‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 65 sur 84 · Obligations · texte numérisé non relu

Obligations

la cité, la plus grande partie de ces terres passa dans son domaine. Mais bien vite les meilleures furent usurpées, acquises ou louées. C'est sur un sol vectigalien que, dès la rédaction du cadastre, s'étaient installés les fundi Anioniani, les fundi Cavrufanianns et Ventilianus et bien d'autres terres de culture. Mais la plus grande partie était encore à ce moment territoire municipal. Tous les saltus et les fonds de nom indigène restaient entre ses mains. Sis en haute montagne, infertiles, ils n'excitaient guère la convoitise des petits propriétaires qui se contentaient pour leurs troupeaux des communionesyoWmes. C'est seulement quand survinrent dans la région les grands acheteurs de biens que ce domaine commun fut attaqué. Une partie fut acquise en pleine propriété. Les saltus qui séparent Ambitrebius de Domitius sont exploités par Sulpicia Priscilla et Afranius Apthorus qui ne paient pour eux aucun vectisal. Mais de vastes étendues furent louées en bloc aux conditions d'un bail perpétuel. Telle doit être, par exemple, l'origine principale de la grande propriété des Annii, de Coelius Verus et du prédécesseur des Lucquois, Attius Nepos.

Des dangers qui menacent la propriété sols Tkajan.

Constitués sur les fonds de la petite propriété ou sur les saltus civiques, ces domaines ont, au temps de Trajan, accaparé presque tout le sol veleiate des pagi de l'ouest. Unis à l'intérieur de chacun par des relations de voisinage, ils se rejoignent encore par delà les frontières de ces territoires. Annii, Coelius Verus, Antonii , Cornelia Severa, Afranius Apthorus, Sulpicia Priscilla, C. Mommeius Persicus, C. Vibius Severus, C. Volumnius Epaphroditus se succèdent de la montagne à la plaine, des limites de Lucques à celles de Plaisance. On pouirait, en faisant quelques détours, descendre des sommets à la colline sans sortir de leurs biens.

Même, à certains indices, on peut soupçonner que ces grandes propriétés sont destinées à s'augmenter encore. Il est remarquable, en eiîet, qu'à peu d'exceptions près, les possesseurs du pays veleiate n'appartiennent pas à des familles nombreuses. Il est bien rare que plusieurs membres d'une même maison soient propriétaires ensemble ou voisins ensemble d'un même fonds. Il est peu fréquent (ni'iiii (loiuaiiic a|)|)aiaisse, d'après les noms de

ceux qui l'encadrent de leurs terres, comme le produit de la division récente par héritage d'un domaine anciennement plus vaste. A cet égard, les Antonii, les Calidii, les Naevii n'ont guère de pareils. Les contemporains veleiates de Trajan doivent être souvent des fils uniques. De même, leur descendance doit être peu nombreuse. L'avenir de leurs biens est donc en péril.

C'est ainsi que quelques-uns des plus grands domaines menacent de disparaître. Sulpicia Priscilla n'a pas de parents mâles. La seule héritière de Cornélius Severus est une femme, Cornelia Severa. Par mariage, la plus puissante propriété que l'inscription fasse connaître risque d'être absorbée dans une autre. N'est-ce pas le sort qu'Annius Rufinus semble réserver aux terres d'Antonia Vera? C'est par son intermédiaire et non 'par celui de ses parents, pourtant assez nombreux, qu'elle fait profession i. On peut légitimement supposer qu'Annius Rufinus est devenu l'époux d'Antonia Vera et que les biens du mari et de la femme seront réunis dans la succession.

Peu de temps avant l'établissement de la fondation alimentaire, une de ces grandes propriétés venait de se dissoudre. Aux confins des territoires de Veleia et de Lucques, en pleine montagne, Attius Nepos, personnage étranger au pays, sans famille dans les pcigi voisins, Albensis et Slatiellus, avajt acquis un immense pays de saillis qu'il exploitait ici seul et là en indivis avec des voisins différents. Il disparut, et son domaine, au lieu de se partager entre des héritiers, fut mis en vente. Les colons lucquois, qui déjà possédaient des pâturages en cette région, furent, sans doute, en ce moment, les seuls assez riches pour acquérir ces terres vacantes^.

Ce domaine, qui était exploité à la fois par des esclaves et des colons libres, n'était pas dans une situation prospère. Les colons devaient des arriérés de fermage en capital et en intérêts, si bien que la valeur des terrains se calcule, déduction faite non seulement du çcctigal, du prix des esclaves, instruments de la culture, mais aussi des dettes coloniales grossies de leurs intérêts. Or, le malheur des fermiers est celui des maîtres. La crise du travail obère le capital et déprécie le sol.

L'inscription qui, dans une simple allusion, nous laisse entre-

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