‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 50 sur 84 · Cf. p · texte numérisé non relu

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3. Quelques noms de fonds sont formés sur des noms d'esclaves gentilisés, mais des affranchis, dont l'origine servile n'était reconnaissable qu'à leur cognomen, ont donné à leur terre le nom qu'ils avaient adopté de leur ancien maître. Le f. Marcilianus (7, 5) appartient à un voisin de Marcilius Pietas, dont le cognomen est très probablement celui d'un affranchi. Le fonds prit son nom, soit de la famille de son patron, soit de la sienne.

terres, certains étaient peut-être par leur famille étrangers au pays, mais beaucoup étaient les descendants romanisés des Ligures et des Celto-Ligures, habitants primitifs de cette montagne.

Du RECENSEMENT DES TERRES PAR LES RoMAINS.

La propriété locale fut donc en son ensemble non pas constituée par les Romains, mais reconnue par eux^. Les indigènes qui devinrent citoyens quand le droit de cité fut concédé à la Gaule Cisalpine devinrent en même temps propriétaires de plein droit. Leur possession fut légitimée, inscrite à leur nom en un cens foncier qui catalogua leurs terres.

Malheureusement, comme Veleia ne fut pas une colonie, on ne saurait trouver dans les ogi'imensores le modèle de son cens. C'est dans l'inscription même qu'il faut rechercher son caractère. Il ne put être dressé qu'après 49 av. J.-C, quand la région reçut le droit de cité; mais des années purent s'écouler avant que l'expertise des biens-fonds et des fortunes eût été entreprise et terminée. Bien des noms de fonds remontent à des propriétaires affranchis qui ne peuvent guère avoir vécu que sous l'Empire^. Pourtant, au moment où fut rédigée l'inscription de Veleia, le premier cens avait été effectué depuis longtemps, puisque les propriétaires contemporains de Trajan n'appartiennent que par exception à la descendance de ceux qui déclarèrent les biens à leur nom. Il faut donc admettre que plusieurs générations avaient passé, que les anciennes familles s'étaient presque toutes éteintes, que de nouvelles avaient pris leur place. Un tel changement du personnel de la propriété n'aurait pu se produire dans la courte période qui sépare le dernier cens général, celui de Vespasien, du règne de Trajan, en moins de quarante ans. Ce n'est pas trop, que de faire remonter jusqu'à Auguste cet enregistrement des fonds. Peut-être le cens veleiate est-il contempo-

1. Si. comme »Jans une assifjnation rolonialp, Ipr fonds dp la région de Veleia avaient reru rhacun nn propri(''laire difïérent. on ne trouverait pas dans la table les traces d'une [>ro|iriclt' i|ui a déjà évohn''. Au moment oii fut dressé le premier cens, il y avait di^jà dans le même pnr/iix ilhensis plusieurs fonds des Antonii et des Calidii. qui n'étaient pas le produit de la division d'une même terre, mais des champs ditférents sépares les uns des autres.

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