‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 82 sur 126 · AUD · texte numérisé non relu

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aussi que du prince et pour laquelle aucun âge n’était requis, l'admission èn amplissimum ordinem, c'està-dire dans la classe des chevaliers romains senatoria dignitate, dont la marque extérieure était la collation du laticlave. Nous avons, parmi nos inscriptions lyonnaises!, l'exemple d’un fils de procurateur qui obtint cette faveur d’Antonin à l’âge de quatre ans. Les fils de Vestinus, aptes seulement au premier sacerdoce, viennent d'atteindre leur majorité; ils ont quelque dix-sept ou dix-huit ans. L'avenir qui les attendait alors, quel fut-il? Nous connaissons un Mareus Vestinus Atticus ?, dont le gentilice n’est pas donné, consul ordinaire sous Néron, en G5, et que la’ haïne de ce prince impliqua dans la conspiration de Pison, arbitrairement, pour le faire périr. La chronologie nous permet de le tenir pour l’un des jeunes protégés de Claude en 48: à l'époque impériale on pouvait être consul dès 33 ans. Quant au sophiste Lucius Julius Vestinus#, qui fut procurateur en Égypte, puis ab epistulis et ab studiis d'Hadrien, quel vieillard aurait-il été sous ce prince, vers 120, s’il avait été l’un des adolescents de 48, né par conséquent vers 30 ? Ou bien done, si c’est un fils du procurateur de Claude, c’est sans doute un fils venu au monde

beaucoup plus tard que ses frères ; ou bien c’est un petit-fils de ce procurateur. Dans le premier cas, il

ne s’éleva point, dans le second, ils ne s’élevèrent point, son père et lui, au-dessus de l’ordre équestre. I » » q

10. L’éloge de Lucius Vestinus et la requête en faveur de ses fils forment dans le développement sur Vienne une longue parenthèse par-dessus laquelle la prétérition ut dirum nomen latronis taceam se rattache à la phrase initiale {: «Il y a longtemps que Vienne nous fournit des sénateurs, dit en substance Claude, sans ecmpter celui dont je veux taire le nom sinistre ». L’anonyme que l’orateur maltraite avec une telle violence verbale, ce brigand, ce prodige de palestre, cet objet de sa haine qu’il n’a pas besoin de nommer pour que ses auditeurs le reconnaissent facilement, n’est pas, à coup sûr, un homme ordinaire et obscur. L'origine viennoise, le rang de consulaire, et aussi les qualifications injurieuses latronis et palaestricum prodigium nous désignent clairement une illustre victime alors toute récente de Claude. Il s’agit, Juste Lipse l’a déjà vu et nul depuis n’a contesté cette identification, de Valerius Asiaticus, très haute, sinon très pure personnalité, que nous connaissons par les témoignages de Tacite, Dion Cassius, Flavius Josèphe et Sénèque 5. :

Viennois de naissance — genitus Viennae, dit Tacite —, il avait en Gaule une nombreuse et puissante parenté. Venu à Rome de bonne heure, il s’y était fait de grandes relations d'amitié, puisqu'il avait fréquenté avec Lucius Vitellius la maison d’Antonia, mère de Claude, et accompagné cet empereur dans son expédition de Bretagne. Très riche, il possédait les célèbres jardins de Lucullus et les embellissait magnifiquement. Il avait parcouru toute la carrière sénatoriale, consul une première fois ccmme suffect dès avant la mort de Caligula, peut-être même sous Tibère, une seconde fois comme ordinaire en 46°,

l’année qui précéda son procès et sa mort. A l’envie qu'il sentait muimurer autour de sa trop brillante

1. C. I. L., XIII, 1808—Allmer et Dissard, Musée de Lyon, 1, n° 20, p. 135. 2. Tacite, Ann., XV, 68 ; Suétone, Nero, 35 ; cf. Prosop. imp. Rom., LI, n° 410 de la lettre I. 3. Cf. ibid., n° 409 de la lettre I.

4, Nipperdey-Andresen : «Ut knüpft an confert » ; Lehmann, p. 287, dans sa traduction allemande, rattache bizarrement ut dirum... comme protase à idem dicere possum. La traduction anglaise de Hardy, The Speech…, p. 81, est trop libre : «An ill-omened name occurs to me... and I passe it over ».

5. Je range les témoins par ordre d'importance : Tacite, Ann., XI, 1-3 ; Dion Cassius, LIX, 30 ; LX, 27, 29, 31 ; Josèphe, Ant. Jud., XIX, 1, 4 et 20 ; 4, 5 ; Sénèque, De const. sap., 18, 2. — Noir Prosop. imp. Rom., III, lettre V, n° 25, p. 392.

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