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A. Vespas,, 9,
5. J’adopte pour ces mots — mis non pôur l’ensémble du passage — l'interprétation de Cunningham, Class. Quarl., IX, p. 58 (cf. ibid., VIII, 132) contre celle de Hardy, ibid., VIII, p. 285: coloniis. atque eliam quae in provinciis erant, qui
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entre villes d'Italie et provinces, Italiens et provinciaux, font voir qu'il ne s’agit pas d’une innovation de Vespasien: le sénat, pour ne parler que du sénat, se recrutait dans toute l'Italie dès avant Vespasien et dès avant Auguste; il se recrutait dans certaines parties des provinces depuis Auguste!, Vespasien n'avait pas plus innové pour les provinces que pour l'Italie, I avait largement puisé à cette double source au préjudice de la source urbaine, plus largement que ses devanciers immédiats. Il avait fait bénéficier de.ses lectiones et de ses adlectiones un grand nombre de novi homines, Italiens ou provinciaux, au détriment des nobiles, des vieilles familles romaines. Même, à y regarder de près, si le témoignage de Suétone concerne Vespasien seul, celui de Tacite peut, aussi bien que lui, concerner ses devanciers. L'exemple de Vespasien précipita une réaction morale qu’avaient préparée l’assagissement progressif de la noblesse et, autre cause que l’on peut concevoir comme antérieure elle aussi à cet exemple, c’est-à-dire à l’avènement de Vespasien, les admissions fréquentes d'hommes nouveaux dans la curie. Bref, il n’est pas nécessaire d'entendre crebro adsumpti (a Vespasiano). Et, quoi qu'il en soit, ces deux témoignages ne contredisent aucunement celui de Claude. Dirons-nous que celui de Dion Cassius ? le confirme en quelque façon ? Pas plus que Tacite et Suétone, il ne parle du novus mos d’Auguste ; mais ce que fit Auguste d’après Claude, Mécène, chez Dion Cassius, conseille à Auguste de le faire ; ou mieux il lui conseille d’aller plus loin qu'Auguste n’alla effectivement, jusqu'où voulut aller Claude, d'introduire au sénat l'élite, non seulement des Italiens, mais encore des alliés et des sujets.
7. L'innovation d’Auguste et de Tibère est le dernier précédent que l’orateur puisse invoquer. Il en a fini avec l'exposé historique qui forme essentiellement le second point de sa première partie, mais non pas avec ce second point ; car il y annexe d’abord la réponse à une objection de principe contre cette innovation, puis l'exemple d’une colonie qui en a bénéficié. Logiquement, l'exemple devrait venir tout de suite ; le développement théorique qui le retarde fait incise et digression. L’objection — un Italien ne vaut-il pas mieux comme sénateur qu’un provincial ? — est analogue à celle que les conservateurs intransigeants font, chez Tacite, contre la requête des Gaulois: « Non adeo aegram Ttaliam, ut senatum suppeditare urbi suae nequiret, V' Italie n’était pas assez épuisée qu'elle ne pût à elle seule recruter le sénat de sa capitale ; suffecisse olim indigenas…, nec paenitere veteris reipublicae ; quin adhuc memorari exempla, quae…. Romana indoles praebuerit ; le sénat du passé lointain, de celui où pas même tous les Italiens ne pouvaient être sénateurs, avait laissé de bons, de glorieux souvenirs ». Ayant formulé l’objection, Claude n'y répond pas immédiatement: il annonce qu’il montrera bientôt, non par des mots, mais par des actes, quelle est son opinion à ce sujet ; bientôt, c’est à savoir « vobis cum hanc partem censurae meae adprobare coepero, lorsque le moment viendra pour moi de soumettre cette partie de ma censure à votre approba-
tion ».
reVient à voir ici uñe allusion au ñnovus mos d’Auguste et une expression équivalente à celle de Claude, ubique coloniarurm ac municipiorum. L’allusion concerne bien les effets du novus mos d’Auguste, mais elle concerne aussi ceux des innovations ultérieures, du novus mos de Claude spécialement. Alque eliam provinciis signifie toutes les recrues sénatoriales fournies par les provinces, et non pas seulement par les colonies et municipes des provinces. — Nipperdey-Andresen, n'ayant pas fait le rapprochement avec Suétone, donne de ces derniers mots une interprétation qui me semble moins naturelle : « Auch in den Provinzen waren Munizipien und Kolonien ; aber hier steht das Wort im eigentlichsten Sinn und bezeichnet nur den von Nichtbürgern (peregrini) bewohnten Teil des Reichs. Es sind also ausgezeichnete Provinzialen gemeint, die erst das Bürgerrecht und dann im Verlauf ihrer Karriere Sitz im Senat erhielten ».