‹ La Table Claudienne de LyonChapitre 99 sur 126 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

11. Norden, Die antike Kunslprosa, p. 236, propose cette bizarre variante du paradoxe de Mommsen : les sénateurs ne prennent pas eux-mêmes la parole ; c’est Claude qui la leur prête ; il se fait apostropher par les sénateurs, il s’apostrophe pour le compte des sénateurs. Nos arguments tirés de patribus conscriplis et des {ria nomina valent contre cette interprétation. En outre, un inquilis serait indispensable. — Le passage a tellement déconcerté Mayer, Oral. roman. fragmenta, p. 578, qu'il a écrit: « Haec Lam inepta sunt, ut, si umquam de vetere monumento dubitandum censui, huius tabulae fides maxime dubia esse videalur ».

143. Etant ainsi revenu de sa digression ou plutôt de sa divagation, Claude se remet en chemin vers le but de son discours. Avant de s’égarer, il avait, d’une part, constaté que depuis Auguste et Tibère une certaine catégorie au moins de provinciaux entraient normalement au sénat ; d'autre part, affirmé que c'était justice, à ses yeux, de ne les point exclure, s'ils étaient dignes ; il avait ensuite, comme exemple de ville provinciale ayant contribué au recrutement du sénat, nommé Vienne. Pour que le développement de ce cas particulier correspondit à tout le développement général qui précédait, 1l fallait montrer que les Viennois devenus sénateurs s'étaient, à une exception près, révélés à l'épreuve dignes de l'être. C’est ce que l’orateur aurait dû faire tout de suite, c’est ce qu'il fait maintenant, mais en restreignant la constatation à ceux des Viennois qui sont actuellement sénateurs, qui assistent comme tels à la séance, et qu'il désigne par les mots: T'ot ecce insignes iuvenes quot intueor…

Cette expression désigne nécessairement, à cause du contexte immédiat, non magis sunt — et non pas sint ou erunt — paenitendi: senatores, des sénateurs réels et actuels, non pas éventuels ou futurs. Donc il faut écarter l'explication de Nipperdey-Anaäresen ?, que ces mots semblent désigner les grimores gaulois venus à Rome pour solliciter le us honorum et admis à la séance sénatoriale, c’est-à-dire un certain nombre de ceux qui sont destinés à devenir un jour sénateurs, puisque la proposition de l’empe reur, conforme à leur requête, ne peut manquer d’être adoptée. IL faut écarter aussi l'explication de Zell*, reprise par Allmer, qu'il s’agit de chevaliers romains, les equites Romani senatoria dignitate, qualifiés pour devenir sénateurs, quand ils rempliront la condition d’âge et les autres, et qui, en attendant, selon les règles établies par Auguste ou par Claude, ont le droit ou même le devoir d’assister aux séances. Zell, une fois encore, avait vu d’emblée la vérité: « Hos iuvenes senatores, quos in curia praesentes Claudius intuetur, Allobroges vel ex contermina regione fuisse loci ratio satis clare demonstrat ». Mais, une fois encore, il s’en détourna immédiatement, désorienté ici par cette objection qu'il se fait à lui-même: Sed quisnam senatores tuvenes appellavit ? Objection aussi peu péremptoire que possible. D'abord, en bon latin, tuvenis n’est pas un jeune homme, un tout jeune homme, mais un homme jeune, un homme encore jeune ?. Ensuite, à l'époque impériale, on pouvait entrer au sénat, par la voie normale de la questure, dès l’âge de vingt-cinq ans, on pouvait être prêteur à trente ans, consul à partir de trente-trois ans. Beaucoup de sénateurs, même parmi les consulaires, étaient donc effectivement des iuvenes. Enfin, n’oublions pas que, tout étant relatif, au quasi sexagénaire qu'était Claude, lorsqu'il prononça son discours, devaient paraître tels même les sénateurs qui avaient passé la quarantaine.

Pour que l’ensemble de la phrase, pour que le raisonnement de Claude ait un sens, il faut en outre, Zell l'avait fort bien vu d'emblée, que les jeunes sénateurs en question soient des Viennois, autrement dit des Allobroges romanisés 5. Personne jusqu'ici, à ma connaissance, hormis Ernest Desjardins, n’a

1. Cf. Tite Live, I, 35, 5 : sub haud paenilendo magistro ; Suétone, Vesp., 1 : Gens Flavia reipublicae non paenitenda, Cicéron n’a que le gérondif, ad paenilendum.

2. «Hiermit scheinen die jungen Gallier gemeint zu sein, welche, um das ius honorum zu erbitten, nach Rom gekommen waren und die Claudius in der Senatssitzung zugegen sein liess ». Adoptée par Hardy, The Speech of Claudius, p.81 et 82.

3. « Intellegendi sunt equiles, qui ius haberent atque adeo officium senalum frequentandi ». 4. Comme plus haut pour l’exégèse de sane novo more.

5. Tacite, par exemple, oppose souvent les iuvenes aux senes. Il emploie iuvenis, parlant de Germanieus (Ann., I, 33), en 14, lorsqu'il avait 29 ans, puisqu'il mourut à 34 ans (Suét., Gaius, 1), en 19, intra iuventam (Ann., I], 71) ; — parlant du sénateur Marcus Hortalus (ibid., II, 37), du consul désigné Silius (ibid., XI, 28 ; cf., 5) ; etc.

6. Ou du moins qu’ils le soient en grande majorité, le surplus pouvant être des Gaulois du reste de la Narbonnaise, ex conlermina regione, comme dit Zell.

donné une traduction juste de toute la phrase! ni compris le raisonnement de Claude, la comparaison qu'il établit entre ces iuvenes et Persicus...: non magis sunt paenitendi senatores quam paenitet Persicum.… inter imagines maiorum suorum Allobrogici nomen legere. On traduit en substance: « Ces jeunes gens, nous n’avons pas plus à regretter qu'ils soient sénateurs que Persicus ne regrette de lire, sur l’un de ses portraits d’ancêtres, le nom d’Allobrogique », ou, plus simplement: «que Persicus ne regrette d’être le

descendant de l’Allobrogique ». Ainsi entendue, la comparaison, comme le dit à bon droit Nipperdey-

Andresen ?, qui ne l’entend pas autrement, est une absurdité. Le rapprochement ne rime à rien, si les iuvenes ne sont pas des Allobroges, et, s'ils sont des Allobroges, il sonne tout à fait faux, il est le sophisme d’un niais: «Nous n'avons pas plus à regretter d’avoir pour collègues ces Allobroges que Persicus ne regrette d’avoir pour ancêtre l’Allobrogique ». Bizarre jeu de mots ! L’ancêtre de Persicus n’était nullement un Allobroge, mais, au contraire, le vainqueur des Allobroges. Le raisonnement de Claude apparaîtra tout autre et aussi raisonnable que possible, si, après avoir admis que les iuvenes sont des Allobroges romanisés, au lieu de construire Persicum paenitet… legere, Von construit (nos) paenitet Persicum legere, Von traduit en conséquence: «Nous n’avons pas plus à regretter que ces Allobroges soient sénateurs que nous n'avons à regretter que Persicus lise sous le portrait d’un de ses ancêtres le nom d’Allobrogique », ou, plus simplement: «que Persicus descende de l’Allobrogique »; et si l’on paraphrase —

car le raisonnement de Claude est juste, mais son expression est gauche —: « Nous n’avons pas plus à regretter d’avoir pour collècues ces Allobroges romanisés que nous ne regrettons d’avoir pour collègue le descendant de l’Allobrogique, ces Romains de fraîche date qu’un Romain de très vieille souche, Persicum nobilissimum virum. La romanisation a si bien produit ses effets que les descendants des vaincus siègent honorablement avec le descendant du vainqueur, que les fils des Allobroges sont de dignes et bons sénateurs romains comme le petit-fils de l’Allobrogique ».

L’ellipse que postule notre construction n’a rien d’arbitraire et de forcé. Puisque nous devons déjà sous-entendre nobis pour sujet logique de paenitendi sunt, n'est-il pas naturel que nous sous-entendions nos pour sujet logique de paenitet ? En outre, la même ellipse se retrouve dans le passage du discours refait par Tacite, où, sinon la même idée, du moins une idée analogue est exprimée, dans le passage de Tacite qui correspond en quelque sorte à ce passage de Claude. « Num paenitet Balbos ex Hispania nec minus insignes viros e Gallia Narbonensi transivisse ? Manent posteri eorum nec amore in hanc patriam nobis concedunt. Est-ce que nous regrettons d’avoir accueilli — dans la cité et dans la curie — ces Espagnols et ces Gaulois ? Leurs descendants sont d’aussi bons Romains que nous ». Le pronom objet, sujet logique, de paenitere est également sous-entendu dans cette phrase du discours indirect que Tacite prête

1. Géographie. de la Gaule romaine, VI, p. 289 : « Tant de jeunes gens, membres distingués, que je vois ici, ne sont pourtant pas des choix dont on ait plus lieu de se repentir que de celui, par exemple, du très noble Persicus, mon ami, qui, parmi les portraits de ses ancêtres, peut etc. ». Brossette a compris le commencement de la phrase, mais il a fait un énorme contre-sens sur la fin : « Toute cette jeunesse. vous semble-t-elle moins digne d’être entrée dans l’ordre des sénateurs, que Persicus, mon ami, qui vous en a paru si digne, quoiqu'il soil descendu d’une famille ancienne parmi les Allobroges ». — Lehmann, Claudius…., p. 288, a bien vu la construction, quam (nos) paenitel Persicum..., « Wie man darüber ungehalten ist, dass Persicus.. unter seinen Ahnenbildern den Namen Allobrogicus führt ». Mais, en l’absence de toute paraphrase, cette traduction ne signifie pas clairement qu’ilait compris le raisonnement de Claude. Hardy, The Speech of Claudius,p. 81, ne l’a pas compris du tout et a commis toute l’erreur traditionnelle : « Those illustrious youth... will no more give you cause for regret, if I make them senators, than my noble friend Persicus hat cause to regret, when he recognises amongs the ancestral images of his family the name of Allobrogicus ».

2. « Der Vergleich, den Claudius macht, ist abgeschmackt, da Fabius kein Allobroger von Geburt war, sondern eben weil er sie unterwarf, diesen Beinamen erhielt ».

Note

aux conservateurs intransigeants: « S'uffecisse olim indigenas consanguineis populis, nec paenitere veteris reipublicae ». Dans une phrase ultérieure du discours de Claude, la même ellipse est probable, sinon certaine: ….quando ex Luguduno habere nos nostri ordinis viros non paenitet. Du moins, nos s’y trouve-t-il placé de telle sorte qu'il paraît être exprimé plutôt comme sujet de habere que comme objet, sujet logique, de paenitet.

Ce sénateur de très ancienne noblesse que Claude nomme ici, qu'il fait naître une occasion de nommer, parce qu'il l'honore de son amitié — nobilissimum virum amicum meum —, de même que le chevalier viennois Vestinus, nous le connaissons par ailleurs !. Il s'appelait Paullus Fabius Persicus. Consul ordinaire en 34 avec Lucius Vitellius, membre de trois grands collèges sacerdotaux, celui des frères arvales dès le temps de Tibère, celui des pontifes et celui des sodales Augustales, il avait été, vraisemblablement au début du principat de Claude, proconsul d’Asie et il était depuis 47 au plus tôt membre de la commission des curatores alvei T'iberis et riparum. Si nous en croyons Sénèque ?, ses mœurs étaient infâmes et il devait tous ses honneurs à la seule illustration de sa famille ; rectifions qu'il devait sans doute les plus récents à l’amitié de Claude. Fils de Paullus Fabius Maximus, consul en 11 avant Jésus- Christ, petit-fils de Quintus Fabius Maximus Allobrogicus, consul en 121 et vainqueur des Allobroges, descendant lointain du fameux Quintus Fabius Maximus Verrucosus, il eût mérité, au moins par la très haute ancienneté de sa noblesse, que son impérial ami le choisit pour être mis en antithèse avec les nouveau-venus dans l’ordre sénatorial, même si, s’agissant d’Allobroges, son ancêtre l’Allobrogique ne l'avait spécialement recommandé à ce choix. Cette convenance, les auditeurs de Claude la saisirent sans aucun doute ; mais par la faute de son extrême gaucherie, elle apparaît si mal que beaucoup d’entre ses lecteurs ne l’aperçoivent pas. Et, qui plus est, toute la phrase, par la même faute, prend un air de non-sens.

14. Claude poursuit: Quod si haec ita esse consentitis, c’est-à-dire, «si vous êtes d’accord avec moi — et vous en êtes certainement d'accord — que ces Allobroges ou autres Gaulois romanisés de la Narbonnaise font honneur au sénat romain, et de même » — il néglige à tort la généralisation, mais elle va de soi — «que toute la catégorie de provinciaux admise par Auguste à recruter le sénat nous fournit de bons sénateurs ; bref, que l'expérience d’Auguste a pleinement réussi ..». Puis, il pose une question: «quid ultra desideratis quam ut. », mais non pas celle que nous attendions de l’orateur qui s’est rendu compte et vient de s'avertir soi-même qu'il était temps de dévoiler son but. Il ne le dévoile pas encore. Nous attendions qu'il demandât: «N'’estimez-vous pas que l'expérience peut et doit être développée, que la catégorie des provinciaux éligibles peut et doit comprendre désormais les citoyens romains des communautés pérégrines, d’abord au moins ceux des communautés fédérées, spécialement ces primores de la Gaule Chevelue qui sollicitent aujourd’hui le us honorum ? » ; et donc qu'il plaidât tout de suite directement la cause de ces requérants. Or, parvenu, comme il dit, aux extrêmes confins de la Narbonnaise, à Vienne, il fait un pas de plus dans la voie du plaidoyer indirect, et le voici au delà de cette frontière, à Lyon, hors du domaine provincial familier à ses auditeurs, ce qui signifie hors des provinces où, depuis Auguste, se recrute normalement le sénat: Egressus adsuetos familiaresque vobis provinciarum terminos sum. Excursion malencontreuse ! Jusqu'ici son argumentation avait procédé par raisons solides et sincères, montrant d’abord qu’une nouveauté de plus n’était pas chose redoutable dans un état

1. Voir Nipperdey-Andresen, à Tacite, Ann., VI, 28 et I,5 ; Prosop. imp. Romani, IT, n° 42 de la lettre F. 2. De benef., IN, 30, 2.

dont l'histoire politique fut une longue série de nouveautés, suggérant ensuite qu’un nouvel élargissement du cercle sans cesse élargi de l'éligibilité sénatoriale ne compromettrait pas le bon recrutement du sénat. Maintenant il va terminer et affaiblir cette argumentation sérieuse et loyale par un mauvais sophisme d’avocat.

Le sophisme réside dans l'affirmation que le sol lui-même de la Gaule Chevelue, solum ipsum ultra fines provinciae Narbonensis, fournit déjà des sénateurs à Rome, iam vobis senatores mittere, et de bons sénateurs, puisque — Claude, de même qu'il voyait tout à l'heure devant lui les Viennois, pourrait, au besoin, montrer du doigt dans la salle ces recrues envoyées par le sol de la Gaule Chevelue; car tel est le sens de ce langage figuré: quid. desideratis quam ut digito demonstrem solum ipsum... senatores mittere — puisque parmi l’assistance sénatoriale qui l'écoute il y a, et on ne regrette point qu'il y ait, des Lyonnais, quando ex Luguduno habere nos nostri ordinis viros non paenitet ? La conclusion latente est trop facile à déduire: « Si une partie du sol de la Gaule Chevelue envoie déjà des sénateurs à Rome, pourquoi d’autres parties de ce même soln’enverraient-elles pas leur contingent ? ». L'avocat joue sur les mots. Il abuse du fait que l'emplacement de Lyon, colonie romaine, a été prélevé sur le‘territoire d’un peuple de la Gaule Chevelue, les Ségusiaves !, Ce n’est pas le sol lui-même de la Gaule Chevelue qui fournit des sénateurs à Rome, c’est une partie de ce sol qui, devenue territoire colonial romain, a cessé d’être territoire gaulois. Que le sénat compte des membres originaires de Lyon, cela ne prouve donc rien en faveur de la cause que Claude veut gagner. La situation géographique est une chose, la condition juridique en est une autre. Au sophisme de qui demande pourquoi les villes fédérées de la Gaule Chevelue n’enverraient pas des sénateurs à Rome tout aussi bien que Lyon qui est une ville de la Gaule Chevelue, on peut répondre que Lyon est une colonie romaine et que les autres sont des villes pérégrines, que les Lyonnais sont des fils d’Italiens, de vrais Romains, et que les habitants des autres villes, même ceux qui portent le titre de citoyens romains, sont des étrangers, des Gaulois.

La présence, dans l’assemblée qui l'écoute, de sénateurs originaires de Lyon, Claude l'exploite pour un raisonnement sophistique ; à coup sûr, il ne l'invente pas. Les Lyonnais, qu'il pourrait désigner d’un geste, ses auditeurs les voient comme lui. Le fait dont à lui seul son témoignage garantit la vérité est, d’ailleurs, en soi, aussi vraisemblable que possible, quoique certains interprètes l’aient jugé fort embarrassant ?. Lyon, colonie réellement romaine — ce que nous avons dit de sa fondation et de sa condition, en traitant d’abord du novus mos d’Auguste, puis du statut colonial de Vienne, suffit à notre dessein 5 —, colonie créée par deductio d’Italiens, civils et militaires, les negotiatores ou autres résidents expulsés de Vienne, d’après le témoignage de Dion Cassius#, et sans nul doute aussi un contingent de vétérans lé-

1. Pline, Hist. nal., IV, 107 : Segusiavi liberi, in quorum agro colonia Lugudunum.

2. Zell avait conjecturé dans son commentaire de ce passage que Claude, né à Lyon, voulait parler ici de lui-même et de lui seul. Mais Boissieu ayant relevé cette erreur bizarre, Zell l’a reconnue et corrigée dans sa lettre à Monfalcon (2° éd. de la Monographie de celui-ci, p. 13—Opuscula, de Zell, p. 150). — Allmer, dans Allmer et Dissard, Musée de Lyon, I, 100, affirme à tort que « ces sénateurs lyonnais... ne pouvaient être que les descendants de Lyonnais reçus par Auguste dans le sénat. », puisque les successeurs d’Auguste n’avaient pas « exercé les fonctions de la censure ». Le sénat ne se recrutait pas exclusivement parmi les descendants de sénateurs et il n’était pas besoin d’une /eclio censoriale pour faire de nouveaux sénateurs. La questure en faisait vingt chaque année, et l’adlectio autant qu’il plaisait et quand il plaisait à l’empereur. Cf. 1re partie, $ I, n° 4.

3. Pour la fondation de Lyon romain et la bibliographie de la question, voir Jullian, Histoire de la Gaule, IV, p. 42 et suivantes.

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