‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 40 sur 126 · Cf. plus haut, $ I, n° 4 à la fin · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, $ I, n° 4 à la fin

5. Autre analyse et bibliographie, par Gaheis, ibid., col. 2838.

6. Vaut-il la peine de mentionner, dans Lyon ancien et moderne (1838-1843), de Léon Boitel, Mlle Jane Dubuisson, I, p. 89 «la fameuse table de bronze trouvée en 1529 », discours de Claude « pour faire accorder à Lyon... le titre de co-

ut

tionné, avec sa monographie de la Table Claudienne, l'Histoire de la Ville de Lyon et l'Histoire monumentale de la Ville de Lyon, par Monfalcon: dans la première il se montre aussi arriéré que Clerjon, dans la seconde il ne fait guère que répéter la monographie. Le dernier venu, Steyert, dans sa Nouvelle histoire de Lyon, 1, 1895, p. 235, dit très peu de chose, ne dit rien de nouveau, et gâte parfois la vérité qu'il emprunte. Où a-t-il vu que Claude, voulant ouvrir «à l’aristocratie gauloise l’accès des plus hautes charges de la République et l'entrée du Sénat », soumit «son projet » au vote des sénateurs après « l'avoir mûrement préparé » ? et que, «suivant l'usage », probablément «on construisit un temple » où le discours de Claude, la Table Claudienne, fut affiché ? Steyert est de ces esprits à travers lesquels les idées ne peuvent passer sans se déformer.

Parmi les historiens de la Gaule romaine, celui que nous aurions eu à nommer le premier, Amédée Thierry 1, déforme la réalité encore plus arbitrairement. Contre «le projet de l’empereur qu'appuyaient les réclamations pressantes de toutes les cités transalpines ».…, « de violentes clameurs s’élevèrent ». Le fragment que nous possédons du discours impérial «est rempli, quant à ce qui concerne la province Narbonnaise, de noms propres peu ou point connus ». Cette Table Claudienne a été découverte à Lyon « dans une fouille ». Le projet du prince passa « malgré l'opposition d’un grand nombre de sénateurs ». Ceci vaut beaucoup mieux: « Un sénatus consulte fut rendu, qui conférait à la Gaule Chevelue » — non, aux notables de certaines cités seulement — «le droit d’entrée dans le Sénat. La loi fut appliquée en premier lieu aux Éduens.. ». Thierry ne donne ni le texte ni la traduction du discours authentique ; il ne donne que la traduction du discours refait par Tacite. — Nous aurons à citer plus d’une fois Herzog, Galliae Narbonensis provinciae Romanae historia, 1864: car, s’il n’a pas étudié spécialement la Table Claudienne, il en a parlé assez longuement au sujet du statut juridique de Vienne et de Lyon (p. 166-169), et d’autres passages encore de son livre nous serviront pour notre commentaire de la deuxième colonne.— 11 en sera de même du chapitre de Mommsen sur les provinces gauloises dans son Histoire romaine, vol. IX, 1887?, quoiqu'il n'ait parlé ni de la Table Claudienne ni du discours de Claude, se bornant à constater que Claude ouvrit la carrière des magistratures sénatoriales aux Gaulois qui étaient déjà citoyens romains, d'abord aux Éduens, puis à ceux des autres cités 3. En outre, nous avons eu et aurons à utiliser, pour des points précis de critique ou d'exégèse, des ouvrages et des articles du même savant, qui seront désignés au moment voulu 4. — Par contre, Ernest Desjardins a cru devoir insérer une étude spéciale de la Table Claudienne dans sa Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, XIT, 1885, p. 279-292. Elle est moins que médiocre, à peu près tout entière négligeable. La planche XIV reproduit le texte; ce n'est pas véritablement un fac-simile, mais une transcription en capitales avec l'accentuation et la ponctuation épigraphiques, où les lacunes sont comblées en minuscules. Ni appellitatus (1. 22) n’est cor-

lonie »? Dans le même ouvrage, 11, p. 163, Léon Boitel répète, lui aussi, Menestrier-Colonia, mais en rajeunissant l’erreur par une métathèse sans doute involontaire : Claudé aurait fait élever la colonie lyonnaise au rang de municipe. — Ant. Péricaud aîné, Noles el documents pour servir à l’histoire de la Ville de Lyon (publiés d’abord dans l'Annuaire de Lyon, années 1838 et suiv.), puis réunis en volume, n’est guère moins arriéré, 1r° partie, p. 6: « L'empereur Claude fait élever, par le sénat, Lyon... au rang de cité romaine, et ordonne que tous les Gaulois qui étaient citoyens romains pourraient êlre reçus sénateurs ». Le même, p. 50, raconte exactement la découverte et l’acquisition de la Table Claudienne d’après le procès-verbal consulaire (copie de Sudan).

1. Histoire des Gaulois, 1828 (1re édition), III, p. 320 et suiv. = 9: éd., 1874, II, p. 417.

2. Traduction française de Cagnat et Toutain. La première édition originale est de 1885.

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4. Sans parler du Manuel des Antiquilés romaines de Marquardt et Mommsen.

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rigé, ni adcensus (1. 77), et aucune note n'indique la nécessité d’une correction. Les erreurs graves abondent dans la traduction !, qui est sensiblement inférieure à celle de Vallentin et même à celle d’Allmer. Pourtant Desjardins a compris, seul jusqu'ici de tous les interprètes français que je connaisse, il a pleinement compris, dans la phrase tot ecce insignes iuvenes (1. 63 et suivantes), le membre quam paenitet Persicum… inter imagines maiorum suorum Allobrogici nomen legere, ainsi que nous le montrerons plus loin ?. Outre les contre-sens, cette traduction a un défaut choquant qui provient de l'idée fausse que Desjardins s’était faite du ton de l'original. Il y a vu « un spécimen du genre familier, et même très familier, introduit dans la harangue politique ». Claude, selon lui, « parle avec un sans-gêne singulier, comme il l'aurait fait dans sa chambre ». Claude, selon lui, se montre en négligé ; il le montre, lui, en débraillé. La notice et le commentaire qui accompagnent la traduction ne contiennent rien de neuf, hormis quelques autres sottises pareilles à ce jugement, en particulier une divagation sur le statut colonial de Vienne ?. — Dans l'Histoire de France publiée sous la direction de Lavisse, vol. I, 2: Les origines : la Gaule indépendante et la Gaule romaine, 1900, p. 230-234, G. Bloch, esprit juste, sérieux, bien informé, définit à souhait la qualité des requérants gaulois, l’objet de leur requête et, par conséquent, celui du discours de Claude, la raison aussi pour laquelle la Table Claudienne fut retrouvée à Lyon, « sur l'emplacement occupé autrefois par l’autel de Rome et d’Auguste et ses dépendances ». L’appréciation littéraire du discours où Claude « se peint tout entier » et la brève comparaison de l'original avec la version de Tacite sont bonnes. On s’étonne que Bloch dise encore « les fameuses Tables Claudiennes », lui qui savait certainement * qu'il n’y en a qu'une, et surtout adopte, lui dont le jugement est droit, adopte en l’agoravant une hypothèse paradoxale de Zell et de Mommsen sur l’attribution de l’apostrophe Tempus est iam....® Le discours de Claude, dit-il, fut fréquemment interrompu par les murmures irrespectueux du Sénat. Bloch est aussi de ceux qui pensent que le plaidoyer du prince pour la cause gauloise n'eut qu'un demi-succès, qu'on accueillit la requête des Éduens, mais qu’on écarta celle des autres. — Enfin, Jullian, dans son Histoire de la Gaule, IV, 1913, p. 173 et suivantes f, plus brièvement, mais non moins exactement que Bloch, fait l'historique, l'analyse et l'appréciation du discours dont le résultat fut, selon lui, l'empereur ayant obtenu sain de cause, l'admission immédiate des Éduens, bientôt suivie de celle des autres 7. Jullian commet ici le même lapsus que Bloch, « tables de bronze ». Mais il ne l'avait pas commis dans un ouvrage antérieur,

1. En voici quelques-unes qui sont, je crois, nouvelles : 1. 16, /ilio nepolive eius,« son fils ou son neveu »;— 1. 28 etsuiv., diclaturae hoc ipso… imperium valentius reperlum apud maiores nostros, « la dictature jugée par nos pères comme pouvant procurer une autorité plus forte » ; — 1. 37 et suiv.. bella a quibus coeperint maiores nostri el quo processerimus, « les guerres entreprises par nos pères et poursuivies par nous » ; — 1. 51, inter paucos ordinis equestris ornamentum, « l'ornement d’un petit groupe de chevaliers ».

2. Nous verrons aussi qu'avant Desjardins Brossette (cf. plus haut, $ IIT, n° 10) a failli comprendre.

- 3. Fustel de Coulanges, Histoire des instilulions poliliques de ia France, 1. L'empire romain.…., p. 51 et suiv., a donné une bonne analyse du discours de Claude, pour laquelle il s’est servi uniquement de la version de Tacile, quoiqu'il connût l'existence de l'original, et il l’a introduite par ce bref historique: « Une loi écarta d’abord du sénat et des magistratures ceux (les Gaulois) qui appartenaient à la Gaule Chevelue. Cette loi fut abrogée au temps de Claude... ».

4. Ayant enseigné l’histoire ancienne et l’épigraphie romaine à la Faculté des Lettres de Lyon, c’est-à-dire au Palais Saint-Pierre. — Moi aussi j’ai écrit « les Lables de Lyon » (Sources de Tacile, p. 330 et 416) ; mais c'était avant mon arrivée à Lyon.

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