‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 59 sur 126 · III · texte numérisé non relu

III

J"Tbid., 4,

9. Et hoc, par anticipation : Claude n’a encore constaté aucune divergence entre les sources, mais après celle-ci il va en constater une autre, celle qui concerne l’origine de Servius Tullius,

10. Hoc inter auclores discrepat, locution non classique, plus rare que discrepant ou dissentiunt inter se auctores in hoc où de hoc (cf. Tacite, Ann., IV, 65 : nam scriptores in eo dissentiunt). On en trouve plusieurs exemples chez Tite Live, 22, 61, 10 : Mirari magis adeo discrepare inler auctores,quam quid veri sit discernere queas ; 29, 25, 1 : Quantum numerum {ransporlatum sit. inter auctores discrepal : 38, 56, 5 : Nec inter scriplores rerum discrepat solum, sed... Sans inter auctores, Id., 22, 36, 9 : Ilud haudquaquam discrepat.. ; Suétone, CL, 44; Ubi autlem et per quem... discrepat. Etc.

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tous les auteurs donnaient la première version, hormis le seul Pison qui l’avait jugée inacceptable pour une raison péremptoire de chronologie. L'imprécision de Claude semble bien démontrer qu'il n’a pas connu l'opinion motivée de Pison, rapportée par Denys d'Halicarnasse !, et qu’il n’a eu d’autre source que Tite Live. De ses trois mots sur l’origine maternelle de Servius Tullius, captiva natus Ocresia, Claude n’en doit que deux à Tite Live qui, dans le discours de Canuleius, au lieu du nom de la captive donne l'indication de sa patrie, captiva Corniculana natum, et fait de même dans son récit du premier livre? La mère de Servius est appelée Ocresia par Ovide, Pline l'Ancien et Plutarque # ; Ocrisia, par Denys. Invariable ou peu s'en faut ® sur l’origine maternelle, la tradition romaine était très diverse sur l’origine paternelle, libre ou servile, humaine ou divine ‘, que Claude néglige complètement, et à bon droit. Ce qu'il dit lui suffit à prouver que Servius Tullius était un étranger. Il ne cède point ici à la tentation de laisser voir qu'il en sait davantage. Le contraste est frappant de son extrême sobriété en ce qui concerne la version romaine avec son abondance diffuse en ce qui concerne la version étrusque. Sobriété, dis-je, extrême, presque excessive: car, si captiva dénote l’origine étrangère, captiva Corniculana la dénoterait encore mieux. Mieux aurait valu sacrifier, comme nullement significatif, le nom de la mère que celui de la patrie. S'il oppose la seconde tradition à la première, s’il étale largement la version étrusque, c’est peut-être qu'elle lui semble plus vraisemblable ; c’est surtout parce que, n'étant point banale, il espère qu'elle piquera la curiosité de son auditoire et donnera une idée avantageuse de son érudition historique. Ce que Tite Live, son maître, n’a pas dit et sans doute ne savait point, il le sait, lui, et le dit.

Les autres données de ce développement sur les rois de Rome sont tellement générales que pour elles la question des sources précises ne se pose pas. Ainsi l'appréciation du règne de Servius Tullius, regnum summa cum rei publicae utilitate optinuit, concorde en substance avec celle de Tite Live ?: regnavit… ila ut bono etiam moderatoque succedenti regi difjicilis aemulatio esset; et avec celle de Cicéron : is, qui mihi videtur ex omnibus in re publica vidisse plurimum ;: mais elle ne se rattache directement ni à celle-ci ni à celle-là, ni à aucune autre. Elle résume l'opinion qu’en lisant les historiens Claude s’est faite luimême de ce roi. Il n’emprunte non plus à qui que ce soit, il tire de ses notions personnelles la matière de la phrase sur Tarquin le Superbe et la révolution qui mit à la place de la royauté le consulat. Point n’est besoin de supposer qu'il avait sous les yeux ou dans la mémoire le passage où Tite Live appelle les consuls annuos magistratus ?, ni celui où, un peu plus loin !, est caractérisé ainsi le changement de régime: annuum imperium consulare factum est, quand il écrivit: ad consules, annuos magistratus, administratio

1. IV,6 et 7. Cf. Münzer, Caeles Vibenna….., dans Rhein. Mus., 53, p. 609, note 1, 2. 39,5. Au ch. 38, 4, l’historien a mentionné Corniculum parmi les villes du Latium prises par Tarquin l’Ancien, 3. Ovide, F'astes, VI, 627 ; Pline l'Ancien, XX X. VI, 204 (variante de B : Ocrisia) ; Plutarque, De fort. rom., 10. 4, IV, 1 et 2. Selon F. Münzer, p. 609, note, c’est à Verrius Flaceus (cf. Festus, p. 174), en relations avec la famille impériale (Suét., Gramm., 17) que Claude devrait ce nom propre. 5. Cicéron, De rep., 2, 37 : Servium Tullium, quem ferunt ex serva Tarquiniense nalum.

6. Outre les passages plus haut cités d’Ovide, Pline l'Ancien, Plutarque et Denys, voir Cicéron, De rep., II, 21, 37 ; Tite Live, I, 39,5. Tite Live refuse de croire à l’origine servile ; il ne l’impute à Servius Tullius que pour le compte d’autrui, les fils d’Ancus Marcius (40, 3), Tarquin (47, 10), Canuleius (IV, 3, 12). Sur la légende de Servius Tullius, cf. Schwegler, Rômische Geschichte, 1, p. 717 et suiv.

Tu 488:

8 Derrep, I, 210 07.

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