le premier — à qui Monfalcon reconnaît la priorité 5 —, dans ses Inscriptions antiques de Lyon, Lyon, 1846-1854, p. 133-144. S'il y a quelques erreurs de détail parmi le chapitre que Boïssieu consacre au discours de Claude, dans l’ensemble et pour l’essentiel son étude est juste et solide, bien composée d’ailleurs et sobre, ce qui la distingue du fatras de Monfalcon. Il doit beaucoup à Zell et, modeste autant que consciencieux, il ne le dissimule point. Je citerai, pour montrer qu'il a vu nettement l’objet du discours impérial, ce titre un peu trop long: « Table de bronze gravée en deux colonnes et contenant une grande partie du discours que l’empe-
1. Notons pourtant que Monfalcon refuse, et motive assez bien son refus, de croire avec Zell que la phrase fameuse Tempus est iam.. doive être considérée comme une interruption des sénateurs (p. 31 et 45).
2. En outre, Monfalcon écrit beneficium, p. benificium (1.57); faute corrigée dans la réédition dont nous parlerons plus bas, celle du tome VII de l'Histoire monumentale.
3. Voir aussi, II, p. 1288 et 1301. La Revue du Lyonnais avait publié, en 1851, nouv. série, I, p. 359 et suiv., 447 et suiv., II, p. 30 et suiv., la première rédaction de la monographie, du moins «tout le travail littéraire, à l'exception des textes, du commentaire et de quelques notes trop étendues » ; en 1852, même série, V, p. 47 et suiv., la réponse de Monfalcon au mémoire de Benech dont nous parlerons bientôt, réponse passée en substance dans la deuxième rédaction de la monographie.
4. Il l'avait déjà donné dans la réédition de Spon, après la page 204.