‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 39 sur 84 · et · texte numérisé non relu

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3. Il n'est pas douteux que le salins Nariamis Gatncianus soit voisin du fxmdus Collacterus et des fonds et colonies attenants. Coelius Verus ne possède qu'une seule terre en Junonius. C'est le fundus Collacterus 1/2 et la colonia Cinncrum. Or, il est signalé comme voisin de Virius Nepos pour le saltiis Narianus Calucianus et le fundus Manlianus Hoslilianu^ Ces biens doivent donc être tout proches du f. Collacterus.

est le voisin de Valerius Parra, de Petronius Epimales pour les silvae Snffitanae et pour le fundus Atilianus Arruntianus Innielius Antias, dont les deux derniers noms sonnent aux oreilles comme des étrangers et signalent un sol encore mal approprié à la culture romaine.

VIII. HERCULANIUS, ETC. — En Herculanius, la terre semble toute domestiquée. Mais sa valeur en croît d'autant; et comme elle n'est engagée que pour 600,000 sesterces, on ne peut guère se représenter la disposition des fonds dans \e. pagus. Les deux gros propriétaires cV Herculanius sont presque, pour chacun de leurs biens, environnés de possesseurs différents. Leur domaine ne forme pas un tout. Entre eux, ils n'ont que bien rarement un point de contact.

A plus forte raison est-il impossible de poursuivre ce travail de classement dans les autres pagi de la plaine padane où à peine, ici et là, quelque possession est déclarée. Des pagi de montagne où l'engagement est faible, on devine du moins que la frontière est marquée par des forêts. Le saltus Carucla et Velius est aux limites de Valerius et de Salnus^; le fundus Valerianus Amudis s'étend sur les pagi S alçiu s et Salutaris^. Il faut se contenter de ces indications.

Le « PAGUS », CANTON NATUREL,

A cette étude, on prend notion plus claire du pagus. Dans les territoires du centre, dans ceux de l'ouest, tous les propriétaires ne sont pas signalés, mais il n'en est guère de grand qui n'ait fait profession de ses biens. Or, à grouper ces fonds d'après leurs relations de voisinage, on s'aperçoit qu'ils forment un ensemble dont la continuité s'interrompt sur divers points sans être brisée partout. On peut, dans un pagus, se promener sur les terres de la grande propriété sans en sortir jamais. Comme ces puissants domaines sont peu nombreux en chaque pagus, ils sont fort étendus pour leur valeur. Cependant, le pagus ne peut être qu'un canton d'étendue médiocre dont on sent les bornes toutes proches. Dans la inonlngue de Plaisance, entre la Trébie et l'Arda, on compte aujourd'hui neuf communes. Les pagi, plus nombreux, ne

devaient guère être plus grands. On pourrait même affirmer qu'ils l'étaient moins si l'on connaissait les limites exactes de la cité de Veleia dans la direction du sud.

Ce petit territoire forme pourtant une unité naturelle. Saltus, pâturages, communaux peuvent exister ailleurs qu'à ses limites. Ses frontières peuvent être découvertes et cultivées. Du moins, presque toujours, la forêt ou le pacage sert de marche séparatrice entre \e?, pas;i. Souvent même, sur ces confins, la terre est défrichée ; elle garde pourtant en ses noms indigènes le souVenir de sa sauvagerie primitive. Le pagus vit entre les limites que la forêt et les terres vaines lui imposent encore ou lui imposèrent jadis.

Pourtant, cette barrière n'est pas continue. Certains pa^i semblent communiquer par des biens de vieille colonisation romaine. Mais, si l'on songe qu'en cette région l'unité naturelle ne peut être que la vallée, on comprend qu'aux points où les vallées secondaires débouchent dans les principales les limites n'aient jamais existé et que, dans les régions voisines de la plaine, les communications aient été plus faciles entre les grandes vallées elles-mêmes. Les pagi se partagent les vallées de la montagne. Le pagiis Ambîtrebiiis, étendu sur les deux rives de la Trébie, doit être le type du pays dans la région.

On conçoit maintenant que la grande propriété ne dépasse pas généralement le cadre d'un pagus et des pagi voisins. Elle se développe en une seule vallée. Les possesseurs à' Ambitrehiiis s'étendent en Vercellensis ou montent en Baoiennus. D'Albensis, les Antonii se détachent sur Domitius et Baoiennus. Domitius et Junonius ont des propriétaires communs. Mais les relations de Jiuioiiius sont plus nombreuses, en sa partie basse, avec Floreius et Hercidanins. Sah'ius, Salutaris et Valeriiis forment un dernier groupe, moins bien connu.

On ne peut s'empêcher de vouloir situer sur le terrain tous ces pagi. Vercellensis, Ambitrebius, Bagiennus, Domitius et Albensis se logent facilement dans le val Trebbia; mais Domitius, par le val Perino, toucherait à Juno/iius, auquel on peut attribuer une partie du val Nure, dont la haute vallée et les vais secondaires seraient à Velleius et à Diaiiius, tandis que Statiellus s'étendrait sur les hautes montagnes, dans la région du mont Bue et du mont Penna. Junonius, Floreius et Herculanius se toucheraient

dans la vallée moins importante du Riglio. Floreiiis et Herculaniiis se partageraient la haute et moyenne vallée du Chero. Enfin, Valerius et Sali^ii/s auraient leurs terres dans le val d'Arda, Salutaris, au sud du mont Moria, comprendrait tout le pays de Bardi et, par le Ceno, communiquerait avec le val Taro et le Parmesan.

On s'est aventuré ici sur un sol incertain. Il se peut que l'étude toponomastique des noms de fonds, si jamais elle doit produire des résultats assurés, vienne déranger cette construction. Elle présente pourtant dans l'ensemble quelques garanties de solidité que les autres n'avaient pas. Le pna^iis n'est plus un territoire factice qu'on loge au hasard d'un nom de lieu mal analysé et mal reconnu, c'est un canton naturel. Les pagi ne sont pas dispersés comme des préfectures et ne sont pas à chercher bien loin, ici et là, dans les territoires d'autres cités, mais dans le cadre territorial de la cité de Veleia, dans l'Apennin de Plaisance. En cettie région, ils ne sont pas isolés au milieu de terres inconnues, iï auires poiii que l'inscription ne désignerait pas; ils se tiennent les uns les autres; ils s'ordonnent de la montagne à la plaine, de l'ouest à l'est. Enfin, ils se disposent dans la cité suivant les quelques données topographiques que fournit l'inscription, et leur combinaison respecte les repères qu'on a pu fixer sur le sol aux limites à'Herculanius et de Floreius, cVAmlntrchids et de Vercellensis.

Ce serait trop que de prêter à cette carte une valeur objective. Mais, quand l'inventaire toponomastique de toute cette région aura été dressé et qu'on pourra débuter enfin en l'étude scientifique des noms de lieux de l'inscription, ce tableau provisoire imposera certaines limites à leur recherche sur le terrain. Pour ne citer qu'un exemple, il est certain qu'aucun des fundi Antoniani ne peut être l'Antognani moderne, tout proche, au nord, de Veleia. Par contre, l'un des fonds de Granius Priscus en FloreiuH peut fort bien être, a priori, le Gragnano, voisin du Riglio. Mais il faudrait, pour démontrer l'identité de deux lieux ancien et moderne, les replacer dans un niilicu concordant de données l<»p<)nymi([ucs. Car la preuve ne (iciit naître d'une seule ressemblance de détail.

l'oMi' <e travail, il est suffisant d'avoir approximativement indicjué la position relative des fxigi et surtout d'avoii- fixé le carac-

tère de ces territoires. Le pagas est si bien une unité naturelle plutôt qu'administrative que souvent dans l'inscription ses frontières sont indécises. Des terres sont situées à la fois dans deux pa^i, mais aussi dans un pagiis ou dans l'autre^ et même dans un pagus ou dans un autre quelconque^. Souvent, sur ces marches élevées, incultes, couvertes par la forêt, on n'a pas marqué de limites. La terre vaine ou les bois fixaient assez bien à l'origine ces confins. Le pagns veleiate était, pour celui qui l'habitait, ce qu'est pour nos paysans le « pays ». Il en avait la notion très exacte sans pouvoir le déterminer toujours précisément.

1. 2, 7 : Pago Domitio sive Ambitrebio; 1, 89 : Loco s, s. {Albense) sive pago Domitio.

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