‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 97 sur 126 · Monographie, 2e éd., p. 30 et suiv., 47 et suiv · texte numérisé non relu

Monographie, 2e éd., p. 30 et suiv., 47 et suiv

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et Boissieu! du temps où il n’étaitencore que celui de Zell, Allmer? et Théodore Reinach # depuis. Mais telle de ces réfutations est sans valeur ; aucune, me semble-t-il, n’est complète.

Il ne faut pas alléguer, avec Monfalcon, que l’on n’interrompait point l'empereur quand il parlait devant le sénat; ni, avec lui et Allmer, que l’apostrophe en question eût constitué une moquerie, une insulte intolérable. Nous avons la preuve que des sénateurs coupaient quelquefois la parole au prince ou lui répliquaient hardiment, sinon irrespectueusement : Suétone * rapporte qu'un sénateur interrompit Auguste pour lui dire qu'il n'avait pas compris: 1n senatu verba facienti dictum est : « Non intelleæi », et un autre, qu'il le contredirait, s’il en avait l'occasion: et ab alio: « Contradicerem tibi, si locum haberem». Un jour Tibère, s'étant laissé aller à déclarer, comme le sénat jugeait une certaine cause, qu’il ne s’abstiendrait pas cette fois de voter et qu'il voterait à haute voix, sous la foi du serment, pour obliger les autres juges à faire de même, l'un d’eux, raconte Tacite Ÿ, ne craignit pas de l’apostropher ainsi: «Quo loco censebis, Caesar ? Si primus, habebo, quod sequar ; si post omnes, vereor, ne imprudens dissentiam». Le fait d'interrompre ou d'interpeller l’empereur ne pouvait donc passer en soi, de la part d’un sénateur, pour un manque de respect. Dans les termes du passage en question, si c'était une apostrophe des sénateurs à Claude, il n’y aurait absolument rien d’irrespectueux, rien qui décelât de la moquerie ou l’impatience indiserète, L'interruption, si c'en était une, ne serait pas sans précédent et serait parfaitement courtoise.

Meilleure est une autre raison alléguée par Allmer : si Claude avait été interrompu, il n’auraït pas repris le fil de son discours sans constater de quelque manière l'interruption, sans dire, par exemple, que ses auditeurs allaient avoir satisfaction ou même qu'il les remerciait de l'avoir courtoisement rappelé à son propos. Meilleure encore, décisive, est cette raison que l’insertion de l’apostrophe sénatoriale au procès verbal officiel de la séance aurait précédé d’un demi-siècle et plus l'adoption d’un pareil usage ; que Zell et Mommsen commettent ici l’anachronisme de postuler pour le temps de Claude ce qui ne se fit pas avant l'époque de Trajan, anachronisme d’autant plus choquant de la part de Zell qu'il cite le témoignage formel d’où résulte la fausseté du postulat. C’est un passage de Pline le jeune, Panégyrique de Trajan$. Le sénat, y est-il dit, a décrété que les marques d'approbation et d’admiration qui avaient accueilli un discours de ce prince, pour être sauvées de l'oubli, seraient insérées dans les actes officiels, c’est-à-dire dans le procès-verbal de la séance, et gravées sur le bronze: Quae vos, patres conscripti, ne qua interciperet oblivio, et in acta publica mittenda et incidenda in aere censuistis ; cela ne se faisait auparavant que pour le texte même des discours impériaux : Nam ante orationes principum tantum eius modi genere monumentorum mandari aeternitati solebant” ; les interruptions sénatoriales ne dépassaient point

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