TE
l'original plus complet qu'il n’est actuellement, sont toutes négligeables, n’étant que des fautes de lecture ; je dis leurs variantes, mais non pas leurs conjectures ou corrections.
De l’émendation une partie est facile, celle qui consiste à combler les lacunes finales des lignes de gauche, exception faite pour une seule de ces lacunes. Depuis longtemps les compléments ont été trouvés, ils étaient évidents. Toutefois, avant Orelli, personne n’avait songé à compléter la fin de la ligne 11 par le pronom is, représentant T'arquinius et sujet des verbes qui suivent. Ce pronom, en effet, n’était pas indispensable, mais il est utile, et l’on conçoit le bon accueil qu'a reçu la conjecture d’'Orelli. Une seule lacune était bien moins facile à combler, celle de la ligne 33: quid in. u /ris. Longtemps on l’a laissée béante, aggravée d’une faute de lecture: im... ou imp..., ou bien on n’a proposé que des restitutions inacceptables: Paradin, d’abord! item viris, puis ?, avec Champier, enim viris, qui ne donnent aucun sens; Colonia, in decuris (decuriis), qui a le même vice et qui en a deux autres, le solécisme distribuere in avec l’ablatif, et trop de lettres pour l’espace vide, ce dernier vice corrigé par Comarmond, mais non pas les
deux autres, quand il proposa in curis (curiis). La conjecture démesurément longue de Gôttling 4, im
{perantibus centluriis, a la prétention de signifier quelque chose, qu’elle signifierait d’ailleurs fort mal: l'élection des tribuns consulaires par les comices centuriates. La restitution parfaite à tous les points de vue, in pluris, c’est Brotier qui l’a trouvée avant la fin du dix-huitième siècle, doublement préférable à celle de Niebuhr, inter pluris, et parce que celle-ci est trop longue et parce que distribuere se construit normalement avec in et l’accusatif, non pas avec inter. Quant aux lignes mutilées par lesquelles commencent les deux colonnes, la seconde ligne de la première colonne et la troisième de la seconde se lisent aussi facilement et certainement que si aucune de leurs lettres n’était endommagée ; pour la première ligne de gauche, où les lettres MAERERVMNO sont certaines au commencement et où l’on voit après l’échancrure un S presque intact précédé peut-être d’un reste de jambage vertical, suivi certainement de deux jambages verticaux et d’un V, Hirschfeld a proposé, sans l’admettre dans sa transcription en minuscules, la restitution au moins très probable... sum]mae rerum no[straru]m sit u[tile, qui serait la fin d’une phrase et d’un alinéa ; pour la première ligne de droite, il a conjecturé très vraisemblablement, après Dissard 5, que l’avant-dernier mot, dont l’initiale manque et les cinq autres lettres sont plus ou moins entamées par une oblique remontant vers la droite, devait se lire [plotest et qu'il terminait une phrase; joignant le dernier mot, qui est intact, à ceux qu'il trouve, ou qu'il reconstitue de façon certaine, dans la deuxième ligne, il obtient ce commencement de phrase: sane /novo more] et divus Auglustus avlonc{ulus] meus., novo étant, à part l'O, intact, more réduit à la partie inférieure de sa lettre initiale, VE de et gravemeént mutilé, divus intact, Augustus réduit à ses trois premières lettres, avonculus à once, VM et l'E de meus, VM surtout, fort endommagés.
Le graveur, abstraction faite des caprices ou négligences de sa ponctuation, n’a commis que deux fautes incontestables, appellitatus (1. 22) et adcensus (1. 77), deux mots inconciliables tels quels avee le contexte de leur phrase, le second, même si on le résout en ad census. Nous avons vu que Comarmond a
1. Dans sa copie en minuseules du De antiquo statu Burgundiae.
2. Dans sa copie en minuscules des Mémoires de l’histoire de Lyon ; dans la copie en capitales il laisse la lacune IM... VRIS.