Hist
3. C. I. L., XII, 2327. Cf. Mommsen, Die ilalischer Bürgercolonten von Sulla bis Vespastan, dans Hermes, 18 (1883), p. 181. Avant lui, on croyait qu’il s’agissait de Florentia d'Italie. Le surnom, connu par ce seul témoignage, ne messied nullement à Vienne, et il est d’une frappante analogie avec ceux des deux colonies ses plus proches voisines, Valentia au sud, Copia Lugudunum au nord.
4, C. I. L., XII, 6034c. Cette inscription est ainsi restituée par Hirschfeld d’après l'inscription analogue de Nîmes (ibid., n° 3151) : Imp. Caesar Divi f. Augustus cos xi tribuNICIA. POTEState uiii mVROS. PORTAS. coloniae dat.
5. Voir L. de la Saussaye, Numismalique de la Gaule Narbonnaïse, p. 129 et pl. XV ; Eckhel, Doctrina numorum veterum, 1, p. 71; Mionnet, Descriplion de médailles grecques et romaines, I, p. 79, n° 199 ; A. Blanchet, Manuel de Numismatique française, I, p. 96 ; Cohen, Médailles impériales, 2° éd., I, p. 22, n° 7.
6. Desjardins, Table de Peutinger, p. 46, 1; 72, 3, soutient encore que les colonies Juliae (donc Vienne) sont des triun:virs, et les Juliae Paternae seules de César ; mais cf. Borghesi, Œuvres, V, p. 260 et suiv.
7. Cf. Mommsen, Hisi. rom., trad. Cognat et Toutain, IX, p. 108. > 8. Cf. Suétone, Tib., 4. Opinion de Herzog, Gallia Narbonensis, p. 90 et suiv.; Mommsen, ist. rom., IX, p. 109; Hirschfeld, C. I. L., XII, p. 217 ; Kornemann, dans Pauly-Wissowa, IV,c. 518 ; Jullian, His. de la Gaule, IV, p. 32, n. 3. . 9. De bello Gallico, I, 6; VII, 64 et 65. La trahison, pendant la guerre civile, des deux notables allobroges Egus
et Raucillus, qui servaient dans sa cavalerie auxiliaire, n’eut évidemment aucune influence sur ses dispositions envers la cité,
La première opinion, émise par Borghesi !, a été soutenue fort ingénieusement par Émile Jullien ?. Dion Cassius ? rapporte que Munatius Plancus fonda une ville, la colonie de Lyon, en faveur de ceux
que les Allobroges avaient expulsés de Vienne en Narbonnaise et qui étaient allés s'établir au confluent
du Rhône et de la Saône. Ces expulsés, que Dion ne qualifie pas avec précision, n'étaient assurément pas des Allobroges, comme le veut Herzog #, le parti pro-romain de la cité, comme le pense Hirschfeld 5, dans un moment où elle se trouvait en révolte contre Rome: pour des Allobroges Plancus n'aurait pas reçu du sénat l'ordre de fonder une colonie ; c’étaient, affirme justement Mommsen ‘, des citoyens romains, done vu l’époque, des Italiens. Était-ce des mercatores ou negotiatores établis à Vienne ? Non; cette ‘atévorie de citoyens, Rome les vengeait, le cas échéant, ainsi que nous le voyons dans les Commentaires de César ? ; elle ne fondait pas pour eux des cités. L'on place communément * l'expulsion en 61, au temps de la révolte de Catugnat * ; or, cette date n’est pas soutenable. Le gouvernement romain aurait-il tardé dix-huit ans, jusqu’en 43, à réparer le tort subi par ces citoyens romains ? César a passé et repassé au confluent du Rhône et de la Saône: se pourrait-il que rien n’eût été fait par lui en faveur de ces victimes, qu'il n’eût même pas mentionné un établissement romain à cet endroit ? Et concevrait-on, d’abord, que ces Romains expulsés de Vienne, au lieu de se diriger vers le sud, fussent allés chercher un refuge vers le nord, vers la barbarie ? La date de l'expulsion doit être beaucoup plus récente; les expulsés avaient, à coup sûr, une autre qualité. C’étaient des colons, des vétérans légionnaires de César, qui créa Vienne colonie romaine en même temps et dans le même dessein que ses autres colonies militaires de la Narbonnaise. Nulle autre de ces places de guerre n’était une position stratégique mieux choisie, en un temps où Lyon n'existait pas encore. Peut-être Vienne fut-elle la colonie de la neuvième légion, que nous ne voyons pas pourvue ailleurs. Fondée, par conséquent, entre 46 et 44, la colonie de Vienne, dans les troubles qui suivirent la mort du dictateur, fut naturellement du parti césarien. Les indigènes allobroges se déclarèrent donc républicains, espérant tenir une bonne occasion de chasser les intrus qui venaient d’accaparer une portion de leur territoire et de leur ville. Dans cette querelle intestine, qui prit les apparences et devint un épisode de la lutte générale, les colons eurent le dessous et quittèrent la place. Le sénat se trouvait en présence d’un cas difficile, d’une injure faite à des citoyens romains, mais à des adversaires politiques, par des alliés du moment, des amis politiques. Afin de tout concilier, son devoir et son intérêt présent, il toléra l'expulsion et fonda pour les expulsés une nouvelle ville, Lyon. Les Lyonnais de 69 n'avaient pas oublié l’injure faite à leurs pères ; ainsi s'explique leur haine vivace et leur tentative atroce de vengeance contre les Viennoiïs, lorsqu'ils faillirent déchaïner sur la ville rivale la colère et la convoitise des Vitelliens!?. Quant à Vienne, qui avait perdu sa qualité de colonie romaine par l’expulsion de ses
1. Borghesi, Œuvres, V, p. 260, ne dit pas formellement que Vienne fut d'emblée colonie romaine, mais telle semble bien être sa pensée, puisqu'il comprend Vienne parmi les colonies que le père de Tibère fut chargé par le dictateur César de conduire en Gaule, ad deducendas in Galliam colonias, d’après Suétone, T'ib., 4,
2, Émile Jullien, Le fondateur de Lyon. Histoire de Munatius Plancus, Lyon, 1892, p. 94 et suiv.