‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 5 sur 126 · Ann., XI · texte numérisé non relu

Ann., XI

3 CSA ino 14;

OR

Qu'est-ce que la Gallia Comata ?*. C'est toute la Gaule transalpine, à l'exclusion de la Narbonnaise ; c'est la Gallia omnis de César? : Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam, qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur ; ainsi qu'il résulte du rapprochement de cette phrase avec celle de Pline l'Ancien ?: Gallia omnis Comata uno nomine appellata, in tria populorum genera dividitur… ; Belgica, Celica eademque Lugdunensis, Aquitanica», en sont les trois divisions, poursuit-il. Quant à la Narbonnaise, il l’oppose à « cetera Gallia »*. C’est, en d’autres termes, l'ensemble des trois provinces, Belgique, Aquitaine, Lyonnaise, formées avec le pays conquis par Jules César. Les communautés de ces trois Gaules impériales n’ont pas toutes la même condition juridique: les plus favorisées sont les civitates foederatae, celles qui possèdent un traité d'alliance avee Rome®. Pline l'Ancien, qui écrivait sous le principat de Vespasien, quelque trente ans après le discours de Claude, en nomme quatre seulement f, les Rèmes et les Lingones en Belgique, les Éduens et les Carnutes en Lyonnaise, Nous ne possédons aucun autre témoignage qui nous permette d’allonger cette liste empruntée sans doute aux Commentaires d’Agrippa ?, datant par conséquent du principat d’Auguste. Lorsque Tacite dit que les primores en question jouissaient déjà d’un foedus, il s'exprime évidemment de façon peu exacte; il veut dire nécessairement que ces notables appartenaient à une communauté fédérée: Rome n'avait pas conclu alliance avec des individus. Individuel au contraire était le second avantage dont ils jouissaient, le droit de cité romaine, individuel ou au moins familial %. Parce qu'ils étaient ou avaient été magistrats municipaux, honoribus apud suos functi, où bien parce qu'ils avaient rendu, eux ou leurs . ascendants, quelque service à la puissance suzeraine, ils avaient acquis eux-mêmes ou reçu en héritage la qualité de citoyens romains. Mais ils ne la possédaient pas intégralement, Autrefois on aurait dit qu'ils étaient citoyens sine suffragio *, sans être électeurs ni, à plus forte raison, éligibles ; depuis qu'il n’y avait plus de corps électoral hormis le sénat, ce qui manquait à leur droit restreint, c'était seulement l’éligibilité aux magistratures sénatoriales, le us honorum, le ius adipiscendorum in urbe honorum. Ce fut done

l’objet de leur requête.

1. Vertranius Maurus, Île premier commentateur de Tacite qui se soit servi de la Table Claudienne, a très bien défini tant la Gallia Comata que les primores en question (Ad Taciti Annalium... libros… nolae; Lugduni, 1569, p. 123). Mais déjà Juste Lipse confond la Comata avec la Transalpine et commet toute l’inexactitude qu’implique le titre ci-dessus, lequel d’ailleurs est de lui. Voir la bibliographie, $ III, n° 14. ;

Page 1