vol. 5 de la 2° série, p. 47 et suiv
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la substantielle ampleur, la précision lumineuse. Il y traite, dans toute son étendue historique et sa complexité juridique, le difficile problème du développement progressif de la cité romaine, et les solutions qu'il apporte, neuves ou non, sont le plus souvent convaincantes. De cette vaste investigation il prend comme point de départ la Table Claudienne, et l’exégèse de la Table Claudienne en bénéficie largement. Ce qu'il affirme avec une modestie excessive des travaux de ses devanciers immédiats, on peut l'affirmer en toute vérité de lui-même : après son travail il ne reste pas grand’ehose à dire de nouveau sur le discours de Claude, du moins sur la deuxième colonne de ce discours. Comme Zell pour les questions de détail, il nous fournira pour les grandes questions les éléments les plus abondants et les plus sûrs de notre com-
mentaire. Au début de son étude, avant de s'engager dans l'examen du problème général, Zumpt définit excellemment l’occasion et l’objet de la requête gauloise, ainsi que la qualité des requérants, moins heue reusement sans doute, nous l’avons déjà vu, la proposition de Claude au sénat et la décision du sénat. En L conclusion, p. 374 et 379, revenant à la Table Claudienne, il explique le premier, avec une justesse presh que parfaite, pourquoi ce document fut conservé à Lyon, bien que Lyon — il insiste ici, p. 335, 368, 374, sur cette affirmation de son précédent travail —., jouissant dès l’origine du ius honorum, n’eût pas bénéficié de l’intervention impériale et du décret sénatorial. L’explication serait parfaite, si Zumpt avait dit, non pas à Lyon, mais près de Lyon, sur le territoire fédéral et non sur le territoire colonial.
| .. 40. Vers le mêmetemps, Auguste Bernard, en 1863, consacraità la Table Claudienne un chapitre, p: 37 et suivantes, de son livre sur le Temple d’ Auguste, où, reprenant une opinion déjà émise par lui en 1847 !, il situait ce temple (c'est-à-dire l'autel) des Trois Gaules, non pas, comme ses devanciers, dans le quartier d’Ainay, mais dans le quartier des Terreaux, et lui assignait pour emplacement celui de l'actuel | Palais Saint-Pierre ou de l’église Saint-Nizier. La Table Claudienne, l’une des deux tables, selon lui, qui revêtaient les faces latérales du piédestal d’une statue équestre érigée à Claude dans les parages du monument, une troisième table où était gravé le décret du sénat revêtant la face postérieure, nous aurait conservé presque toute la deuxième moitié du discours impérial, car ce qui manque en haut des colonnes serait peu de chose. Rectifiant les erreurs de Monfalcon et de Boissieu, Bernard fixe exactement la date de l'acquisition par la Ville au 12 mars 1529, nouveau style. Il reproduit la texte intégral de Tacite, récit et discours, avec la traduction Nisard. Il affirme que le sénatus-consulte donna satisfaction à tous les Gaulois requérants et que les Éduens eurent seulement l'avantage de bénéficier les premiers du ius honorum. Du texte épigraphique il insère d’abord un fac-simile ? qui a les mêmes qualités et le même défaut que ceux de ses devanciers immédiats, puis une transcription en minuscules avec quelques corrections ou prétendues corrections de graphie, celles-là même que faisaient ses devanciers*, et aussi quelques remarques intéressantes sur la gravure de l'original. Pour la lacune des lignes 33-34 il adopte la restitution de Brotier, in pluris ; pour l’une des deux fautes certaines du graveur la correction de Juste Lipse,
. 1. Dans un article de la Revue archéologique intitulé : Mémoire sur le lemple dédié à Auguste au confluent du Rhône el de la Saône. À ce mémoire, Martin-Daussigny avait répondu par sa Dissertation sur l'emplacement du temple d’ Auguste au confluent du Rhône et de la Saône, dans Revue du Lyonnais, 1848, série 1, vol. 28, p. 10 et suiv., réimprimée en 1853, où il soutenait l’opinion traditionnelle. Mais tandis que Martin-Daussigny, désabusé par les découvertes récentes, se faisait le champion de la localisation aux abords de Saint-Polycarpe (Notice sur la découverte de l'amphithéâtre et des restes de l'autel d’'Auguste à Lyon, ibid., 1863, série 2, vol. 26, p. 171 et suiv.), Bernard maintenait la sienne (Lettre à M. Allmer.…., ibid., 1864, 2° sér., vol. 28, p. 461 et suiv.). Voyez aussi, Le lemple d’ Auguste, p. 140 et suiv.
2. La gravure n’est pas signée. | 3. Quot p. quod, rursus p. rusus, etc.
a censu au lieu de adcensus ; mais pour l’autre, appellitatus, 1 repousse toute correction, alléguant qu'ainsi le sens est excellent, mais ne le prouvant pas, hélas ! dans sa traduction, Cette traduction, qu’il affirme devoir être littérale, et qui ne se recommande pas en général par son exactitude, sans compter que plusieurs fautes de sens la déparent, est la partie la plus faible d’un travail très consciencieux, sinon très utile en somme.
41. L. de la Saussaye a publié sa très médiocre Étude sur les Tables Claudiennes, d’abord en 1870 ?, dans la Revue du Lyonnais, p. 193 et suivantes ?, puis allégée quelque peu, mais nullement amendée, en 1876, dans Les six premiers siècles littéraires de la Ville de Lyon, p. 37 et suivantes. Le pluriel du titre est bizarre, l’auteur sachant et disant que nous avons une seule table à deux colonnes. Selon lui, il y en avait primitivement une deuxième, à deux colonnes aussi, l’une pour la fin du discours, l’autre pour le sénatusconsulte ; ou bien la fin du discours suffisait à remplir les deux colonnes et il y avait une troisième table pour le sénatus-consulte. L'ensemble du travail donne la même impression de légèreté que ladite menue inconséquence. Si le savant numismate ne trouve «ni obscurité, ni losgueurs, ni hors d'œuvre dans le discours de Claude », ce n’est sans doute pas manque de clairvoyance et fausseté de jugement ; nous aimons mieux croire que c’est manque d'application et répugnance à l'effort nécessaire. Au lieu de s’astreindre à l'examen sérieux de questions difficiles dont beaucoup n'étaient pas de son domaine familier, il a préféré se mettre aux mains de Monfalcon, dont il déclare la monographie remarquable, dont il reproduit «l'excellente traduction ». Avec un tel guide, l’erreur nombreuse était fatale. En voici quelques exemples qui, d’ailleurs, ne sont pas tous imputables au guide lui-même: Claude cite un grand nombre de sénateurs de la puissante colonie de Vienne, entre autres Vestinus * ; Persicus compte des Allobroges parmi ses ancêtres ; l’allusion aux sénateurs romains originaires de Lyon vise Claude et Claude seul, bévue empruntée à Zell, lorsque celui-ei l'avait depuis longtemps répudiée?; les Gaulois accordèrent à Drusus, pour sa guerre contre les Germains, des subsides inouïs %.. L'objet de la requête gauloise est assez bien défini, mais notre auteur veut — hérésie absolument neuve — que Claude, dans le même discours, en sa qualité de censeur, ait soutenu deux propositions, l’admission au sénat des principaux de la Gaule Chevelue et l’exclusion des sénateurs italiens indignes. Cette fausse conception du sujet gâte forcément son analyse du discours, où malgré cela tout n’est pas mauvais. Mais, en somme, le travail de La Saussaye ne mériterait guère d’être lu, s’il n’avait été le premier à signaler, dans un commentaire de la Table Claudienne, la découverte, par Noël des Vergers ”, d’une nécropole de Vulci dont les peintures se rappor-
1. « Lequel ayant toujours été appelé ainsi par lui, du nom de son chef Caelius, changea de nom, car le nom toscan était Mastarna, et fut appelé ainsi que je l’ai dit » (lignes 21 et suiv. du texte). Bernard est de ceux qui prennent l’ancien nom de Servius Tullius pour un ancien nom du mont Caelius.
2. A la même date aussi dans les Mémoires de la Société lilléraire de Lyon, 1870-71, p. 37 et suiv.
3. Une note de la p. 193 nous avertit que nous avons ici la deuxième édition considérablement augmentée d’un travail déjà publié en 1859, tbid., n. s., 18, p. 288 et suiv. (— Mém. de l’ Acad. de Lyon, VII, p. 274 et suiv.).
4. Lignes 51 et suiv., où Vestinus est formellement désigné comme membre de l’ordre équestre.
5. Lignes 64 et suiv:: non pas des Allobroges, mais un Allobrogique ou vainqueur des Allobroges.
7. Voir sa lettre à Monfalcon, p. 13, dans la 2e édition de la Monographie de celui-ci.
8. L.77 ; ce qui est inouï, c’est le recensement de la Gaule dont s’occupait Drusus au moment où cette guerre a éclaté.
OT Étrurie el les Eng 1862-4, II, p. 47 et suiv. Noël des Vergers a fait le rapprochement. Voici comment il raconte la découverte de la Table Claudienne : « En 1524, un paysan, travaillant à sa vigne sur une des collines qui entourent la ville de Lyon, trouva les deux tables de bronze » ; et voici comment il définit le sujet du discours : « où était gravé un discours prononcé par Claude en faveur de cette cité, sa ville natale ». Cf. Beulé, Journal des Savants, 1865, p. 184 et suivantes.
tent, comme un passage bien connu du discours, à la légende étrusque de Servius Tullius . Sachons-lui gré aussi d’avoir le premier publié, d’après la gravure de Chevron revue par Séon, un fae-simile complet du document que Boissieu, Comarmond, Bernard et Monfalcon avaient donné avant lui en fac-simile incomplet à cause du mastiquage découvert et détruit seulement en 1868. Et ajoutons tout de suite que le même fac-simile complet sera bientôt reproduit dans la réédition de Nicolay par Advielle et dans le Bulletin épigraphique de Florian Vallentin.
412. Cette réédition de Nicolay (1881), que nous avons mentionnée plus haut, contient, avec le facsimile en question inséré après la page 51, quelques notes de Vachez sur la Table Claudienne, p. 39 et suivantes, à rapprocher de celles qu’il avait mises déjà, sur le même sujet, dans sa traduction partielle 1877, p. 75 et suivantes, de l'itinéraire de Golnitz, mentionnée également au rang chronologique de l’ouvrage original. La plupart de ces notes sont justes, mais d’une justesse assez peu méritoire pour l’époque, comme, par exemple, son affirmation que nous avons, non deux tables, mais une seule à deux colonnes, que le discours concerne, non Lyon, mais la Gaule Chevelue ; tandis que certaines erreurs ou omissions y paraissent choquantes, par exemple, la fausse opinion surannée qui implique, sous forme, il est vrai, d’une simple hypothèse, la reconnaissance des Lyonnais avec celle dés Gaulois dans l’apposition à perpétuité du monument commémoratif. Vachez connaît la note critique de Léon Renier, dans le nouveau Spon *, sur la faute du graveur adcensus ; il connaît aussi la découverte des peintures étrusques de Vulei. Sa traduction française du discours de Claude, quoiqu'elle soit en général trop libre et ne soit pas exempte de contre-sens {, marque un progrès notable sur celles de Monfalcon et Comarmond.
43. Onpeut endire autant, éloge et critique, de celle que Florian Vallentin a publiée dans son Bulletin épigraphique de la Gaule, 2, 1882, p. 300 et suivantes. Le traducteur s’est bien rendu compte qu'il entreprenait «une chose difficile et délicate ». Il s’est efforcé « de suivre le latin le plus près possible ». Pourtant ses inexactitudes sont nombreuses et il a commis quelques erreurs graves sur le sens5. Dans ce même volume du Bulletin épigraphique, Vallentin donne, p. 3 et suivante, la traduction d’un article de Hirschfeld dans les Wiener Studien, dont nous aurons à reparler, et ajoute, à propos du fac-simile d’après la gravure de Chevron-Séon reproduit par la planche I, avec quelques rectifications légères à ce fac-simile, une brève notice historique et descriptive de la Table Claudienne, erronée sur plusieurs points, date de la découverte, poids et dimensions du bronze, provoquant ainsi une lettre rectificative de Dissard insérée aux pages 298 et suivantes. |
44. A cette lettre Dissard joint une copie ° du procès-verbal officiel de la séance consulaire où fut votée l'acquisition de la Table Claudienne, copie meilleure que celle de Sudan utilisée par Boissieu, et