Correction de Halm ; le manuscrit : al
moins distingués soient passés chez nous ? Leur postérité demeure et son amour pour cette patrie ne le cède pas au nôtre. Quelle autre cause perdit Lacédémoniens et Athéniens, malgré leur force militaire, sinon qu'ils écartaient les vaincus comme étant d’une autre race ? Au contraire, notre fondateur Romulus fit preuve d’une telle sagesse que, bien des peuples, le même jour, il les eut pour ennemis, puis pour concitoyens. Des étrangers ont régné sur nous. Confier des magistratures à des fils d’affranchis n’est point, comme bien des gens le croient faussement, une innovation récente: au temps antérieur de notre peuple on le fit souvent. Mais contre les Sénonais nous avons combattu, dira-t-on: apparemment, les Volsques et les Éques jamais ne rangèrent en face de nous leurs armées en bataille ! Nous avons été pris par les Gaulois: mais aux Étrusques nous avons donné des otages et nous avons passé sous le joug des Samnites. Et pourtant, si l’on fait la revue de toutes les guerres, nulle ne s’acheva dans un laps de temps plus bref que celle des Gaules ; depuis, ce fut la paix continue et fidèle. Déjà par les mœurs, les arts, les alliances familiales confondus avec nous, qu'ils nous apportent leur or et leurs richesses, plutôt que d'en jouir séparément. Toutes les institutions, pères conscrits, qui maintenant sont regardées comme très anciennes, furent nouvelles: les plébéiens admis aux magistratures après les patriciens, les Latins après les plébéiens, les autres nations de l'Italie après les Latins. Celle-ci vieillira également, et ce que nous soutenons aujourd’hui par des exemples, sera au nombre des exemples ».