‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 47 sur 126 · Ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Ouvr. cité, p

2. Ecriture de l’époque de Claude, bien entendu. Il n’y a aucun motif de retenir la conjecture de Zell (p. 4 sq. de l’édition Monfalcon—p. 101 des Opuscula) que notre exemplaire pourrait être seulement une copie postérieure de la table authentique et contemporaine. Zell ne s’y arrête d’ailleurs pas lui-même. Elle lui est suggérée par l’absence des lettres que Claude avait ajoutées à l'alphabet latin, raison nullement décisive à ses propres yeux. Rappelons que Ze? n’a Connu ni l'original ni aucun fac-simile de la Table Claudienne.

Aves

fantaisie du graveur s’est donné carrière. En allongeant VI de reliquis (1. 20) il n’a pas eu l'intention de marquer que ce mot est une contraction de reliquiis !, puisqu'il a de même allongé les I, par exemple, de S'abinis (10) et de gerendis (15). Son caprice s’est également exercé dans la distribution des apices, ou accents aigus flexueux, qui apparaissent ça et là aux interlignes, posés le plus souvent un peu trop à droite de la lettre qu'ils devraient surmonter ; ces accents désignent toujours des voyelles longues par nature ou par position, mais ils n’en désignent que quelques-unes parmi beaucoup. Il n’y a pas lieu d’en tenir compte dans la transcription du texte en minuscules.

L'arbitraire, et plus encore la négligence du graveur, se montrent enfin dans la ponctuation. Les points épigraphiques de forme triangulaire, à mi-hauteur des lettres, qui servent à séparer les mots et qui devraient les séparer tous sauf à la fin des lignes, manquent fréquemment ; et alors, le plus souvent, l'absence du point séparatif entraîne l’agglutination des deux mots, non seulement s’ils sont en rapport grammatical étroit, comme aduce pour a duce (1. 21), aconsu [libus (1. 31), primamomnium pour primam omnium (1. 2), matregenerosa (1. 13); mais même lorsque la grammaire et le sens les séparent, comme TuscosCaeli(l. 18), deindepostquam (1. 24), quidin (1. 33). Par contre, mais beaucoup plus rarement, il arrive que les points surabondent, qu'ils résolvent un mot composé en ses éléments ?: post modo (1. 58), familiares que (1. T0), in ad sueto (1. 77), quam vis (1. 79), anomalies déjà signalées auxquelles il faut ajouter celle-ci que nul n’a signalée encore : quo que (1. 37). Ici le point anomalique est placé, non pas entre quo et que, mais dans l'intérieur de l'O, en vertu de l'habitude qu'a notre graveur d'utiliser ainsi les courbes des O, C et D finaux, sans doute pour économiser l’espace. Pas plus que de ces agglutinations, il ne faut tenir compte de ces décompositions fantaisistes dans une transcription en minuscules. Celles-ei se rencontrent toutes sauf une, dans la seconde colonne, et celles-là y sont plus fréquentes que dans la première ; à la seconde colonne aussi appartiennent les quelques lettres inachevées. D'où l’on pourra inférer, avec Comarmond#, un peu de lassitude ou d’énervement chez l’ouvrier, mais non pas, je crois, un changement de main.

L'écriture était dorée: on aperçoit encore, dans les angles de certaines lettres, quelques vestiges de cette dorure antique. Suivant Comarmond {il devait en rester beaucoup plus de traces ; maïs on aurait eu, au moment de la découverte, la malencontreuse idée de nettoyer les lettres à fond. Allmer° pouvait se dispenser de reproduire eette assertion en l’air de Comarmond. Qu'en savait celui-ci ? Que lui était-il possible d’en savoir ?

5. Des deux opérations que comporte l'établissement critique d'un texte, la récension et l'émendation, la première est, dans l'espèce de la Table Claudienne, aussi simple que possible. Il n’y a qu’une source, un original facile à lire. Il suffit de le bien lire. On n’y est pas arrivé d'emblée, et tant s’en faut, nous l'avons vu. Mais, aujourd’hui, c’est chose faite. Les variae lectiones de nos témoins, dont aucun n’a vu

1. Par conséquent, il n’y a pas lieu de résoudre, comme l'ont fait presque tous les vieux éditeurs, GALLIS (ligne 78) en Galliis. — Pour cette particularité épigraphique et d’autres, dont nous allons parler, cf. Mommsen, Edict des Kaisers Claudius über das roômische Bürgerrecht der Anauner vom 1. 46 n. Chr., dans Hermès, IV, 1869, p. 99 et suiv., et dans Gesammelle Schriften, IV, 291 et suiv. Ce texte figure au GC. I. L., V, 5050.

. De même dans l’édit de Claude, 1. 25 : {am et si. . Descriplion…, p. 32.

. Ibid.

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