‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 98 sur 126 · DAT · texte numérisé non relu

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7. L’argument garderait toute sa force, même si on voulait ne rapporter eius modi genere monumentorum qu’à incidenda in aere, c’est-à-dire si l’on estimait que dès avant Trajan les acclamationes étaient recueillies dans le procès-verbal de la séance, lequel n’était point destiné à la publicité, de sorte que même ainsi ces paroles, quae, parielibus curiae clausa fuissent. Avec cette interprétation, moins naturelle que la première, il faudrait traduire ou paraphraser : « Vous avez décidé que ces acclamaliones, non seulement seraient recueillies, selon l’usage.... mais encore seraient, ce qui ne s’était point fait jusqu'ici... ». Cf. sur ce passage de Pline, Herm. Peter, Die geschichtliche Lilleratur über die romische Kaiserzeil, I, p. 214, note 3.

l'enceinte de la curie, acclamationes quidem nostrae parietibus curiae claudebantur. Le sénatus-consulte d’après l’analogie duquel raisonne Mommsen ! est de 176-177. Allmer a seulement mis en doute la légitimité de cette induction analogique; Théodore Reinach en à catégoriquement aflirmé l'impossibilité, ayant vu le premier la force décisive du témoignage de Pline. Cette raison extrinsèque suffirait, en effet, à ruiner le paradoxe de Mommsen et de ses devanciers.

J’ajouterai cependant une raison intrinsèque qu'à ma connaissance personne encore n’a fait valoir. Dans la formule de l’apostrophe il y a deux expressions qui contredisent l'interprétation de Zell et Mommsen. Si cette apostrophe était adressée à Claude par des sénateurs ou plutôt par un sénateur se faisant le porte parole de ses collègues — car un cri, une exclamation peut venir de plusieurs à la fois, mais une phrase comme celle-ci ne saurait être prononcée que par un seul, un coryphée parlant au nom du chœur —, concevrait-on la troisième personne patribus conscriptis, au lieu de la première, nobis ? La troisième ne se concilierait, à la rigueur, qu'avec l'hypothèse de Gutherius attribuant l'interruption au consul président de la séance, hypothèse avec laquelle, d’ailleurs, ne se concilie pas mieux qu'avec celle de Zell et Mommsen l’autre détail verbal, je veux dire l'appellation Tiberi Caesar Germanice. Quand on s'adresse à l’empereur, spécialement en séance du sénat, on l'appelle Caesar tout court. Les exemples abondent chez Tacite, et je ne connais pas d’exception probante à cette règle?. En voici quelques-uns de sénateurs apostrophant le prince au sénat: Interrogo…,, Caesar, quam partem rei publicae mandari tibi velis *.. Quousque patieris, Caesar. * ? Quo loco censebis, Caesar? Adsequentur florente te, Caesar S.. ; tuum, Caesar, generum.. ? ; idem finis et te, Caesar, et nos absolverit $. En dehors des séances sénatoriales, la lettre de Gnaeus Piso à Tibère ”, par exemple, contient cette apostrophe: T'estor vivisse me, Caesar.…., et le discours de Sénèque à Néron!° débute par celle-ci: Quartus decimus annus est, Caesar. Mais si, dans notre passage, c’est Claude qui s’interpelle soi-même, l’emphase des tria nomina est tout à fait dans le ton; elle s’accorde au mieux avec l'élégance affectée et la solennité prétentieuse de cette figure oratoire!t,

1. Senalus consullum de sumptlibus ludorum gladialorum minuendis factum a. p. C., 176 /177 (Ephem. epig., VII, p. 388 et suiv. — Gesamm. Schriflen, IV, p. 499 et suiv.).

2. Dans ce passage de Tacite, Ann., XVI, 22 : Ul quondam C. Caesarem, inquil, el M. Calonem, ita nunc le, Nero, el Thraseam.. civilas loquilur, le vocatif Caesar, au lieu de Nero, était impossible à cause de l’accusatif C. Caesarem : il fallait une appellation qui distinguât Néron du dictateur César. Nipperdey-Andresen donne une autre explication qui me semble moins simple et moins juste : « Die Anrede an den Kaiser lautet sonst stets Caesar. Durch den hier gewählten Namen wird Thrasea in der Gedanken der Civilas dem Kaiser gleichgestellt ».

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