‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 38 sur 126 · RAR · texte numérisé non relu

RAR

l'être une reproduction qui n’est pas purement mécanique !. La transcription en minuscules, avec les accents épigraphiques et une ponctuation moderne, outre que les fins de ligne n’y sont pas indiquées, dénote une méthode critique indécise: elle n’est ni strictement conforme à l'original ni entièrement amendée. La plupart des lacunes sont comblées dans la mesure du possible, celles des fins de ligne de la première colonne au moyen soit des conjectures évidentes de la vulgate soit, pour la ligne 33, de la conjecture de Brotier, in [plu]ris ; celle du début de la deuxième colonne au moyen de la restitution proposée par Hirschfeld ; mais celle du début de la première colonne, pour laquelle Hirschfeld a proposé aussi une restitution non moins probable, demeure telle quelle. Les graphies insolites quod (1. 6) et benificium (L 57) sont respectées, mais rusus (1. 33) devient rursus. Appellitatus (1. 22), qu'Allmer tient à bon droit pour une faute du graveur, n’est pas corrigé, mais adcensus (1. 77) devient a census. La ponctuation, plusieurs fois incorrecte, laisse déjà soupçonner que le sens n’a pas toujours été bien compris, soupcon confirmé par l'examen de la traduction. Cette traduction est la partie la plus faible du travail d’Allmer. Il déclare qu'il emprunte le plus possible à celle de Florian Vallentin et qu'il fait aussi de notables emprunts à celle de Dissard. Exact plus que celui-ci et autant à peu près que celui-là, il commet plus d'erreurs graves que Pun et que l’autre? ; il marque une régression plutôt qu’un progrès. Les notes insérées entre le fac-simile et la transcription sont excellentes, tant qu’elles sont épigraphiques: la compétence spéciale d’Allmer triomphe dans l’énumération minutieuse des particularités de la gravure ; mais dès qu'elles deviennent critiques, elles trahissent son inexpérience de latiniste: il impute comme fautes au graveur, catégoriquement ou dubitativement, des graphies qu'il ne connaît pas et des expressions qu'il ne comprend pas 5. La bibliographie qui suit les notes n’est ni complète ni méthodique. Le long commentaire exégétique, -à la fois historique et littéraire, qui termine le travail, est intéressant, substantiel, juste le plus souvent ; s’il ne résout pas, et tant s’en faut, toutes les difficultés du texte, il témoigne d’un grand effort méritoire pour se mettre à la hauteur d’une tâche que ni personne encore n'avait assumée ni Allmer lui-même, malsré le profit judicieusement tiré des travaux antérieurs, n’a point assumée, avec un plein succès ?.

16. Alatraduction française près, Otto Hirschfeld était sans aucun doute le savant le mieux qualifié pour mener à bien, s’il l’avait voulu, l’entreprise où Allmer ne pouvait réussir qu'imparfaitement. Mais il s’est borné, au xr11€ volume du Corpus inscriptionum latinarum, 1899, p. 232-235, n° 1668, et il devait s’y borner — « de insigni hoc monumento pluribus disserere huius loci non est », dit-il avec raison, p. 235 — à une double reproduction du texte intercalée entre, d’une part, une notice historique et des-

1. Le jugement de Hübner, Exempla scriplurae epigraphicae latinae, p.279, n° 799, estun peu moins favorable: « Neque Allmeri labula, quamquam accurale facta… usquequaque satisfacil ».

2. Voici les plus graves et les plus manifestes: 1. 3 : primam occursuram mihi, « qui m’est à moi-même venue la première à l'esprit »; — 1. 9 : supervenere alieni el quidam exlerni, « d’autres, quelques-uns même étrangers, sont survenus »; — 1. 24: Tarquini Superbi mores, « les mœurs hautaïines de Tarquin » ; — 40 : illoc polius reverlar civilalem, « je reviendrai de préférence à notre cité » (erreur corrigée dans le commentaire, p. 93 : « mais revenons de préférence à notre proposition : la cité... ») ; — 1. 54 et suiv. : ut dirum nomen latronis taceam, « je veux taire comme infâme le nom de ce voleur »; — sans compter, 1. 64 et suiv., le contre-sens traditionnel et presque universel sur quam paenilel Persicum.…

3. Nous aurons à préciser plus loin, dans les notes critiques, à la fin de la description.

4. C’est par erreur qu’Allmer cite « Claude Gros de Boze, dans les Mémoires de l’Académie des Inscriplions », sans préciser davantage. Le travail de ce savant, dans ledit recueil, vol. 3, p. 247, a pour titre : «: Monument découvert à Lyon en 1719, au pied de la montagne de Fourvières… ».

5. J'aurai souvent à citer dans mon commentaire celui d’Allmer, et ces citations justifieront l’appréciation sommaire dont je dois me contenter ici.

aa —

criptive, sommaire et substantielle, d'autre part, un apparat bibliographique très riche, quoique très bref, et quelques remarques critiques ou exégétiques. Il reproduit le texte !, d’abord en capitales, avec les accents et la ponctuation épigraphiques, en dessinant les lignes sinueuses des cassures horizontale et verticale, si bien que cette reproduction a presque l’aspect et la valeur d’un fac-simile; puis, en minuscules italiques, les fins de ligne indiquées par des traits verticaux, avec ponctuation moderne, non sans commettre ici la même inconséquence que nous avons constatée chez Allmer. Car, si les autres lacunes des fins de ligne sont comblées au moyen des compléments de la vulgate, celle de la ligne 33 au moyen de la conjecture de Brotier, àn [plluris, et en outre celle qu'Orelli a supposée pour la fin de la ligne 11 au moyen de la conjecture de celui-ci, ts, enfin celle du commencement de la seconde colonne, dans la mesure du possible, au moyen de sa propre conjecture, ….plotest sane] novo mfore] et divus Auglustus av] onc{ulus], il laisse tel quel le commencement de la première colonne pour la restitution duquel il a cependant fait une conjecture non moins probable... sum] mae rerum no[straru}m sit ultile… S'il corrige, L. 77, adcensus en a census, il ne corrige pas, 1. 22, appellitatus, quoiqu'il approuve la correction appellitavit. S'il conserve les autres graphies insolites, il remplace, L. 6, quod par quot. Par les deux restitutions que nous venons de citer, Hirschfeld a bien mérité de la critique du texte. Il avait formulé et motivé la première dans cet article des Wiener Studien, 3, 1881, p. 268, que Vallentin et Allmer ont traduit. Dans deux autres articles que nous avons déjà cités et utilisés pour l'historique, il apporte sa contribution à l'exégèse; le plus ancien s'intitule: Die Haeduer und Arverner unter rômischer Herrschaft (Sitzungsbes richte de l'Académie de Berlin, 1897, p. 1099 et suiv.), le plus récent : Le conseil des Gaules (Antiquairede France. Livre du Centenaire, 1904, p. 211 et suiv.). Nous avons eu et nous aurons encore fréquemment à citer du même savant les introductions qu'il a composées dans le XIIIe volume du Corpus pour les chapitres Ara Romae et Augusti, p.227 et suivantes, et Lugudunum, p. 248 et suivantes, ainsi qu’au XIIe pour l’article Vienna, p. 217 et suivantes ?.

47. Unsavant professeur d'Oxford, qui s’est acquisune juste notoriété par ses études de droit public romain, E.-G. Hardy, a publié sous ce titre: The Speech of Claudius on the Adlection of Gallic Senators, dans Journal of Philology, XXXIT (1913), p. 79-95, une traduction anglaise et un commentaire de la Table Claudienne ; traduction souvent trop libre, nettement erronée quelquefois — ces erreurs seront notées le moment venu —, inférieure en somme à la traduction allemande de Lehmann dont nous allons parler ; commentaire intéressant, sinon toujours convaincant, mais partiel, puisqu'il ne concerne guère que l'identité des requérants gaulois, la nature et la raison d’être de leur requête, le rapport du discours authentique avec la refonte de Tacite. Sur la raison d’être de la requête gauloise, Hardy s’est expliqué de nouveau dans sa réponse à un article de H.-J. Cunningham, Claudius and the Primores Galliae (Classical Quarterley, VIII, 1914, p. 132-3). Cette réplique (ibid., p. 232-8) porte le même titre, ainsi que la riposte de Cunningham (abid., IX, 1915, p. 57-60). La principale question débattue entre les deux érudits est celle de savoir ce qui manquait à ces Gaulois pour qu'ils pussent être sénateurs romains. Nous verrons que ni l’un ni l’autre ne la résout de façon satisfaisante. Et nous aurons alors * ou ailleurs * occa-

Page 1