Histoire romaine, IX, p
4. C. I. L., XII, p. 217 et suiv.; cf. aussi Hardy, The Speech of Claudius, p. 82.
Ainsi à la lumière, pourvu qu'elle ne soit pas trompeuse, de notre interprétation du passage sur le novus mos d'Auguste, s'éclaire l'obscurité du passage sur le solidum civitatis Romanae benificium, objet de cette longue discussion, et se résout le problème difficile qu'elle nous a mis dans le cas d'examiner, se décide, pour l'histoire du statut colonial de Vienne, notre choix entre les deux opinions les meilleures : d’une part, Vienne colonie latine sous César, romaine sous Auguste et Tibère, mais avec cité restreinte, romaîine avec cité complète sous Gaius ou Claude; d'autre part, Vienne colonie latine sous César, Auguste et Tibère, romaine, et d'emblée avec cité complète, sous Gaius plutôt que sous Claude.
12. Icil'orateur s'aperçoit ou feint de s’apercevoir qu'il s’attarde en chemin. A vrai dire, il fait pis: il divague hors du chemin. Il s’y tenait encore, quand il invoquait l'exemple de Vienne comme un cas notable de recrutement provincial du sénat ; mais il en est sorti, quand il a loué Vestinus, sollicité pour ses fils la bienveillance des pères conscrits, invectivé contre l’anonyme et déploré le malheur immérité de son frère. Ilaurait pu y rentrer par le moyen d’une formule simple et naturelle, comme celle dont il a usé plus haut: Zam si narrem bella. Sed illoc potius revertar. Dans la formule plus élégante dont il use maintenant, il aurait pu du moins employer la première personne ! et s'adresser à ses auditeurs: T'empus est iam delegere me vobis, patres conscripti, quo tendat oratio mea ; iam enim.. veni. Il a estimé que le comble de l'élégance serait d'employer pour soi-même la seconde, de s’apostropher soi-même: T'empus est iam, Tiberi Caesar Germanice, detegere te patribus conscriptis… Cette prétentieuse figure de rhétorique n'a pas manqué de suggérer aux interprètes qui ont bien compris le passage l’idée d'appliquer au style oratoire de Claude le jugement de Suétone ? sur sa façon d'écrire l’histoire, magis inepte quam ineleganter, et leur a rappelé celui de Tacite # sur les discours préparés de Claude: Nec in Claudio, quotiens meditata dissereret, elegantiam requireres. L’élégance s’y trouvait, laborieuse et banale, mais non point le bon goût.
Nous n’irons pas jusqu'à reprocher davantage au pompeux orateur, outre la faute de goût, une faute de syntaxe. Claude est un écrivain fort médiocre, mais il sait la langue qu'il écrit. Allmer * a cru pouvoir affirmer que detegere te, au lieu de detegere tout court, était une incorrection imputable, non au graveur, mais à l’auteur. Un latiniste un peu moins inexpérimenté n’aurait pas commis cette bévue. Que l’on regarde te comme l’objet ou comme le sujet de detegere, la présence du pronom est parfaitement correcte. Si on en fait l’objet, il y a ici la même particularité de syntaxe que par deux fois dans la phrase initiale du discours: illam cogitationem deprecor, ne. exhorrescatis, et illa potius cogitetis, quam multa.… novata sint. Le verbe a deux objets, le second reprenant et précisant le premier. Si l’on regarde te comme le sujet de detegere, ce qui est sans nul doute la meilleure explication, nous ne serons pas en peine de citer d’autres exemples de la locution tempus est où l’infinitif seul, la construction de beaucoup la plus fréquente, est remplacé par la proposition infinitive. On la trouve chez Plaute”® : Nunc nos tempus est malas peiores fieri ; en voici deux exemples cicéroniens: T'emrpus est nos de illa perpetua iam.. vita cogitare, et: Tempus est iam hinc abire me*. Notons que dans ce dernier cas, le pronom sujet suit le verbe, comme dans le passage de Claude. .
Cf. Cicéron, Top., 1, 5 : Sed iam lempus esl ad id quod instliluimus accedere. Claud., 41.
AYTin:, NI, 3:
Musée de Lyon. Inscriptions antiques, I, p. 75.
Miles, v. 1220.
Ad Att., X, 8, 8.
F0 DuScul al 99: