‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 40 sur 84 · Pago Junonio sive qiio alio in Veleiate · texte numérisé non relu

Pago Junonio sive qiio alio in Veleiate

L'inscription de Veleia nous fait connaître à peu près 400 noms de terre, 100 gentilices, généralement accompagnés d'un cognomen. C'est la riche matière d'une étude onomastique qui n'est pas notre fait. Mais, si l'étude des noms de personnes peut apporter quelque lumière, sinon sur la race, du moins sur les peuples, sur les influences politiques et économiques qu'ils subirent, l'inscription est d'autant plus précieuse qu'elle ne fournit pas seulement des données sur les seuls contemporains de Trajan, mais qu'elle permet de dresser, à côté de la liste des propriétaires du II'' siècle commençant, une seconde liste de noms de personnes, élaborée d'après l'analyse des noms de lieux. Plus ancienne que la première, elle peut, comparée à la plus récente, donner l'idée des transformations onomastiques et, sous le changement des noms, laisser apercevoir l'altération des populations locales, les actions (|ui agirent sur elles, les progrès de la romanisation. De son côté, l'étude des noms de lieux peut contribuer à nous découvrir la nature et l'âge des premières colonisations du sol veleiate. On recherchera donc, dans l'onomastique et la toponomastique de la contrée, le souvenir de ses plus anciens colons, de leurs travaux et du succès qu'eurent leurs efforts'.

1. Pour cette élude, nous avons cni|iloyé, cuire Y Onomnxticon de De Vit et le Tliesduiiis inujnne lalititie, le répertoire ([uc fournit le livre de AV. Srhulze, Zùr Gescliichte UUciniscfier Eigennamen, sans adinctire toujours pour l'origine des noms ses théories étruscisanles; VAll-cetlischer Sprnclisrliolz de Hoider, en le considérant coiniiic un dictionnaire des noms non romains de l'Kurope centrale et occidentale. Nous avons trouvé des indications dans K. Miillenholl", Dcuisr/ie Alter- Ifiinns/imide, lil, p. 173-103; d'Arbois de Jubainvillr, les Prcmivrx /itihildiils de lEnrope, I, p. 330, II, p. 3-215. Les criti<|ues de IJ. Modestov {Introduction à l'Iiisldire romaine, p. 116-119) contre les théories de Miillenhoff et de d'Arbois de Jubainville sont trop sommaires pour convaincre; elles invitent cependant à montrer quelfjue prudence dans l'attribution exclusive aux Ligures ou aux Celles, dont nous ignorons les langues, de racines ou de sullixes qui ne sont guère connus que par «luelqucs exemples. Pour l'étude plus délicate des périodes de colonisation que peuvent révéler les noms de lieux anciens, nous n'avons trouvé aucun guide

Le pays de Veleia appartient à cette partie de la Ligurie italienne qui s'étendait dans l'Apennin jusqu'en face de Pise, d'où les Romains surveillaient les Apuans. Vers la Cisalpine, les Ligures de la période historique descendaient encore vers le Pô. Clastidium et Litubium, au voisinage de Plaisance, étaient regardés par Tite-Live comme les chefs-lieux de peuplades ligures, les Celeiates et les Cerdiciatesi. Au delà même du fleuve, les Libici et les Laevi de la région du Tessin étaient aussi reconnus comme Ligures 2. Pourtant, les frontières celtiques n'étaient pas loin. Laus Pompeia était une fondation des Boiens^. Ce peuple s'étendait encore dans le pays de Parme. Plaisance même était au voisinage des Anamares, qui semblent bien être des Gaulois'*. La colonie fut fondée en terre gauloise'. Les Boiens étaient proches des Ligures et touchaient à eux en cette région*^. Il n'y a donc pas à s'étonner que les montagnes voisines de Plaisance aiejit été pénétrées par les Gaulois de la plaine sans qu'elles aient jamais cessé d'être terres ligures. Enfin, les Romains, après une guerre patiente de plus d'un siècle, avaient soumis toute la Ligurie du Levant au début du i*"" siècle avant l'ère ^. On sait quels moyens ils employèrent pour réduire cette région, toujours conquise et toujours soulevée. Ils exterminèrent, ils vendirent, ils transplantèrent les Ligures, ils apostèrent dans la plaine des colonies sans cesse renouvelées pour les surveiller, ils créèrent à 1 orée des vallées de montagne des marchés pour les attirer dans les voies du commerce^, ils durent enfin repeupler de colons latins la région exténuée d'hommes. Deux siècles après la fin de la conquête, l'inscription de Veleia témoigne à la fois du succès de leurs efforts et de la résistance des indigènes.

utile. Du moins, pour pouvoir établir quelques comi)araisons entre les noms anciens de la lable de Veleia et ceux de la région ligure franco-italienne, nous avons dépouillé les tomes V, II" partie, et XII du Corpus.

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