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à fixer la position de chaque terre par ses confins, il est permis de penser que tous ces fonds de Mommeius Persicus étaient au voisinage d'autres qui lui appartenaient encore ; et comme Mommeius "Persicus engagea tous ses domaines i, ceux qui ne sont pas désignés autrement que par leur nom doivent former un ensemble territorial au cœur même du pagus.
La région qui s'étend dans la direction de Vercellensis est engagée presque entièrement. On peut, avec quelque patience, reconstituer la carte schématique de la propriété. Mommeius Persicus, qui ne s'aventure guère au dehors du pagus Ambitrebius, a des terres groupées autour du grand fundas Cabardiacus. Près d'elles s'étendent celles de Vibius Severus. Enfin, aux abords de la frontière des deux pagi, se groupent les biens d'un moyen propriétaire, Lucilius Collinus. Déjà ceux des Volumnii et de Cornelia Severa empiètent sur -elle et se prolongent en Vercellensis, voisins de domaines de Coelius Verus. On ne connaît guère de ce pagus que cette partie voisine à' Ambitrebius .
Bien qu'on soit ici aux limites de la plaine padane et que la colonisation des fonds romains ait été très active, la forêt et le pâturage existent encore, associés aux cultures 2; les noms de lieux gardent le souvenir du saltus^. Le saltus existe encore, près du fundus^. La cité de Plaisance^, le pagus Ambitrebius'^ possèdent en ces parages des terres communes. Malgré les défrichements, on soupçonne encore, aux limites des deux pagi, une
1. Au début de la déclaration des biens de Mommeius Persicus, il est dit (2, 36-48) : M. Mommeius Persicus professus est praed. ruslica in Veleiate et Placentino deducto vecticjole et eo quod Cornélius Gallicanns oblifjavit. C'est dire que tous ses biens sont engagés, déduction faite du vectignl et des fonds qu'il engagea dans une déclaration antérieure.
2. En Ambitrebius, ou aux limites à! Ambitrebius et de Vercellensis. 4, 42-43 : F. Alfia Munalianus... cum casis in Carricino et silvis Sagatis ; 4, 39 : F. Metiiianus Lucilianus Anneianus cum casis et silvis et debelis; 1, 2 : F. Quintiacus Aurelianus collis Muletas cum silvis; 5, 58 : F. Covaniae et ovilia; 3, 84 : F. Minicianus cum silvis Herennianis. — En Vercellensis, 5, 94 : Silvae Castricinae et Picianae.
3. 5, 58, et 5, 60 : F. Covaniae; 4, 43 : Silvae Sagatae, etc., en Ambitrebius. 3, 42 : F. Calidianus Epicandrianus Lospistus Valerianus Cumallia [Gumallan.) en Vercellensis.
4. 2, 53, et 7, 51 : Saltus Attianus {Attinava) cum fundo Flaviano {Messiano) Vipponiano.
6. 6, 90. Les pagani pagi Ambitrebi sont voisins de T. Valius Verus pour le f. Vitulianus sis en Vercellensis.
ancienne marche qui, peut-être, n'était pas moins importante que celles qui séparaient encore Amhitrehins de Domitiiis, Bagiennus de Moninas, Albensis de Statiellus et de Minen>ius.
YI. JUNONIUS. — A mesure qu'on passe desy;«o7de l'ouest à ceux du centre, puis de l'est, il devient de plus en plus difficile de se représenter en chacun le groupement de la propriété. C'est que les engagements y sont moins importants. C'est aussi qu'on entre dans une région plus basse, moins infertile, où, à valeur égale, les terrains sont généralement de moins en moins étendus, plus on se rapproche de la plaine.
En Junoniiis, pourtant, les engagements atteignent encore la valeur de 900,000 sesterces. On touche au million si l'on compte à leur prix total les biens qui ne sont déchues qu'en partie. Or, ce pagiis descend assez bas dans la direction à' Herciilauius, mais il gravit aussi les pentes: il est voisin de Domifi/fs. La terre n'y a pas partout très grande valeur. Aussi sent-on encore quelque cohérence entre les biens qui sont signalés en ce territoire. Mais les relations sont moins nombreuses, moins étroites. Elles s'interrompent c[uelquefois. On auiait tort de s'entêter toujours à leur recherche.
Aux confins de Doniiiins et de Ju/ionuis, dans un canton qu'Albius Secundus a peuplé de ses colonies, Maelius Severus a réuni entre ses mains un grand nombre de fonds. Au voisinage du fundus Jii/ianns^, \g fiindus Cassianus Nocianns Rutilianus Plantianns Antoni'anus Coceiasias^ et \e fundus Noi'e/lia/ius Petronianua^ sont, comme lui, situés dans les deux p a i^i. En Junoniiis, d'autres biens de Maelius Sevei;us, le fundus Dei)ietrianus Cassianus et le fundus Pelronianus, sont en contact direct avec les premiers. Tous ces noms romains témoignent assez de l'activité de la culture en toute cette région. Le grand propriétaire de la partie centrale du pa^us, Virius Nepos, ne semble pas v avoir accaparé tous les terrains. Mais il arrive au voisinage de Domi-
.3. 4, 78-79. Il nst a retnaniiinr (|ii(' res doux s(^rips de fonds sont sitix-cs in pago Junonio sive qun nlin (4, 7;5) et pfn/o s{tipni) s{criptn) (cVsl-î'i-dire Jvnonius) sive alin. Lo par/tis Doinitius ncst |ias noiiiiiK'!. Mais, coinine cps (erres sont dans le intMnc monde de |iro|iriotés (juc le Julmaus, c'est bien du pagus DomUius qu'il s'agit.
tins, puisqu'il possède une partie d\in fiindus Petronianus^ dont Maelius Sève rus déclare les autres. D'un autre côté, dans un milieu de propriété où Maelius Severus n'a pas accès , Virius Nepos paraît avec Dellius Proculus, les Aebutii, Baebius Verus, Minicia Polla, qui exploitent des terres en Floreius-. C'est donc vers ce pagus qu'on peut situer les saltus Nan'ani Cutuciani, dont il partage la possession avec Dellius Proculus, et\e fandns Collacler{ian)us, avec les terres et colonies associées, qu'il dispute à Coelius Verus'^ Du moins, à proximité de cette région de forêts et de colonies, les diverses parcelles que le fiindus Munatianiis a contribué à former se groupent avec le fundns Manlianus Hostilianus. Tout le pagus Junonius semble colonisé en fonds. Une seule zone de forêts s'étend sur son territoire aux abords du pagus Flo7-eius.
VII. FLOREIUS. — Le prix des terres déclarées en Floreius n'atteint pas 600,000 sesterces. Si le sol y a la même valeur q^\\ en Ambif/-e^iws, voisin comme lui de la cité de Plaisance, il est évident qu'on est loin de connaître toute la propriété qui se développe en ce territoire. Peut-être, non loin des frontières de Junonius, les ancêtres de Dellius Proculus et de Granius Priscus, gros propriétaires du pagus, ont-ils fondé ces fundi Delliani et Graniani qui se sont annexé plus tard des parcelles de la propriété des Afranii, dont un descendant, Afranius Priscus, possède encore des terres dans les deux pagi. S'il en était ainsi, l'Apennin Laevia serait aux confins de Floreius et de Junonius. Mais c'est une simple hypothèse. Par contre, on est assuré que les confins d'Herculanius et de Floreius, sur lesquels s'est installé Petronius Epimales, appartiennent à la cité. Il paye, pour la jouissance perpétuelle du fundus Carrufanianus et Ventilianus, un vectigal, dont la charge fait baisser d'un cinquième le prix de sa terre. ValeriusParra possède aussi des terres en cette région; comme Petronius Epimales, il paye pour elles une redevance annuelle. Enfin, L. Granius Priscus