Opinion de Zumpt, Sludia Romana, p
JENRTESE
vertu d'un nouveau décret ou de nouveaux décrets du sénat dont la tradition n'aurait pas gardé trace, il faut admettre que la formule de Tacite, prise à la lettre, restreint la portée réelle de l'unique décret sur la matière, celui de 48. Je viens de raisonner dans l'hypothèse peu probable que la cité du père de Vindex appartenait à la catégorie des cités fédérées, c’est-à-dire que la liste de Pline l'Ancien était incomplète : car il ne donne ! ce titre ni à la cité des Aquitains proprement dits — Aquitani, unde nomen provinciae — ni à aucune cité de la Gaule aquitaine. Si la liste est complète et si le père de Vindex n’avait pas obtenu le ius honorum personnellement, fort peu de temps après le discours de Claude une cité non fédérée le possédait, à plus forte raison toutes les cités fédérées. Entre ce nouveau progrès et le premier il y avait eu certainement un intervalle, une halte; done, selon toute apparence, le premier s'était accompli d’un seul coup, par le sénatus-consulte qui avait suivi le discours de Claude. Tous les primores, tous les citoyens romains des communautés fédérées de la Gaule Chevelue avaient obtenu d’un seul coup l’éligibilité aux magistratures sénatoriales et au sénat, en 48. Tous remplissaient les deux conditions essentielles, foedera et civitatem pridem assecuti. Un surcroît de titres valut à des Éduens l'élection immédiate?.
Pour qui ne voudrait admettre ni l’inexactitude, cependant fort vraisemblable, de la phrase de Tacite, ni une résistance quelconque, évidemment fort invraisemblable, du sénat au dessein de l’empereur, il resterait à choisir entre deux interprétations, qui n’ont fait école ni l’une ni l’autre, l’une de Zell, l’autre de Zumpt, l’une et l’autre ingénieuses peut-être, mais, pour moi, inacceptables. Zell# propose d'entendre que le sénat donna satisfaction à tous les requérants et que sur la liste de leurs cités, annexée au décret, les Éduens furent inscrits en première ligne pour les raisons énoncées par Tacite. À quoi nous devons objecter d’abord que, si Tacite avait voulu dire cela, sa formule, primi Aedui senatorum in urbe ius adepti, aurait encore trahi sa pensée, le fait d’être inscrits sur la liste avant les autres ne signifiant pas du tout que les Éduens obtenaient avant les autres le droit en question ; et ensuite, avec Zumpt, que, si cette préséance sur la liste avait constitué un privilège, il eût été vraiment trop minime pour valoir la peine d'être mentionné, bien loin qu'il valût celle d’être motivé et fortement motivé. Zumpt ‘ prétend, lui, que, dans son discours au sénat, Claude ne sollicita le us honorum ni pour les requérants ni pour personne en particulier, qu'il se contenta de montrer que la tradition romaine avait toujours été d’admettre progressivement dans la cité les étrangers, les anciens ennemis, et qu’on devrait done, en vertu de cette tradition, ouvrir un jour ou l’autre l'accès de la cité, de la curie aussi, non pas aux seuls requérants actuels, mais à tous les socti; bref, il découvrit aux yeux des sénateurs le terme alors encore lointain, où aboutirait l’évolution déjà plusieurs fois séculaire, la réforme de Caracalla. Le prince n’ayant fait aucune proposition précise, le décret qui accordait le ius honorum aux seuls Éduens fut pour lui, non pas un échec, mais un succès. Le sénatus-consulte disait en substance que, la tradition romaine étant telle que l’empereur venait de la définir, le cercle du recrutement sénatorial ne devant donc jamais cesser de s'étendre, ce qui ménageait l'espoir d’une admission plus ou moins prochaine à ceux des requérants