‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 5 sur 84 · Cf. ici p. XVI, n · texte numérisé non relu

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DE PACHTERE (fÉLIX GEORGEs). XI

traditionnelles le trouvaient toujours prêt. Il avait un certain esprit, plein de bon sens populaire, qui jaillissait tout à coup en boutades brusques, toujours drôles. Il était prompt à saisir les ridicules et à les marquer, prompt à juger aussi, comme on l'est souvent à l'Ecole. Cela ne l'empêchait pas de corriger ses jugements quand il découvrait qu'il s'était trompé, ou simplement par bonté d'âme. Car sa verve railleuse et sa brusquerie n'étaient qu'une enveloppe; il l'écartait parfois, quand on était seul avec lui, et il laissait entrevoir alors un fils très tendre, un élève reconnaissant et dévoué, un ami délicat et sûr.

Ses débuts dans l'érudition furent brillants. Il présenta au diplôme d'études un mémoire sur Paris à l'époque gallo-romaine qui est un travail très neuf, où les textes, les documents archéologiques, les résultats des fouilles antérieures, même les données de la géographie et de la géologie, sont utilisés de main de maître. C'est aujourd'hui un gros volume [Paris à V époque gallo-romaine, Impr. nat., 1912) auquel l'Académie française a décerné en 1917 le grand prix Berger, prix accordé au meilleur travail sur Paris, sa plus belle récompense * .

Une fois débarrassé de l'agrégation, il partit pour Rome. L'atmosphère du palais Farnèse était tout autre que celle de la rue d'Ulm. Plus d'examens, plus d'inquiétude au sujet de l'avenir, la vie plus libre encore qu'à l'Ecole, dans un milieu à la fois restreint et varié où les « littéraires », les chartistes et les archéologues se coudoyaient; et cela, dans une ville cosmopolite, pleine de souvenirs, avec la perspective enchantée des plus séduisants voyages. De Pachtere goûta profondément tout cela. Il appréciait les « thés du jeudi » où Mgr Duchesne mettait en contact les membres de l'Ecole avec la société romaine. Il aimait la vaste bibliothèque où sa curiosité naturelle se donnait libre cours. Il se plaisait aux entretiens des camarades, dont sa vivacité d'esprit tirait toujours profit, et que sa vaste et sûre érudition savait également rendre utiles aux autres. Mais il jouissait surtout des excursions, de la nature, du spectacle des choses réelles, car personne n'était moins livresque que ce savant. Il visita longuement l'Emilie en vue d un mémoire sur les terres de Veleia, (jui devait l'amener à étudier toute la politique agraire des empereurs^. Il se passionna pour ce sujet. Il le suivit en Afrique, dont il finit par faire son domaine, et l'aurait poursuivi plus loin encore, puisque, en 1913, il me parlait d'étendre ses recherches à l'Orient, et qu'il envisageait sans répugnance un voyage en Asie Mineure.

Entre tem[)S, il s'était marié, était devenu père de famille. Fixé d'abord à Oran, puis professeur au lycée d'Alger, il continua ses travaux, cl il trouva même le temps de collaborer au IJul/clin de la Société de géo-

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