Plus bas, n
9. Celui qu'ilnomme tout de suite, Lucius Vestinus!, est un chevalier, un de ceux qui font le plus d'honneur à l’ordre équestre ?, un de ses amis intimes #, qu’il emploie actuellement au soin de ses affaires personnelles 4, c’est-à-dire qui est l'un de ses procurateurs. Nous le connaissons, et tout aussi favorablement que par celui de Claude, par un autre témoignage, celui de Tacite , s’il est bien le chevalier qu’en 70 Vespasien chargea de présider à la reconstruction du Capitole: Curam restituendi Capitolii in Lucium Vestinum confert, equestris ordinis virum, sed auctoritate fjamaque inter proceres. L'identité des deux personnages ne paraît point douteuse, et ce doit être le même qui, dans l’intervalle, sous le principat de Néron, en 59-60, fut préfet d'Egypte d’après une inscription f, l'un de nos deux seuls textes ? où il soit désigné par ses tria nomina, L. Julius Vestinus. L’éloge que lui accorde si largement l'empereur n'est, d’ailleurs, pas mis ici pour lui-même, mais pour servir d'introduction et de recommandation à une requête en faveur de ses fils: Claude prie le sénat de contribuer à préparer leur avenir, avenir sénatorial évidemment, en leur conférant le premier degré ® des sacerdoces, cuius liberi fruantur, quaeso, primo sacerdotiorum gradu. De quel sacerdoce il s’agit au juste, nous ne saurions le dire *, Ce qui nous frappe, c’est qu’une fois encore Claude fait montre de courtoisie à l'égard du sénat 1°, La chose, en réalité, dépend d’abord et surtout de lui-même. A l'époque impériale, lorsqu'il se produit une vacance dans un collège sacerdotal, le prince nomme le nouveau prêtre ; ou, s'il s’agit, ce qui ne saurait être le cas ici, de l'un des quatre grands collèges sacerdotaux, le prince propose son candidat au sénat, qui le nomme, étant l'héritier, pour les sacerdoces comme pour les magistratures, des droits électoraux du peuple; ensuite, dans les deux cas, il y a cooptation du collège intéressé, simple formalité, comme dans le second cas le choix du sénat". Ces enfants de son procurateur en faveur desquels le prince sollicite la bienveillance du sénat, puisqu'ils sont aptes au premier sacerdoce, ont déjà revêtu la toge virile ; mais ils n’ont pas encore l’âge requis pour les charges préparatoires à la carrière sénatoriale, le tribunat militaire, qui ne dépendait que de l’empereur, et le vigintivirrat, qui dépendait en apparence du sénat. Ils obtiendront ces charges et le reste quand le temps sera venu, postmodo cum annis promoturi dignitatis suae incrementa. Peut-être, cependant, ont-ils déjà obtenu, quoiqu'il n’en soit pas question ici, une autre faveur, qui ne dépendait
1. Voir Prosopographia imperii Romani, LI, p. 219, n° 408 de la lettre I : L. Iulius Vestinus.
2. Inter paucos (—praecipuum) equestris ordinis ornamentum ; cf. Tite Live, XXII, 7, 1 : inler paucas memorala populi Romani clades ; Quintilien, X, 3, 13 : inter paucos diserlus ; Pline l'Ancien, XXVII, 45 : herbae inter paucas ulilissimae ; Tacite, Ann., XI, 10 : claritudine paucos inter senum regum; XVI, 18 : inter paucos familiarium Neroni adsumplus.
3. Familiarissime diligo ; cf. Pline le Jeune, IX, 19, 5 : familiariler aliquem diligere.
4, El hodieque in rebus meis delineo. Hodieque—eliam nunc, est fréquent chez Tite Live ; on le retrouve chez Tacite (Germ.3: hodieque incolitur ), chez Suétone, Claude, 19 : quae constituta hodieque servantur ; Gaius, 1 ; Titus 2 ; etc. Pour delinere in, cf. Cicéron, De inv., 2, 132 : delinerti in alienis negotiis.
D CELIS A, NV, 93.
6. Publiée par Longpérier dans Journal des Savants, 1873, p. 751.
7, L'autre est un papyrus grec publié par Wilcken, dans Hermes, 28 (1893), p. 233. Ce texte lui donne aussi la qualité de préfet d'Egypte, mais sans date. Il est encore mentionné comme préfet d'Egypte sans date précise, mais sous Néron, dans Corp. inscr. graec., n° 4957, 1. 28 et 30,
8. Et non pas les sacerdoces les plus élevés, « the highest among priestly offices » (Hardy, The Speech..., p. 81).
9. Zell observe que dans la liste de Denys, II, 64, ce premier degré est le sacerdoce du curion. Pour la collation des sacerdoces à de tout jeunes hommes d’avenir, cf. Tacite, Hist., 1,77: (Otho) ab exilio reversos nobiles adulescentulos avilis ac palernis sacerdotiis in solacium recoluit.
10. Cf. une démarche semblable de Tibère, Tacite, Ann., III, 19 : Caesar auctor senatui fuit Vitellio alque Veranio el Servaeo sacerdolia tribuendi.
11. Voir la note de Nipperdey-Andresen à ce passage, et Marquardt et Mommsen, Manuel, V, p. 419 et suiv.